‹ Eschyle, Sophocle, EuripideChapitre 58 sur 96 · A {"aide de ce ([uon ;ipi)el;iit : la inacliine · texte numérisé non relu

A {"aide de ce ([uon ;ipi)el;iit : la inacliine

7». Il semble (pie la Déesse est censée rester iiivisdjle pour llippolyle, comme Miiitn-ve au détuit de VAja.r.

HippoLYTE. — Souveraine, lu vois mon état, ma misère .

Artémis. — Oui, et je pleurerais, si les Dieux pouvaient pleurer.

IlippoLYTE. — Ton chasseur, ton serviteur n'est plus!

Artémis. — Non, mais il meurt chéri de moi.

Hu'POLYTE. — Il n'est plus, ton conducteur de chevaux, le gardien de tes statues!

Artémis. — C'est Cypris, la perfide, qui l'a voulu.

HippoLYTE. — Hélas! je reconnais la Divinité qui m'a perdu.

Artémis. — Elle s'est irritée de tes mépris; elle a pris en haine ta tempérance.

Hippolyte. — A elle seule, je le vois, elle nous a perdus, trois à la fois.

Artémis. — Oui, toi, ton père et, en troisième lieu, sa compagne.

Hippolyte. — Ah! je plains aussi le malheur de mon père.

Artémis. — 11 a été trompé, pris aux pièges de la Déesse.

Hippolyte. — 0 mon père ! quelle catastrophe pour toi!

Thésée. — Je suis perdu, mon fils, la vie n'a plus de joie pour moi.

Hippolyte. — Je plains ta foute plus que je ne me plains moi-même.

Thésée. — Que ne puis-je mourir à ta place, 6 mon fils!

Hippolyte. — 0 cruels présents que t'a faits Poséidon!

Thésée. — Puissé-je n'avoir jamais prononcé la malédiction que proféra ma houche !

Hippolyte. — Ah! même sans elle, tu m'aurais tué cependant, telle était ta colère.

Thésée. — C'est que les Dieux m'avaient égaré.

IIIPI'OLYTK l'OUTE-COlUO.NNE. IS7

IIipi'OLYTE. — Ah! si les malédictions dos honiiiiL's pouvaient atteindre aussi les Dieux M

Ai'.TKMis. — Laisse cela: non, dans les ténèbres même des enfers, les Dieux ne laisseront pas sans vengeance ton corps frappé d'un mal destructeur par le caprice d'Aphrodite. Car moi, en revanche, de ces traits inévitables, j'en frapperai un autre; le mortel préféré par elle périra de ma main-. VA toi, malheureux, pour compenser ton iiilorlune, je te donnerai les plus «grands honneurs dans la ville de Trézène : les vierges, avant le mariage, couperont pour toi leur chevelure, et tu recevras éternellement riiomma«ie de leur deuil et de leurs larmes: toujours les jeunes iilles te célébreront dans leurs chants, et l'amour que tu inspiras à Phèdre ne tombera pas dans l'oubli! Quanta toi, fils du vieil Kgée, prends ton enfant dans tes bras, et presse-le sur ta poitrine, car c'est malgré loi que lu las tué; les hommes peuvent se tromper, quand les Dieux les aveuglent. Mais toi, llippolyte, ne gaide pas de haine à ton père; c'est le destin, tu le sais, (jui t'a perdu. Adieu maintenant, car il ne m'est pas permis de voir des morts'' et de souiller mon i'e<i;ii'(l \r.\v la vue de l'agonie. VA je vois que Ion heuiv (ItMiiiére a|)proche.

Ihi'poi.YTK. — Adieu aussi toi, vierge bienheureuse! Ketourne heureusenuMit parmi les Dieux, après ce long entretien! Je me réconcilie avec mon père, conformément à ton désir, cai* juscpi'à présent je t'ai toujoui's obéi. — Hélas! déjà les ténèbi-es s'abaissent sur mes yeux. Drendsmoi, mon j)ère: soulitMis-moi.

1. llippolyte pardoimo à son ihtc. ni;iis il uo panlomio pas à Apliro- (lilo. trait (pii caracliMisi» h\o\\ lidcc i\uo se laisaitMit l»*s (lires «les rajjports oiiliv los dieux cl les liomiiics.

->. Il sa-it dA.loi.is.

T). Apollon do iiièiiit\ au dohut dt» VAlreste d'Kiiripid(>. tpiitto la maison (rAdnirlo. pour no pas so souillor au conlact i\o la niopl.

Thésée. — Ah! mon fils, quelle douleur pour moi, infortuné que je suis!

HippOLYTE. — Je meurs; déjà je vois la porte des enfers.

Thésée. — Meurs-tu sans m'avoir absous de mon crime ?

HippoLYTE. — Non certes, je t'absous de ma mort.

Thésée. — Que dis-tu? tu me délies de ma dette! tu effaces la tache du sang!

Hippolyte. — J'en prends à témoin la Vierge * armée de l'arc.

Thésée. — 0 mon bien -aimé, quelle générosité tu montres envers ton père !

Hippolyte. — Souhaite que tes fds légitimes me ressemblent !

Thésée. — Ah! que de pitié et de noblesse en toi!

Hippolyte. — Tout cela n'est plus; adieu, adieu encore ô mon père!

Thésée. — Ne m'abandonne pas, mon enfant; courage!

Hn^poLYTE. — Je n'ai plus besoin de courage; je meurs, ô mon père! cache sans retard mon visage sous mes vêtements.

Thésée. — 0 illustre Athènes! ô terre de Pallas! quel homme vous perdez ! Malheur à moi ! 0 Cypris ! je n'oublierai pas les maux que tu m'as causés !

Le Chœur. — Ce deuil imprévu frappe tous les citoyens. Les larmes couleront en abondance ; c'est au destin des grands hommes que conviennent les grands deuils '.

i. Artémis.

2. Comme Périclès était mort peu de temps avant la représentation de ïllippohjte Porte-Couronne, on peut probablement voir dans ce dernier couplet une allusion à cette mort.

IPniGÉME EN TAininE. 189

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