VI AVANT-PROPOS
silïon qu'elle avait d'abord accueillie avec tant de malveillance et de dédain. Je sais aussi que le principe deraffranchissement n'a pas besoin de trouver un Wilberforce pour triompher.
Oui , les nègres de nos colonies seront libres un jour. Mais, comment le deviendront-ils? quand seront adoptées les premières mesures à leur égard ? Voilà deux questions immenses^ et dont la solution peut amener ou prévenir bien des maux.
Les nègres de nos colonies seront libres; mais s'ils le deviennent par suite d'un affran- < hissement en masse, et à jour fixe, la race lîoire recouvrera son indépendance et ne perdra point sa redoutable unité. L'armée ennemie ne rompra pas ses rangs; elle viendra tout entière prendre position sur le terrain du droit commun, en face d'une poignée d'Européens. Et ce péril ne sera pas le seul résultat d'une mesure inconsidérée. Les cultures périront avec l'esclavage; car on aura donné la libertéàtous, sans exiger de garanties d'aucun; car on l'aura donnée, sans créer auparavant le