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doit réunir autour de la proposition pour l'abolition de resclavage,les efforts empressés de tous les hommes qui aiment leur pays.
Ne nous le dissimulons pas. Nous assistons aujourd'hui au spectacle le plus triste, le plus propre à porter le découragement dans les esprits honnêtes ; au spectacle de la décomposition des partis. Après les nobles luttes de la restauration; après les luttes non moins honorables, qui ont marqué l'établissement de la monarchie de i83o, nous en sommes venus à ce moment , où les raisons de combattre ont disparu pour tout le monde; où tout le monde a profité d'une expérience chèrement achetée; où, à l'exception d'un petit nombi'e d'hommes trop compromis pour reculer, tout le monde se rallie à petit bruit aux principes fondamentaux de notre gouvernement; où tout le monde professe les mêmes doctri^ies , et porterait au pouvoir les mêmes principes , sinon , la même sagesse et la même fermeté.
Ce n'est pas le fait de ce rapprochement que
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jedêplore ,'sans doute ; c'est la manière dont il s'accomplit. Les partis qui n'existent plus, se fiactionncnt en coteries ; les questions de système se rapetissent à la taille de questions de portefeuilles ; les débats sont remplacés par les intrigues ; la tribune est désertée pour les couloirs; tout s'amoindrit, tout s'abaisse ; la foi aux hommes et la foi aux principes , s'effacent en même temps.
Je ne crains pas de le dire ; il aurait pu en être autrement. Plus de dignité et plus de il anchise auraient pu présider à l'abandon des vieilles querelles; et des différences assez profondes divisent encore aujourd'hui les iiommes politiques, pour qu'ils eussent pu garder leur position, et défendre leur nuance, comme ils défendaient autrefois leur couleur, avec leurs amis et sous leur drapeau.
Mais , en fait , la confusion est coiçplète. Qu'elle provienne de la faiblesse des hommes, ou de la force des événements; qu'elle soit durable ou momentanée; elle frappe tous les regards; et (chose remarquable), elle produit
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l'inquiétude, au lieu d'amener la sécurité. Elle aigrit ceux qu'elle rapproche. Elle sépare les anciens amis, sans réunir les anciens advei'saires. C'est en multipliant les petites divisions, qu'elle fait taire les grandes. On sent que c'est là une fausse paix. On cache ses armes; mais on se garderait bien de les poser. On se dit tout bas que jamais l'ordre social n'a été plus compromis, que depuis qu'aucun péril apparent ne le menace.
C'est qu'en efTet , un mal grave mine aujourd'hui notre société, et fixe seul l'attention publique. Comment s'occuper de carlistes ou de républicains , quand on voit un parti, bien plus redoutable, celui des roués, marcher à la destruction de toutes les croyances, au renversement de toutes les barrières morales? Comment ne pas oublier ses autres ennemis, en présence de celui-là ? Comment ne pas sentir , qu'au fond, on a plus d'affinité et de sympathie pour tel adversaire, que pour tel allié politique? Comment ne pas comprendre, que les roués, qui ont amené la confusion déplo-