Il EsdraSj V
CHAPITEE III
l’esclavage eomain
C’est à Eome que l’esclavage nous apparaît dans toute son horreur. Nulle part les esclaves n’ont été plus malheureux et n’ont fait plus de mal, n’ont été plus corrompus par leurs maîtres et ne leur ont communiqué une corruption plus grande ; nulle part le fait de l’esclavage n’a, plus qu’à Eome, porté avec soi son châtiment.
On pourrait résumer en quatre chefs principaux l’histoire intérieure de l’esclavage romain : il a rendu presque impossible l’existence d’ouvriers libres ; — il a ruiné l’agriculture et fait le désert dans les campagnes ; — il a donné au monde le spectacle de toute
ESCLAVES, SEEES, MAINMOET ALLES.
une classe d’hommes amollie et dégradée par l’abus du pouvoir absolu, — et celui d’une autre classe, incomparablement plus nombreuse, dépravée et torturée, plongée, de force, dans l’immoralité et le désespoir.
J’ai dit que l’État avait été obligé, à Athènes, de nourrir les citoyens pauvres, écartés du travail par la présence des esclaves. Cela est vrai surtout de Kome, où le commerce et la conquête amenaient ces derniers en multitudes immenses : qu’on se rappelle Marins livrant aux enchères 140,000 Cimbres et Ambrons, dans une seule ville Cicéron retirant en trois jours de la vente des prisonniers 2,500,000 francs. Pompée et César se vantant l’un et l’autre d’avoir vendu ou tué deux millions d’hommes. Aussi tout le monde possédait-il des esclaves : ils entraient dans la composition des plus médiocres fortunes : les riches en avaient des milliers autour d’eux. Sous Auguste, un homme d’origine très obscure, que les guerres civiles avaient à moitié ruiné, laissait encore, en mourant, quatre mille cent seize esclaves (1). Si multipliés que fussent les serviteurs de luxe, le plus grand nombre de ces esclaves travaillait. L’orgueil d’une grande maison romaine était de ne rien tirer du dehors. Les esclaves y étaient divisés par corps de métier. Depuis le pain jusqu’aux plus précieuses