‹ Esclaves, serfs et mainmortables (volume 2)Chapitre 18 sur 87 · Pline, Eist Nat, XXXIII · texte numérisé non relu

Pline, Eist Nat, XXXIII

l’esclavage komain.

étoffes, jusqu’aux plus riches mosaïques, jusqu’aux plus fines ciselures, ils faisaient tout. Cet immense travail ne pouvait être absorbé par la seule consommation domestique. Aussi les riches Romains vendaient-ils beaucoup des produits fabriqués chez eux. Souvent ils entretenaient dans leurs maisons de vraies manufactures, où l’on ne travaillait que pour le dehors. Les esclaves ne coûtaient pas cher, leur nourriture était frugale, leur vêtement grossier, on ne les payait pas : on voyait dans leur emploi une excellente spéculation. Aussi tous les ateliers étaientils remplis d’esclaves, depuis les annexes des maisons les plus opulentes jusqu’aux modestes boutiques qui formaient tout l’avoir de simples artisans. Comme l’industrie, le commerce employait d’innombrables esclaves en qualité de comptables, caissiers, commis, voyageurs, préposés de toute sorte. Certains riches entretenaient même des troupes d’esclaves de toutes les professions, et les donnaient à loyer.

Rome comptait, sous l’empire, un million et demi d’habitants, parmi lesquels trois ou quatre cent mille prolétaires, c’est-à-dire trois ou quatre cent mille hommes qui, dans nos sociétés modernes, auraient vécu du travail de leurs bras. Comment pouvaientils vivre, quand toute la production, tout le commerce, toutes les affaires, « tous les chemins de l’argent, » selon une expression romaine, étaient entre les mains des possesseurs d’esclaves ?

ESCLAVES, SEEES, MAINMOETABLES.

En analysant de très près tons les éléments de la< population de Rome à l’époque impériale, il est possible de découvrir quelques professions que pouvaient encore exercer les gens du peuple ; mais elles sont peu nombreuses, et là encore la concurrence des esclaves se fait sentir. Le plus grand nombre des prolétaires se trouvait, par la force des choses, contraint à vivre sans travailler. Le peuple romain était, dit Montesquieu, composé presque tout entier « de gens sans industrie, qui vivaient aux dépens du trésor public (1). ??

Telle était la solution socialiste d’un problème autrement insoluble. A Rome, sous l’empire, le pain était donné chaque jour gratuitement aux prolétaires : le nombre de ceux qui participaient à ces distributions varie, selon les époques, de 150 à 300 mille. De plus, les empereurs faisaient sans cesse au peuple des distributions extraordinaires de vin, d’huile, de viande, surtout d’argent. Un empereur voulut rendre quotidienne la ration de vin qui était donnée de temps en temps aux prolétaires de Rome : « J’y consens, lui répondit son préfet du prétome : mais pourquoi n’y ajouteriez-vous pas aussi des distributions d’oies et de poulets (2) ? ?? Souvent des festins publics étaient offerts au peuple : les places

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