‹ Esclaves, serfs et mainmortables (volume 2)Chapitre 82 sur 87 · Babeau, Le Village sous l’ancien régime, p · texte numérisé non relu

Babeau, Le Village sous l’ancien régime, p

2. J. Finot, dans la Nouvelle Revue historique de droit, mai-juin 1881, p. 251.

2S4 ESCLAVES, SEEES, MAINMOET ALLES .

aclietèrent leur libération 50,000 livres ; ceux du village de Bourguignon, 40,000 livres ; deux autres villages de la terre de Luxeuil, 28,000 livres (1). Eépondant à une demande de l’intendant du comté de Bourgogne, le subdélégué de Yesoul affirmait, en 1776, que vingt-trois villages des terres de Luxeuil paieraient facilement, en quatre ans, au moyen de la vente soit de leurs réserves, soit de leurs coupes ordinaires, une somme de 200,000 livres (2).

J’ai déjà nommé l’un des plus riches parmi ces villages mainmortables, Montigny, qui dépendait de l’abbaye de Clierlieu. J’en résumerai rapidement l’histoire, car rien ne fait mieux connaître la situa-* tion réelle des serfs ecclésiastiques du dix-huitième siècle, sur lesquels on s’est tant apitoyé.

En 1339, soixante chefs de ménage, « tuit de leurs voluntez, sans contrainte, s’étaient reconnus justiciables, taillables deux fois l’année à volonté, et mainmortables des religieux de Cherlieu. En 1611, le nombre de ces chefs de ménage s’élève à cent sept : ils passent au profit de l’abbaye un dénombrement général de toutes les charges auxquelles ils se reconnaissent assujettis. Presque aucun droit féodal n’est omis dans l’énumération. Ils n’en paraissent pas très gênés cependant et s’administrent avec

1, Finot, ihid., mars-avril 1880, p. 243.

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