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CHAPITRE XIX

CONCLUSION

J’ai terminé ce résumé rapide de l’iiistoire de l’esclavage : il me reste à donner la raison des lacunes que j’y ai volontairement laissé subsister, et à indiquer les conclusions qui se dégagent de l’ensemble de ce travail.

Le 12 octobre 1492, Christophe Colomb descendit de vaisseau, baisa trois fois la terre du nouveau monde qu’il venait de découvrir, et j planta la croix. Mais sur ce sol marqué, par l’héroïque navigateur, d’un signe de liberté, les hommes portèrent bientôt la servitude. Pendant trois siècles, catholiques d’Espagne, de Portugal, même de France, protestants

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d’Angleterre et de Hollande, firent travailler sous le bâton les populations indigènes, ou versèrent à flots sur le continent et les îles d’Amérique des millions de noirs africains. L’esclavage, chassé de l’Europe parle christianisme, se créait ainsi au delà de l’Océan un empire nouveau.

On a honte de le dire, toutes les couronnes de l’Europe prirent sous leur protection la traite des nègres, ou même s’y associèrent directement. Les philosophes et les lettrés qui, à partir du grand ébranlement produit dans le monde intellectuel et politique par la Eéforme, disputaient à la religion la direction des esprits, n’eurent guère que des encouragements pour cette lamentable renaissance de la servitude. On vit l’homme qui, au dix-huitième siècle, traitait avec les souverains de puissance à puissance, « le roi Voltaire, » prendre des parts dans une société coloniale, pendant que Tintrigant de génie qui devait, en faisant jouer le Mariage de Figaro ^ sonner dans un éclat de rire le glas de l’ancienne société, Beaumarchais, élaborait les statuts d’une nouvelle compagnie de marchands de chair humaine : seuls parmi les philosophes, Montesquieu, en quelques lignes d’une âpre ironie, Eaynal, en de lourds et indigestes volumes, parlèrent pour les esclaves.

Mais, au milieu de cet abandon presque universel, quand on voyait, en Amérique, des prêtres, des re-

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ligieux, oublieux de la pure gloire de Las-Casas et du Père Eaymond, posséder des esclaves, les papes, gardiens de la morale universelle et de la liberté chrétienne, ne cessaient d’élever la voix. Dès 1482, Pie II, au moment des premières découvertes des Portugais en Afrique, leur reprochait d’oser tenir en servitude des hommes semblables à eux. En 1557, Paul III déclare que « c’est une invention du démon d’affirmer que les Indiens puissent être réduits en servitude; » il ajoute « que les Indiens, comme tous les autres peuples, même ceux qui ne sont pas baptisés, doivent jouir de leur liberté naturelle et de la propriété de leurs biens ; que personne n’a le droit de les troubler ni de les inquiéter dans ce qu’ils tiennent de la main libérale de Dieu. » En 1639, Urbain VIII défend “ de priver les noirs de la liberté, de les vendre, de les acheter, de les enlever à leur patrie, à leurs femmes et à leurs enfants, et de les dépouiller de leurs propriétés. En 1741, Benoît XIV écrit aux évêques du Brésil pour se plaindre que « des hommes se disant chrétiens oublient les sentiments de charité répandus dans nos cœurs par le Saint-Esprit, à ce point de réduire en servitude les malheureux Indiens, les peuples des côtes orientales et occidentales du Brésil et des autres régions. » Enfin, en 1839, Grégoire XYI non seulement défend « que nul n’ose à l’avenir vexer injustement les Indiens, les nègres ou autres hommes, quels

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qu’ils soient, les dépouiller de leur bien ou les réduire en servitude, ou prêter aide et faveur à ceux qui se livrent à de tels excès, w mais encore interdit « à tous, ecclésiastiques ou laïques, d’oser soutenir comme permis le commerce des noirs, sous quelque prétexte que ce soit. »

Le vicaire de Jésus-Christ dégageait ainsi l’honneur de la religion et faisait son devoir ; mais les consciences demeurèrent longtemps sourdes à sa voix, et il fallut l’effort persévérant de généreux politiques, le sang versé dans une guerre fratricide, peu à peu l’heureuse contagion de l’exemple, l’irrésistible puissance de l’opinion publique, pour que, dans l’Amérique du Nord et dans l’Amérique du Sud, aux États-Unis comme au Brésil et à Cuba, l’esclavage fût enfin frappé de mort. C’est la plus belle conquête du dix-neuvième siècle, son titre d’honneur devant Dieu et devant l’histoire.

Longtemps avant que les chrétiens, oublieux de l’Évangile, portassent l’esclavage au nouveau monde, les Musulmans, dociles au Coran, avaient, dans l’ancien monde, fait esclaves les chrétiens. Sarrasins d’Asie, Maures d’Espagne, pirates d’Alger, de Tunis et du Maroc, écumaient toutes les côtes de la Méditerranée, et en ramenaient des hommes, des femmes et des enfants. La charité monastique volait sur leurs pas ; des saints français, Jean de Matha, Félix de Valois, Pierre Nolasque, fondaient les ordres de la

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Trinité (1119) et de la Merci (1218), voués au rachat des captifs. Encouragés par les rois et les papes, ces deux ordres travaillèrent pendant six siècles à leur tâche sublime. « L’ordre de la Merci avait, en 1655, racheté à Alger seulement plus de 12,000 esclaves, et laissé en otage un grand nombre de ses membres, fidèles à ce quatrième vœu solennel aj outé aux trois vœux de religion : In Saracenorum potestate in pi- (jnus, si necesse fiierit ad redemptionem Christi fide- Uunij manebo. Les esclaves rachetés étaient ramenés en France, parcouraient en procession les villes où les rédempteurs avaient recueilli leur rançon, puis étaient rendus à leurs familles et à leur pays natal. Plusieurs fois les deux ordres avaient tenté ensemble, notamment en 1704, un rachat général de tous les captifs détenus à Alger ou au Maroc ; mais ce fut seulement sous le roi Louis XVI que furent rachetés les derniers esclaves chrétiens, au nombre de 314, vers l’époque où ce grand et infortuné monarque abolissait les derniers restes de la servitude dans les domaines royaux (1). j? Les canons de la Restauration achevèrent l’œuvre, le jour où le drapeau blanc flotta triomphalement sur les murs d’Alger.

Mais si la piraterie musulmane a depuis longtemps cessé de s’exercer dans la Méditerranée, c’est

(1) A. CocHiN, De V abolition de l'esclavage, t. II, p. 438-441, Paris

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maintenant aux peuplades africaines que les sectateurs du prophète demandent des esclaves. Du cœur de l’Afrique partent de lamentables convois d’esclaves, vendus par les rois nègres ou enlevés à main armée par d’ignobles trafiquants : semant de leurs os les routes du désert, ils vont, à travers le Sahara, rejoindre les marchés de l’Égypte, où, entassés dans la cale meurtrière des navires, ils sont, par la mer Eouge et le golfe d’Aden, conduits en Arabie, et de là dispersés sur tous les points de l’Asie musulmane. Livingstone a calculé que, même de nos jours, tout esclave arrivé à destination représente plus de dix existences humaines sacrifiées, et sir Bartle Frere a estimé la destruction de la vie humaine dans l’intérieur de l’Afrique, par suite de la traite, au minimum de 400,000 personnes par an. Qu’on dise, maintenant, que dans les pays musulmans l’esclave est relativement bien traité, j’y consens, mais à condition qu’on n’oubliera pas les horreurs de la chasse à l’homme entreprise par ces marchands arabes qui ne possèdent qu’une seule expression, aib^ pour désigner l’esclave et le nègre. L’Europe, cessant de se consumer en agitations stériles, et se souvenant qu’elle a reçu de Dieu le dépôt de la civilisation, mettra-t-elle un jour fin à cet épouvantable attentat ? On se prend à l’espérer, quand on la voit pénétrer par ses grands voyageurs ou même par ses soldats jusqu’au cœur de cette Afrique jadis inacces-

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sible, et surtout' quand on suit du regard ces doux et intrépides missionnaires qui, mettant à profit les routes ouvertes par le commerce et la science, partent aujourd’hui d’Alger ou de Tunis pour aller, au péril de leur vie, planter au centre du continent noir, jusque sous les feux de l’équateur, le drapeau du catholicisme, la croix libératrice devant laquelle, depuis dix-huit siècles, a toujours reculé l’esclavage. Cette espérance devient une certitude, quand on lit les admirables encycliques de Léon XIII, et quand on le voit se proclamer le chef de la croisade à la prédication de laquelle s’est usé le grand cardinal Lavigerie.

Il serait injuste de passer, sans transition, de l’esclavage africain et musulman au servage tel qu’il exista pendant la plus grande partie du dix-neuvième siècle dans l’Europe orientale. Aucune ressemblance n’existe entre la situation du pauvre noir arraché violemment à toutes ses affections et celle du paysan russe vivant, attaché à la glèbe, sous le double régime de la communauté de village et de la communauté de famille. Malgré l’oppression inséparable de l’état de serf, les vingt millions de paysans possédés par la couronne et les vingt millions de paysans appartenant à cent mille propriétaires particuliers jouissaient, il y a vingt ans, en Russie, d’une situation très supportable : sûrs de ne jamais manquer de terres à cultiver, constitués en

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familles patriarcales, trouvant près de leurs seigneurs protection et assistance, dans la forêt seigneuriale le bois de chauffage et de construction, dans les prés du mir la nourriture de leur bétail, ils étaient, en théorie du moins, aussi heureux que peuvent l’être des hommes qui ont un maître et sont privés de la liberté de changer de lieu. Quelquesuns d’entre eux, autorisés par leurs seigneurs à faire le commerce, parvenaient même à une grande fortune. Aussi, quand, le 3 mars 1861, l’empereur Alexandre II affranchit les serfs et leur ouvrit, moyennant rachat, l’accès de la propriété individuelle, cette réforme fut accueillie avec inquiétude par de bons esprits, non seulement en Eussie, mais même en Occident. Aujourd’hui encore, beaucoup de publicistes hésitent à porter un jugement favorable : une partie de la noblesse ruinée, le paysan privé de l’appui tutélaire du seigneur, la communauté de famille détruite, la communauté de village ébranlée, telles leur paraissent être les conséquences de l’ukase du 3 mars. Cependant, quand on compare entre eux les résultats produits, dans les diverses parties de l’empire russe, par l’acte d’émancipation, en tenant compte des conditions diversement favorables résultant de la nature du sol ou de la densité de la population agricole, on arrive à cette conclusion, plus ou moins rigoureuse selon les provinces : l’émancipation a été un bienfait pour les paysans

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intelligents, donés d’initiative et de courage, et a offert moins d’inconvénients que d’avantages aux propriétaires possédant les mêmes qualités ; elle a consommé la ruine des propriétaires déjà obérés, et condamné à la misère les paysans faibles de corps et d’esprit, incapables de secouer la torpeur séculaire entretenue par le régime du servage.

L’esclavage en Amérique, en Afrique ou en Asie, le servage dans les pays slaves, sont des faits de riiistoire moderne, puisque l’esclavage américain a commencé au seizième siècle, date où, sous Boris Godunov, s’est également constitué le servage russe, que l’un et l’autre ont cessé il y a vingt ans à peine, et que l’esclavage musulman dure encore. Aussi n’ai-je point dû faire entrer l’étude de ces trois formes de la servitude dans ce livre, consacré à suivre jusqu’à l’ère moderne l’bistoire de l’esclavage antique. Elles méritent une étude à part : je me suis borné à les rappeler ici par quelques mots.

Le vrai sujet de ce livre a été de montrer comment l’esclavage, né, dès les origines de l’histoire, de l’orgueil des victorieux et des forts mettant en oubli la loi primordiale du travail, s’est continué pendant tous les temps antiques, avec le mépris de cette loi, et n’a commencé de décliner que le jour où le christianisme, la réhabilitant par l’exemple de son divin fondateur, a substitué à la dureté des mœurs païennes l’égalité des enfants de Dieu, la

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liberté des âmes rachetées, la charité fraternelle des croyants.

Ce mouvement civilisateur, commencé dès les premiers jonrs de la prédication chrétienne, était très avancé à la fin du quatrième siècle : le travail avait peu à peu échappé aux mains des esclaves pour revenir à celles des ouvriers libres ; le nombre de ceux-ci n’avait cessé de croître, tandis que les premiers diminuaient ; la législation de l’esclavage s’était considérablement adoucie : l’un des adoucissements les plus sensibles avait été l’introduction d’une forme mitigée de servitude, le servage, maintenant le travailleur rustique attaché à la glèbe, sans qu’il fut possible au maître de le vendre isolément, de briser ses liens de famille, de l’arracher au sol sur lequel il avait posé son foyer.

Ces progrès furent brusquement interrompus, au cinquième siècle, par les invasions germaniques : le christianisme dut prendre une seconde fois en main la cause des esclaves, convertir à la douceur, à l’humanité, les farouches maîtres du monde, lutter par ses saints, par ses évêques, par ses moines, par ses conciles, en faveur des faibles sur lesquels l’orgueil barbare laissait retomber de nouveau tout le poids du travail. L’époque mérovingienne s’écoula tout entière dans ce conflit de la civilisation chrétienne et de la barbarie. Après que, sous la forte main de Charlemagne, la société eut repris une assiette régni-

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Hère, le sort des travailleurs s’améliora, la forme adoucie du servage remplaça peu à peu l’esclavage personnel de nouveau décroissant, et l’on put voir autour des abbayes se grouper ces Heureuses populations de colons et de serfs agricoles, qui jouissaient d’une aisance presque comparable à celle des paysans de nos jours.

Quand, des débris de l’empire carolingien, fut née la féodalité, l’attache à la glèbe devint l’état de la plus grande partie des habitants des campagnes, heureux de recevoir, sous cette condition, des terres à cultiver, et de trouver auprès des seigneurs laïques ou ecclésiastiques une protection que la recrudescence des invasions, normandes au nord, sarrasines au midi, rendait nécessaire à leur sécurité. iMais ils commencèrent bientôt à souffrir des tyranies locales, et leur sort se serait aggravé, si la royauté, reprenant à son tour la prépondérance, n’avait donné aux seigneurs l’exemple de l’affranchissement des serfs, et n’avait favorisé les idées de liberté, en aidant au grand mouvement religieux et populaire d’où sortirent les communes.

Dès lors l’histoire du peuple en France nous offre le spectacle d’un progrès continu, menant peu à peu, à travers bien des vicissitudes, mais sans jamais se détourner de son but, les habitants des villes et des campagnes à la liberté, à la propriété, à l’indépendance civile et politique. Dans les autres^

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pays de l’Europe, le même mouvement se produit, moins régulier cependant et moins efficace. En Angleterre, le passage de l’esclavage au servage, du servage à la liberté, se fait comme en France, mais la propriété échappe au paysan. En Allemagne, l’amélioration du sort des colons et des serfs est brusquement arrêtée par les agitations socialistes issues de la Réforme, à la suite desquelles se consolide, jusqu’à nos jours, l’autorité souvent oppressive des seigneurs. En Espagne, en Italie, les serfs se transforment en tenanciers libres et propriétaires, mais l’esclavage personnel, entretenu dans le premier de ces pays par les longues guerres avec les Maures et le voisinage de l’Afrique, dans le second par le grand développement du commerce maritime, s’y continue jusqu’au dix-buitième siècle.

La France de l’ancien régime n’a plus de serfs proprement dits, mais, dans quelques provinces, dans celles-là surtout que la conquête lui a tardivement rattachées, elle renferme encore un nombre considérable de mainmortables. Beaucoup de ceux-ci vivent en communauté, prévenant ainsi, en cas de mort sans enfants, le retour au seigneur de la concession de terres primitivement reçue de lui. Les communautés agricoles, prospères quand l’industrie et j commerce étaient peu développés, déclinent lentement : à la fin du dix-huitième siècle, l’opinion publique a cessé de leur être favorable. Elles ont,

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cependant, jeté dans le pays de si fortes racines, qu’elles n’ont point entièrement disparu de nos jours.

Au dix-huitième siècle, un grand mouvement d’opinion, auquel concourent, non seulement les philosophes, mais des saints, des prélats, des abbés, pousse à l’affranchissement des derniers mainmortables. Louis XVI donne l’exemple en libérant ceux qui restent encore dans les domaines de la couronne. Beaucoup de seigneurs ecclésiastiques et laïques l’imitent, en donnant gratuitement ou plus souvent moyennant rachat la liberté aux villages mainmortables qui dépendent d’eux. Le prix auquel ces villages, grâce à leurs biens communaux, peuvent se racheter, montre la prospérité à laquelle beaucoup de groupes ruraux étaient parvenus sous le régime de la mainmorte. Dans quelques provinces montagneuses, notamment dans le Jura, des seigneurs refusent de consentir à l’affranchissement de leurs mainmortables, qui, devenus libres, eussent peut-être déserté ces âpres régions, que l’attache forcée au sol avait seule permis de coloniser. Enfin, dans la nuit du 4 août 1789, l’abolition de toute servitude en France est votée par les députés des trois ordres, sur la proposition d’un membre de h loblesse, le duc de La Eochefoucauld.

Telle est, sous ses deux formes successives, l’esclavage personnel et le servage, l’histoire de la servitude dans l’ancien monde. Elle durerait encore, si le christianisme ne l’avait terrassée une première fois au sein

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du monde païen, une seconde fois au sein du monde barbare, la livrant ainsi, vaincue et sans force, à l’action des influences sociales qui la firent ensuite disparaître peu à peu des divers peuples civilisés, et parmi lesquelles, en France, il faut mettre au premier rang la royauté.

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