Troplong, loc. cit., p. xxsvi
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des biens qu'ils avaient avant d'y entrer, on qui pouvaient leur échoir dans la suite. De plus, chacun était tenu de supporter sur sa part indivise certaines charges propres et personnelles, comme de doter les filles. Celles-ci, même mariées au dehors, conservaient généralement leur droit dans la société, pourvu qu'elles eussent passé sous le toit commun la première nuit de leurs noces. Pour tous les autres comparsonniers , la résidence commune était obligatoire.
Je n'ai point besoin de démontrer combien ce régime était avantageux pour les mainmortables, à qui il assurait la libre transmission de leurs biens, en même temps qu'il leur donnait, vis-à-vis de leur seigneur, cette force morale qui naît de l'association. Mais il avait, de plus, des avantages matériels ; l'union des volontés, des bras, des capitaux, produisait souvent des résultats excellents, et un grand nombre de ces communautés prospéraient.
Cela résulte de témoignages contemporains. En Nivernais, pays de pâturage, les sociétés, dit Guy Coquille, étaient " non seulement fréquentes, mais aussi ordinaires, voire nécessaires, selon la constitution de la région, en tant que l'exercice du ménage rustique est non seulement en labourage, mais aussi à la nourriture du bétail, ce qui désire multitude de personnes. ^ Il en était de même en Bourgogne et en Franche-Comté, pays où le plus grand nombre des
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paysans était encore, au commencement du dix-huitième siècle, soumis à la mainmorte. Leurs familles s'y maintenaient, grâce à la communauté, durables et prospères. « Le travail de plusieurs personnes réunies, écrit Dunod, profite bien plus que si tout était séparé entre elles. Aussi l'expérience nous apprend, dans le comté de Bourgogne, que les paysans des lieux mainmortables sont bien plus commodes que ceux qui habitent la franchise, et que plus leurs familles sont nombreuses, plus elles s'enrichissent (1). w
Des documents récemment publiés confirment ces données générales. Le procès-verbal de la visite des feux du bailliage d'Autun, en 1645, édité par M. Dumay, permet de juger l'état prospère d'un grand nombre de villages habités, dans cette partie de la Bourgogne, par des paysans mainmortables. La proportion des laboureurs « tenant charrue n au reste de la population, composée de journaliers, est souvent de moitié ou du tiers. Au village d'Orçaet-Poy, « les habitants, dit le visiteur, sont gens de condition de mainmorte, n'ont point de communaux, ne doibvent rien, chacun taschant par son travail d'amasser quelque chose, n D'autres villages de mainmortables possèdent « beaucoup de communaux, de bois et de preys, ;> " ont permission de faire