Teoplong, loc. cit., p. xsxv
246 ESCLAVES, SERFS, MAINMORTABLES.
Ces sociétés, dit le commentateur de la coutume du Nivernais, Guy Coquille, s'établissaient par convention expresse ou tacite (1), et par prescription (2). " Leur régime était énergique ; elles formaient un corps moral ; le temps, la mort ne les dissolvaient pas. Elles se continuaient de générations en générations. Elles avaient un clief élu, un maître : le clief de clianteau. Ce chef obligeait tous les membres de l'association par ses actes d'administration, d'achat, de vente de bestiaux, d'emprunts nécessaires, d'acceptation ou de passation de baux, et autres de même nature. C'était une sorte de monarchie tempérée ; car, dans les cas importants, le maître ne manquait jamais de prendre l'avis de ses associés. Il contractait sous une véritable raison sociale : un tel et ses comparsonniers (3). »
On chercherait vainement dans ces associations de paysans ou de serfs quelque trace d'idées communistes. Rien n'était plus étranger à leur esprit. Chacun apportait son revenu, son travail, son industrie : le profit du labeur commun formait une masse qui appartenait à l'association ; mais en même temps ses membres conservaient individuellement la propriété