Les Antonms, t. Il, p
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souvent dérogé, ne s'appliquait probablement qu'aux maîtres chrétiens : il ne paraît point douteux que les esclaves des païens aient été fréquemment admis aux ordres sacrés à l'insu de leurs maîtres, afin d'exercer dans leurs maisons cet apostolat intime qui est une des clioses les plus touchantes du christianisme primitif, et d'y diriger dans le secret ces " églises domestiques « dont parle saint Paul. Le nombre des diacres, des prêtres, des évêques sortis de l'esclavage dans les premiers siècles est incalculable : saint Calliste, ancien esclave, s'assit, au troisième siècle, sur la chaire de Saint-Pierre.
Quel changement dans la condition des esclaves î A Rome, le plus souvent, selon le mot de Tacite, « ils n'avaient pas de religion ou n'avaient que des religions éti^angères, jj seul souvenir conservé de leur pays natal : même s'ils adoraient les dieux de leurs maîtres, ils étaient exclus des grandes solennités du culte national. Dans la Rome nouvelle,, .^toutes les sources de la vie religieuse lem^ sont ouvertes, toutes les dignités, tous les sacerdoces leur sont offerts : des enchaînés de la veille peuvent recevoir, sans étonner personne, le redoutable pouvoir de lier et de délier les âmes. Fallût-il, pour assurer à l'esclave l'accès d'un sacrement, entrer en lutte avec la société civile, l'Église primitive n'hésitera pas : elle soulèvera et tranchera souverainement le conflit. C'est ce qui eut lieu pour la question du mariage.