‹ Esclaves, serfs et mainmortablesChapitre 4 sur 111 · Ibicl, I · texte numérisé non relu

Ibicl, I

12 ESCLAVES, SERFS, MAINMOETABLES.

fuses : je me place au milieu des siècles les plus éclairés de l'antiquité ; je consulte un livre écrit cinq cents ans avant Jésus-Christ par un Grec d'Asie Mineure, qu'on a justement appelé le père de l'histoire. Je demande à Hérodote en quelle estime le monde païen de son temps tenait la loi du travail. Il me répond que l'exercice des arts mécaniques était interdit en Egypte à la caste des guerriers ; il ajoute :

" Je ne puis juger avec certitude si les Grecs ont reçu ces usages des Égyptiens, puisque je vois les Thraces, les Scythes, les Perses, les Lydiens et presque tous les barbares, mettre au dernier rang dans leur estime ceux des citoyens qui ont appris les arts mécaniques, ainsi que leurs descendants, et considérer comme plus nobles les hommes qui s'affranchissent du travail manuel. . . Ces idées sont celles de tous les Grecs (1). «

Ainsi, toutes les nations composant, à l'époque où écrit l'historien, le monde civilisé, en Afrique, en Asie, en Europe, et aussi les peuples barbares de ces trois parties du monde, avaient mis en oubli la gi^ande loi du travail. Le travail était considéré par eux comme une chose honteuse, et le travailleur était devenu un objet de mépris. Il avait été relégué dans la dernière classe de la population. Autant qu'ils avaient pu, les hommes libres s'étaient efforcés

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