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qu'ils quittaient eu masse le domaine pour se réfugier clans les villes franclies. Ceci nous amène à parler d'une autre cause d'affrancliissement, lemquyement communal.
Par son li\a'e sur La Paix et la Trêve de Dieu, M. Semiclion a émis une hypothèse qui, si elle n'est pas tout à fait démontrée, est au moins fort intéressante : c'est que la véritable origine des communes doit être cherchée dans ces deux institutions. L'Église s'e&témue de voir les campagnes foulées par les gens d'armes, ravagées par les guerres de seigneur à seigneur, que la royauté n'a point encore le pouvoir d'empêcher. Elle a fait jurer à tous de garder et de faire garder la paix garantie par les conciles aux clercs, aux moines, aux voyageurs, aux laboureurs et aux femmes, la trêve établie du mercredi soir au lundi matin de chaque semaine, et pendant l'Avent, le temps de Noël, le Carême et les Eogations. De grandes associations locales, composées de tous les hommes depuis l'âge de sept ou de douze ans, se sont formées sous les noms de Pal^, Communautés, Communes ; elles marchent, quand il le faut, sous la conduite de leurs prêtres et les bannières de leurs paroisses, à l'assaut des châteaux dont le seigneur a violé soit la paix, soit la trêve. Louis le Gros n'a qu'à faire un signe, et les milices des communautés des paroisses, comme les appelle Suger, viendront l'aider à réduire les châtelains pillards que, sans leur
aide, il ne réussirait pas à dompter. Une fois commencé, ce mouvement qui rapprochait bourgeois, vilains et serfs, ne devait plus s'arrêter. " L'association de la paix et trêve, dit M. Semichon, c'est la commune primitive, non limitée à un bourg ou à "une ville, mais comprenant une contrée, un diocèse, tous ceux en un mot qui l'avaient acceptée et jurée : la commune urbaine telle que nous l'entendons aujourd'hui, c'est l'application à une cité de cette association diocésaine (1). » Quand le peuple du moyen âge eut appris de l'Église la force que donne l'association, il se décida à s'en servir, non plus seulement dans la sphère de l'intérêt général, mais dans celle des intérêts locaux. Il tira logiquement et hardiment les conséquences du principe posé. La grande association se fractionne : sur son modèle, des associations plus petites, mais fondées sur les mêmes bases, Paix, Commune, se constituent autour du beffroi ou du clocher. Les premières communes, au sens moderne du mot, s'établirent dans les pays oii l'association pour la trêve de Dieu avait été le plus fortement constituée, dans le Beauvoisis, le Limousin, le Poitou, l'Amiénois, le Ponthieu. " L'Église,
1. E. Skmichon. La Faix et la Trêve de Dieu, p. 201. — Voir sur le même sujet l'ouvrage plus récent de Ludwig Huberti, Gottesfrieden imd Langfrieden, t. I, Die Fricdcnsordnung in Frankreich. Ansbach, 1892.
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dit Miclielet, avait jeté là les fondements d'une forte démocratie (1). «
Les serfs étaient préparés à comprendre les bienfaits de l'institution nouvelle et aptes à y prendre part. " La communauté, écrit M. Babeau, n'était point incompatible avec le servage ; les serfs avaient pu s'associer pour soutenir leurs droits devant la justice ; ils avaient pu se réunir dans leurs églises et concourir à leur entretien ; ils avaient nommé les asséeurs des impôts (2). „ Bien plus, le servage lui-même avait contribué, à certains égards, à développer l'esprit d'association. « Tout odieux que nous paraissent les droits de mainmorte et de formariage, dit Augustin Thierry, ils eurent non seulement leur raison légale, mais encore leur utilité pour le progrès à venir. C'est sous leur empire que l'isolement de la servitude cessa dans les campagnes, remplacé par l'esprit de famille et d'association , et qu'à l'ombre du manoir seigneurial se formèrent des tribus agricoles, destinées à devenir la base de grandes communautés civiles (3). n Ainsi mûrs pour les communes, les serfs, soit avec le consentement de leur seigneur, soit malgré sa défense, s'y agrégèrent en masse. Là oti la liberté ou la commune