DE VILLEQUIER
Mad^ame,
Voici Us derniers hommages d*un Au* ir que vous ave"i^ honoré de votre estime idant sa vie ^ et de vos regrets a sa mort ^ je ne saurois rien faire de plus glorieux ir sa mémoire que de remplir ses souhaits
ail
en exécutant le dessein quil avait formé de mettre sous 1‘ honneur de votre protection ^ Madame , celui de tous sés Ouvrages quil en eût cru le moins indigne ^ s'il avait eu le tems d'y donner toute sa perfection.
C'est donc Esope qui cherche a paraître sous un aussi beau nom que le vôtre ^ pour faire , s'il est possible ^ un peu oublier sa laideur, A qui pouvait- il mieux consacrer ses maximes de vertu qu'a une femme si vertueuse ?
quelle plus juste preuve de toute sa morale que toute votre conduite ? et qui peut mieux enfin autoriser ses Fables à la Cour ^ que vous , Madame y qui en êtes et l'ornement et l'exemple ? Ne m'alle:^ vous point déjà imposer silence , vous , Madame , qui n ave:^ y a la fin y accepté qu'a de si rigoureuses loix l'hommage que feu M, Boursault avait pris la liberté de vous destiner ? Je vous avoue que je ne pus alors m' empêcher de murmurer un peu de cette modestie y que j' avais admirée tant de fois y et que je vous trouvai bien injuste d'être si
nnemit des louanges et de les mériter si bien,
'^ans vous , Madame y sans vos défenses ^
ue n'aurois je pas dit de ce mérite encore su-
ériewr a votre rang j de cette grandeur d'ame
ui vous éleve si fort au-dessus de votre
’xe ; de cette beauté si éclatante y et en
ême-tems si modeste y qui ne veut inspirer
te du respect j de cette majesté répandue sur
ute votre personne , sur toutes vos actions j
' cette aimable égalité qui vous gagne tous
f cœurs j de cette bonté naturelle qui laisse
\ si Libre accès a tous ceux qui y ont recours 5
cette pénétration d'esprit j de cette éléva-
m de sentimens 5 de ce discernement si
ste 5 de cette solidité si rare . Mais pour^
oi faut-il retenir mon :çele ? Est- ce ma
ite , Madame , s'il me trahit malgré
n? Est-il si facile de ne pas s'oublier au-
? J de vous 1 et y en faveur de tant de res^
:t y ne me passere:(-vous point un peu de dé-
héissance ? Que vous ai-je dit y au prix de
it ce que j* aurais a vous dire y au prix de
it ce que je ressens ? L'effort que je me fais
iv É P I T R E.
jpour me taire est encore asse^ grand pour mériter que vous m'en tenie:^ un peu compte , et que vous daigniei^ accepter les témoignages respectueux et sincères de la profonde vénération avec laquelle je suis ,