‹ Esope a la cour, comedie heroique, en cinq actes, en versChapitre 1 sur 118 · DE VILLEQUIER · texte numérisé non relu

DE VILLEQUIER

Mad^ame,

Voici Us derniers hommages d*un Au* ir que vous ave"i^ honoré de votre estime idant sa vie ^ et de vos regrets a sa mort ^ je ne saurois rien faire de plus glorieux ir sa mémoire que de remplir ses souhaits

ail

en exécutant le dessein quil avait formé de mettre sous 1‘ honneur de votre protection ^ Madame , celui de tous sés Ouvrages quil en eût cru le moins indigne ^ s'il avait eu le tems d'y donner toute sa perfection.

C'est donc Esope qui cherche a paraître sous un aussi beau nom que le vôtre ^ pour faire , s'il est possible ^ un peu oublier sa laideur, A qui pouvait- il mieux consacrer ses maximes de vertu qu'a une femme si vertueuse ?

quelle plus juste preuve de toute sa morale que toute votre conduite ? et qui peut mieux enfin autoriser ses Fables à la Cour ^ que vous , Madame y qui en êtes et l'ornement et l'exemple ? Ne m'alle:^ vous point déjà imposer silence , vous , Madame , qui n ave:^ y a la fin y accepté qu'a de si rigoureuses loix l'hommage que feu M, Boursault avait pris la liberté de vous destiner ? Je vous avoue que je ne pus alors m' empêcher de murmurer un peu de cette modestie y que j' avais admirée tant de fois y et que je vous trouvai bien injuste d'être si

nnemit des louanges et de les mériter si bien,

'^ans vous , Madame y sans vos défenses ^

ue n'aurois je pas dit de ce mérite encore su-

ériewr a votre rang j de cette grandeur d'ame

ui vous éleve si fort au-dessus de votre

’xe ; de cette beauté si éclatante y et en

ême-tems si modeste y qui ne veut inspirer

te du respect j de cette majesté répandue sur

ute votre personne , sur toutes vos actions j

' cette aimable égalité qui vous gagne tous

f cœurs j de cette bonté naturelle qui laisse

\ si Libre accès a tous ceux qui y ont recours 5

cette pénétration d'esprit j de cette éléva-

m de sentimens 5 de ce discernement si

ste 5 de cette solidité si rare . Mais pour^

oi faut-il retenir mon :çele ? Est- ce ma

ite , Madame , s'il me trahit malgré

n? Est-il si facile de ne pas s'oublier au-

? J de vous 1 et y en faveur de tant de res^

:t y ne me passere:(-vous point un peu de dé-

héissance ? Que vous ai-je dit y au prix de

it ce que j* aurais a vous dire y au prix de

it ce que je ressens ? L'effort que je me fais

iv É P I T R E.

jpour me taire est encore asse^ grand pour mériter que vous m'en tenie:^ un peu compte , et que vous daigniei^ accepter les témoignages respectueux et sincères de la profonde vénération avec laquelle je suis ,

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