‹ Esope a la cour, comedie heroique, en cinq actes, en versChapitre 102 sur 118 · H GRACE · texte numérisé non relu

H GRACE

Je crains que vous ne vous y preniez trop tard. Ce ne sera pas un bon moyen de plaire à Lucelle que de lui ôter cette petite récréation.

Aldobrandin.

Elle en aura d’autres, mon frère ; car enfin je l’épouse au premier jour: le parti en est pris , et le contrat est déjà dressé chez mon notaire.

Horace.

Adieu donc , Seigneur Aldobrandin. Vous concluez ce mariage contre mon avis ; mais , malgré vos duègnes et vos barricades, vous ne tarderez gucres a vous en repentir..

Aldobrandin.

C’est mon affaire.

Les amans sont bien ingénieux , mon frère 1 Aldobrandin.

Je les mets au pis.

Horace.

Les jaloux sont bien haïs, mon frcre!

Aldobrandin.

Les jaloux s’cn moquent.

Horace.

Je suis fâch(5 de la petite disgrâce qui vous menace.

Aldobrandin.

Votre front ne paiera pas pour le mien.

Horace.

Tout Florence en rira de bon coeur.

Aldobrandin.

Et vous , vous en ricï d’avance ?

Horace.

Je vous avoue que j’ai bien de la peine â m’eri empêcher; et, telle est l’étoile d’un jaloux, tout votre frère que je suis , je crois que j’aiderois moi-même k vous tromper.

En vou^ remerciant , mon frere... Mais j’irai mon train, malgré vos plaisanteries , et je retourne de ce pas à Lucelle pour lui annoncer l’honneur que je lui

tais.

( Il sort. )

COMÉDIE

Page 1