SCENE V
ALDOBRANDIN, HORACE, reparaissant i tk GOU- VERNANTE.
Aldobrandin,<2/</ Gouvernante .
ON , je n’ai jamais senti plus de joie. Il faut avouef «juc vous êtes une femme merveilleuse !
La Gouvernante,
Quoi 1 vous m’dcoutiez?
Aldobrandin.
. Si je vous dcoucois i avec ravissement ! Je ne saurois m’en tenir, il faut que je vous embrasse.
La Gouvernante.
Dispensex-m’en , s’il vous plaît. La pudeur ne permet pas ces sortes de rcconnoissanccs.
Ar. DOBRANOrN.
■ Vousvousmoquex', c’est pousser la pudeur troploin. La Gouvernante.
Oh! dans cette matière le scrupule est d’obligation. Aldobrandin.
' Ma foi ! vous m’inspirex presqu’autant de respect nue de confiance. Vous avez traité le Seigneur Zima de maniéré que je ne crois pas qu’il y revienne.
La Gouvernante.
Je ne lui ai pourtant dit que des choses fort r.aisonnablcs i ci tout cela en conscience , pour assurer à Lu-
çeUe un mari qui la rende heureuse , et la délivrer d’un ^ persécuteur qui n’en est pas digne.
ALDOBRANDlH,à Horact,
Mon frere, ce zelc n’est il pas admirable ?
Horace.
Vous êtes trop heureux! Jé ne crains plus pour vous de disgrâce conjugale. Je vois que tout concourt à vous en affranchir. Je n’cspéroispasquelcs choses sctour> nassent si heureusement.
La Gouvernants.
Et moi , malgré ma confiance , je crains tout encore.
Aldobrandin.
Comment ?
La Govvern'ante.
Vous n’êtcs point encore le mari de Lucclle ; Zirtia le sait, et il est homme à ne rien négliger pour vous l’enlever. De la façon dont il s’y prend., on vient â bouc de tout. M’en croirez-vous , je lui ôcerois au plutâe toute espérance. Quarrd vous proposiez-vous d’épouser ?
Aldobrandin.
- Dans -huit jours au plus tard , après quelqu’arrangejnent d’affaires.
La Gouvernante. . ,
Quoi donc ! en avez-vous de plus importante que celle-ci f Huit jours de délai ! vous m’!cffrayez. Zima peut les mettre à profit , et il n’aura point d'autres \ affaires , lui. Croyez-moi , vous dis-je, épou-sez dès ce soit } qu’on le sache aussi-tôt par toute la ville , quo Zima perde toute espérance: c’est le seul moyen d’arreter toutes scs poursuites , et meme d’eteindre son
amour.
comédie. JJ
amour. On connoîc ces jeunes gens ; ils n’aiment qu’ autant qu’ils espercnt.
Aldobrandin.
Je me rends do bon cœur à un avis si sage. . . . ( A Horace. ) Allez , mon frere , allez vous-meme chercher le notaire ; qu’il apporte le contrat : nous le $i<gnerons tout-à-l’heure.
H O R A c B , sortant.
J'y vais.