‹ Esope a la cour, comedie heroique, en cinq actes, en versChapitre 112 sur 118 · IMA , LA GOUVERNANT! , ALDOBRANDIN · texte numérisé non relu

IMA , LA GOUVERNANT! , ALDOBRANDIN

HORACE, cache's,

Z I M A , à part.

IEIlle est seule?

La Gouvernante.

Qu’est ce ? Un jeune hommû oser entrer jusqu’ici ! Oh ! le bon ordre n’est pas encore dans cette maison ç il faudra l’y mettre.... Alte-li , Seigneur. Que cherchez-vous ? ( Bas. ) Prenez garde ; on nous observe. Laites semblant de me vouloir corrompre : vous allez voir uh dragon de vertu.

Etes-vons de cette maison , ma bonne Dame ? •

LEMAGNIFIQUE,

La Gouvernante.

Oui , Monsieur , à qui en voulez-vous , vous dis-je î (£jx. ) Avez-vous quelque chose à me dire.

Z I M A , B ‘ JS .

Oui , dans un moment. ( H ^ ut . ) Vous êtes nouvelle ici , ce me semble ? «

La Gouvernante.

Jen’ysuis que d’aujourd’hui; mais, vous, si l’on m’en veut croire , vous y venez pour la dernicre fois.

Pourquoi le prendre d’un ton si sauvage î

La Gouvernante.

C’est que vous le prenez , vous , d’un ton trop doucereux. Vous avez l’air d’un amant ; et mon devoir est d’dcarter tous ceux qui vous ressemblent.

Z I M A , bas .

J’ai gagné le notaire.

La Gouvernante, haï .

Bon !

Je suis ravi de vous savoir auprès de LuccUe. Vous me paroissez une personne fort raisonnable; et je crois que vous bi serviriez volontiers , si elle avoir quelque inclination honnête.

La Gouvernante,

Qu’appcllez-vous quelque inclination honnête ? Ne savez-vous pas qu’elle épouse Aldobrandin, et qù’il n’y a plus tien d’honnête pour elle que de l’aimer unique» ment?

COMÉDIE

Z I M A , lat »

•Avcrtis-la qu’elle peut signer aveuglément tout ce qu’on lui présentera. Nous sommes d’accord. [Haut.) Mais elle ne l’a pas encore épousé ; et peut-être qu’un jeune homme bien amoureux , bien riche, bien magni« £que , seroit mieux le fait de Lucelle que son vieux tuteur, ( Bas . ) Il faut résoudre Aldobrandin à conclure dès ce soir: ce sera le moment de notre bonheur.

La Gouvernante.

Pariez tout-haut , parlez tout-haut , Monsieur. Ces tout-bas marquent toujours de mauvaises intentions.

Doucement, doucement, ma vénérable Dame. Mille pistoles , deux mille pistoles , s’il le faut , ne vous fcroient-elles pas trouver mes intentions meillcutes \

La Gouvernante.

Comment mille pistoles , deux mille pistoles ! Ah ! c’est où je vous attendois. Vous voilà donc un amant déclaré i Sachez que quand vous m’en donneriez cent mille je ne vous servirois pas mieux que je fais. Je sais pourquoi je suis entrée dans cette maison, et ce qu’on s’y promet de moi. Je ferai mon devoir , et j’en sortirai â mon honneur , sur ma parole i

Vous êtes bien inBéxible !

La Gouvernante.

C’est une chose affreuse que ces chercheurs d’aventures. Cela met le trouble dans toute une ville. Y a-t-il une personne aimable dans une maison , la voilà le but de cent complots criminels. Ces pauvres maris ne

sauroicnt dormir en repos , et la république n’y met pat ordre. Hélas 1 les peuples les plus barbares observent entr’eux le droit des gens : on le viole tous les jours entre concitoyens i et , comme si la foi conjugale n’étoit qu’un jeu , on rit encore de ce qu’on devroit punir , et l’on insulte à de malheureux époux qu’on devroit venger. Oh ! oh I j’en garantirai du moins cette N maison.

Tenez , toutes ces invectives ne vous enrichiront pas, et je serois homme à le faire , moi , si vous le vouliez* La Gouvernante.

M’enrichir ! moi, m’enrichir! ah ! peut-on outrager i ce point une personne de mon caractère? Non, non, détrompez-vous. Mes richesses , mes trésors , ma couronne , c’est la vertu des femmes que je gouverne , et le repos de ceux qui me les confient. Vous me cennoissez; cherchez fortune ailleurs : gardez vos présens pour qui vous servira. Vous voyez comme je m’y prends pour vous seconder : comptez que je serai toujours la meme.

Il faut que je sois bien malheureux ! Qui a jamaia vu gouvernante refuser deux mille pistoles ?

( Il sort. )

COMÉDIE. St

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