‹ Esope a la cour, comedie heroique, en cinq actes, en versChapitre 41 sur 118 · I. ÀÏ s · texte numérisé non relu

I. ÀÏ s

plus riche des Rois vous voilà presque unie;

II n’y manque plus rien que la cérémonie.

Et dans un beau fauteuil , assise à son côté.

Votre Altesse demain deviendra Majesté, te Ciel à votre sang devoit ce privilège.

Mais moi , Madame , moi , demain que deviendraî-je ? Je voudrois bien. . . .

J’entends ce que tu voudrois bien.

Et ton bonheur, Laïs , suivroit de près le mien.

Mais j’y vols un obstacle.

Laïs.

Eh ! quel cst-il?

Rodopes

Elle a fait ce matin sa paix avec Ésope,

Tu sais en quelle estime il est auprès du Roi î Et je songeois à lui pour l’attacher à toi.

COMÉDIE Héroïque. 7,

Qui ? !ui 7 Madame ?

É80pe est né dans l’indigencA; MatS) Laïs « ses vertus egrrigent sa naissance.

Quel honneur n’a-t-ii peint de ne devoir qu’à lui le poste glorieux qu’il occupe aujourd’hui ?

^ope sans naissance est dans une posture. . . .

La ï s.

Avei-vous parcouru sa bizarre £gure ?

Je renonce à vos biens , si le plus grand de tous Consiste à me donner Ésope pour époux.

Je n’en veux vraiment point.

Connoivtu bien Ésope

Laïs.

Il ne €ant ponr le voir prendre aucun microscopes De son hideux aspect on est d’abord frappé.

Hors l’esprit qu’il a droit « il a tout éclopé ;

Et quoique sa morale ait des traits admirables , L’Hymen n’est pas un Dieu qu’on repaisse de Fables.

En on mot, quelque époux qui me soit destiné ,

Je le veux , si je puis , bien conditionné «

Que rien n’y manque.

Ésope A l’esprit net , uSablc.

LaÏ s.

L’esprît net, il est vrai 5 le corps indéchiffrable.

C'est d’une fort belle amc un ébrt vilain étui*

Que fetAtt-U.de moi i qu< f«cois-je de ioi ^

8o ÉSOPE A LA COUR,

Pardon , si ma pensée est contraire à la vôtre;

Mais il faut pour s’aimer être faits l’un pour l’autre : Si l’époux que l’on prend n’a le don de toucher ,

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