I. ÀÏ s
plus riche des Rois vous voilà presque unie;
II n’y manque plus rien que la cérémonie.
Et dans un beau fauteuil , assise à son côté.
Votre Altesse demain deviendra Majesté, te Ciel à votre sang devoit ce privilège.
Mais moi , Madame , moi , demain que deviendraî-je ? Je voudrois bien. . . .
J’entends ce que tu voudrois bien.
Et ton bonheur, Laïs , suivroit de près le mien.
Mais j’y vols un obstacle.
Laïs.
Eh ! quel cst-il?
Rodopes
Elle a fait ce matin sa paix avec Ésope,
Tu sais en quelle estime il est auprès du Roi î Et je songeois à lui pour l’attacher à toi.
COMÉDIE Héroïque. 7,
Qui ? !ui 7 Madame ?
É80pe est né dans l’indigencA; MatS) Laïs « ses vertus egrrigent sa naissance.
Quel honneur n’a-t-ii peint de ne devoir qu’à lui le poste glorieux qu’il occupe aujourd’hui ?
^ope sans naissance est dans une posture. . . .
La ï s.
Avei-vous parcouru sa bizarre £gure ?
Je renonce à vos biens , si le plus grand de tous Consiste à me donner Ésope pour époux.
Je n’en veux vraiment point.
Connoivtu bien Ésope
Laïs.
Il ne €ant ponr le voir prendre aucun microscopes De son hideux aspect on est d’abord frappé.
Hors l’esprit qu’il a droit « il a tout éclopé ;
Et quoique sa morale ait des traits admirables , L’Hymen n’est pas un Dieu qu’on repaisse de Fables.
En on mot, quelque époux qui me soit destiné ,
Je le veux , si je puis , bien conditionné «
Que rien n’y manque.
Ésope A l’esprit net , uSablc.
LaÏ s.
L’esprît net, il est vrai 5 le corps indéchiffrable.
C'est d’une fort belle amc un ébrt vilain étui*
Que fetAtt-U.de moi i qu< f«cois-je de ioi ^
8o ÉSOPE A LA COUR,
Pardon , si ma pensée est contraire à la vôtre;
Mais il faut pour s’aimer être faits l’un pour l’autre : Si l’époux que l’on prend n’a le don de toucher ,