‹ Esope a la cour, comedie heroique, en cinq actes, en versChapitre 81 sur 118 · CHICANEAU, L’INTIMÉ · texte numérisé non relu

CHICANEAU, L’INTIMÉ

L* Intimé, tirant de sa poche une ecritoire et du papier / et s’agenouillant à demi f pour se mettre en état d’écrire.

Vcibalisons.

ChicAneav.

Monsieur, de grâce ! excusez-Ia.

Elle n’est pas instruite ; et puis , si bon vous semble j En voici les morceaux que je vais meure ensemble.

Non.

Je le lirai bien.

L’ I N T I M É , se relevant , et remettant dans sa poche soa Méritoire et son papier.

Je ne suis pas méchant ;

J’en ai sur moi copie.

Chicaniau.

Ah ! le trait est touchant !

Mais je ne sais pourquoi , plus je vous envisage Et moins je me remets , Monsieur, votre visage.

Je connois force huissiers.

Informez-vous de moi î Je m’acquitte assez bien de mon petit emploi, Chicanbau.

Soit. Pour qui venez-vous ?

Pour une brave Dame,

Monsieur, qui vous honore ; et, de toute son ame,. Voudroit que vous vinssiez , à ma sommation ,

Lui faire un petit mot de réparation.

Chicankav.

De réparation!... Je n’ai blessé personne.

Je le crois i vousavez. Monsieur, l’ame trop bonne# Chicaneav,

Que demandcE-vous donc ?

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COMÉDIE. 55

Elle voudroit , Monsieur, Çuc , devant des témoins, vous lui fîssiez l’honneur De l’avouer pour sa^c , et poinr extravagante.

Chtcaneav.

Parbleu l c’est ma Comtesse.

Elle est votre servante.

Chicaneau.

Je suis son serviteur.

Vous êtes ob’igeant ,

Monsieur.

Oui , voti^pouvcE l’assurer qu’un sergent lui doi* porter pour moi tout ce qu’elle demande.

Eh quoi donc ? les battus , ma foi î paîront l’amende*

( Lisant. )

Voyons qu’elle chante <c Hon... Sixième Janvier.

» Pour avoir faussement dit qu’il falloitlier, y» Étant à ce por^é par esprit de chicane , sî Haute et puissante Dame Yolande Cudasne, a Comtesse de P mbeschc , Orbeche , et caetera ; sî II soit dit que sur l’heure il se transportera » Au logis de la Dame et là d’une voix claire»

»> Devant quatre lémoms . assistés d’un notaire, v> Zeste ! ledit Hiérôme avoûra hautement ,

Qu’il l’a tient pour sensée et de bon jugement.

( A l'intimé )

Le Bon».,!. C’est donc le nom de votre Seigneurie F

L’Intimé.

( A part, )

Pour vous servir.... Il faut payer d’eflFronterie. CHICANEAUjd part.

Le Bon Jamais exploit ne fut signé le Bon. , ( A l'intimé, )

MotKieur le Bon....

Monsieur.

Chicaneau.

Vous êtes un fripon.

Monsieur, pardonner -moi, je suis fort honnête homme* Chicaneau.

Mais fripon le plus franc qui soit de Caen à Rome»

Monsieur , je ne suis pas pour vous désavouer.

Vous aurez la bonté de me le bien payer,

Chicaneau.

Moi , payer? En souflers....

Vous êtes trop honnête £

Vous me le paîrer bien.

Chicaneau.

Oh ! tu me romps la tête*

( Il lui donne un soujlet. )

Tiens , voilà ton paîment. . . i

lî.

COMÉDIE

Un souflct! Ecrivons :

^ Il relire de sa poche son dcritoire et sonpapier, et il écrit sur

son genou. )

( Ecrivant. )

c< Lequel Hiérôme, après plusieurs rebellions ,

» Auroit atteint , frappé moi sergent à la joue •

«Et fait tomber, d’un coup, mon chapeau dans la boue. ï»

C H r c A N E A U , lui donnant un coup de pied. Ajoute cela.

L* Intimé, à Chicaneau,

Bon ! c’est de l’argent comptant.

( Chicaneau va pour déchirer ce que l'intimé écrit. )

( Ecrivant. )

3*en avois bien besoin.... « Et de ce non content ,

{ Chicaneau. )

Auroit, avec le pied , réitéré.... » Courage !

( Ecrivant. )

« Outr^ plus , le susdit scroit venu de rage',

5> Pour lacérer ledit présent Proces-verbal. ... «

( A Chicaneau. )

Allons , mon cher Monsieur , cela ne va pas mal î lie vous relâchez point.

C a 1 c A N £ A tr.

Coquin !

Ne vous déplaise , Quelques coups de bâton, et je suis’à mon aise.

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