QUANTITÉ DE PLUIE
Lisbonne (680mm), est inférieure à celles de Rome (780mm,5), de Naples (780mn\7)f de Florence (930rara,3), de Milan (960BMl,6)1 de Trieste lH0mni,6), de Bagnières (1490mm), de Pau (840™), de Bayonne (1430mm), etc.
D'autre part, comme. la quantité de pluie tombant à la fois est bien moindre en Europe qu'à Alger, où peu d'heures suffisent pour en précipiter des masses énormes, la moyenne pluviométrique annuelle d'Alger, est plus rapidement épuisée qu'ailleurs, en sorle qu'il y a environ soixante et dix jours de pluie (les nuils y comprises), tandis que dans les localités où la moyenne pluviométrique annuelle est inférieure à celle d'Alger, les jours de pluie sont bien plus nombreux ; ainsi, à Londres, avec une moyenne pluviométrique annuelle de 620mm,4, il y a cent soixante-dix-huit jours de pluie, à Indenkliff (moyenne annuelle 530mm)cent seize jours, etc. On le voit, Alger est moins pluvieux que plusieurs localités de l'Europe renommées par leur ciel radieux, el cela, comme je l'ai déjà fait observer, malgré l'action réfrigérante et condensatrice des montagnes, action se manifestant presque partout, mais nulle part en Europe autant que dans les parties occidentales de l'Angleterre, qui possèdent le triste privilège, non seulement de figurer en tète des contrées les plus humides de la zone tempérée, mais encore de rivaliser presque avec les points de notre globe, offrant le maximum pluvial connu aujourd'hui1. En effet, l'Ecosse et l'ouest de l'Angleterre (surtout Cumberland et Weslmoreland), présentent ce phénomène curieux et unique dans son genre, car dans The Stye, l'atmosphère déverse annuellement en moyenne 4810mm,2 d'eau ; à Seathwaite 3860mm,7 ; à Glenerœ 3260mra,4 ; à Portree (Skye) 2570mm,8; à Plymouth H20mm,7; à Penzance ÎOSO""1^, etc.; c'est qu'aussi, dans toutes ces .parties
1. Le plateau de Khasia aux Indes orientales (26-25 degrés lat. N., 1300-1950 mètres d'altitude) peut être considéré comme le point connu de notre globe recevant le maximum d'eau pluviale, car elle y atteint jusqu'à 16m,68 par an. Le premier rang après Khasia appartient à Arracan, à Pegu et Tenasserim, où la quantité annuelle de pluie s'élève quelquefois à plus de 5 mètres; or, ce chiffre n'est pas très inférieur à celui que présentent en Angleterre certaines localités du Cumberland ou du Westmoreland.
de l'Angleterre, des montagnes abruptes se dressent le long de la côte, comme autant de murailles qui condensent en pluie l'air humide de l'Atlantique ; effet dont l'absence (ou du moins le caractère très atténué) à Alger, constitue précisément une exception remarquable, puisqu'à Alger aussi , les montagnes sont de nature à exercer leur action condensatrice sur l'air chaud arrivant du midi, chaque fois du moins que le vent du sud remplace le vent du nord, qui à la vérité paraît être dominant.
Mais, si à Alger la moyenne pluviométrique de dix années, offre un chiffre relativement peu élevé, les moyennes annuelles et mensuelles composant cette période, présentent des écarts considérables atteignant des différences au double et même au delà, comme- entre autres pendant l'année 4876 dont le chiffre pluviométrique fut de 4202mm,4, tandis que celui de 1872 seulement de 515nui,,4. De plus, la moyenne pluviométrique offre dans les mêmes mois, selon les années, des divergences très prononcées : ainsi la moyenne de décembre 4869 fut de 820mm,8 et celle de décembre 4874 2020mm,5; de même, la moyenne pluviométrique de février 4874 fut de 40mm,4, tandis que le février de 4873 eut 4390 millimètres. D'autre part, quoique les pluies soient assez rares et peu abondantes en été, on ne peut diviser le climat d'Alger en saison sèche et en saison humide, parce que pendant les dix années il n'y a pas eu un seul été complètement dénué de pluie. En un mot, sous le rapport pluviométrique, le climat d'Alger est très variable selon les années. En revanche, les mouvements barométriques y possèdent une remarquable uniformité; car les amplitudes moyennes annuelles y sont tellement peu consU dé râbles, que pendant dix années la moyenne barométrique annuelle ne s'est élevée qu'une seule fois (décembre 4867) à 769mm,2, toutes les autres moyennes barométriques oscillant entre 752 et 776 millimètres. Enfin, les différences des températures moyennes mensuelles, n'ont varié pendant les dix années, que dans des limites assez circonscrites et uniformes; généralement, le mois d'août a été le plus chaud et le mois de