TEMPÉRATURE HIVERNALE
C'est donc en me basant sur les tableaux de M. Bulard *, auxquels je m'en réfère pour toutes les particularités, que je vous signalerai quelques traits généraux du climat d'Alger. )
Lorsque Ton compare la moyenne hivernale d'Alger (42%5) aveo celle des localités de l'Europe les plus célèbres et les plus recherchées pour la douceur de leur température hivernale, on trouve qu'à la seule exception de Malaga, d'ailleurs peu visitée par les étrangers, la moyenne hivernale d'Alger est plus ou moins supérieure à celle de toutes ces localités, telles que Nice (moyenne hivernale 7°,8), Menton (9°), Rome (8°,1), Naples (9%6), Palerme (11°,4), etc. De plus, à Alger, les différences moyennes entre les maxima et minima, sont moins considérables que même dans certaines localités de l'Afrique, qui, comme le Caire, possèdent une moyenne hivernale très supérieure à celle d'Alger. Ainsi, à Alger, la différence entre les températures extrêmes est en moyenne de moins de 10 degrés, mais elle est de 37%5 au Caire ainsi qu'à Palerme et à Rome ; à Naples elle s'élève à 42 degrés.
On peut donc dire que l'amplitude relativement peu considérable des oscillations thermométriques, imprime au climat algérien un caractère en quelque sorte tropical.
D'ailleurs, si le climat d'Alger se rapproche du climat tropi-
valeurs météorologiques relativement à Alger, contenues dans le travail si consciencieux de M. Théobald Fischer sur le climat du bassin méditerranéen {Studien iiberdas Klima der Mittelmeerlânder). Or, la température moyenne annuelle d'Alger y est indiquée 20°,6 (Bulard 18°,9), la température d'hiver 15,3 (Bulard 12°,5), celle du printemps 18°,1 (Bulard 16 degrés), celle de Tété 26,2 (Bulard 23°,7), et celle de l'automne 22°,8 (Bulard 19°,6). On voit que tous ces chiffres différent plus ou moins de ceux de M. Bulard. Et pourtant M. Fischer cite l'autorité sur laquelle ses renseignements sont basés, c'est celle de l'illustre Dove qui a fait usage de treize années d'observations. Or, comme oes dernières se rapportent à une époque fort antérieure à celle pendant laquelle les observations de M. Bulard avaient été faites, il est probable que les différences très notables tiennent à ce que le savant directeur de l'Observatoire d'Alger a eu l'avantage d'utiliser les matériaux les plus récents* élaborés sous son propre contrôle et à l'aide de méthodes de précision, qui n'avaient pas été employés dans les travaux plus anciens.
1. Yoy. Pièces justificatives, Xlll. 11 est bien à regretter que H. Bulard n'ai pas eu le temps de marquer dans ses tableaux les directions des vents.
cal, c'est seulement dans le sens des avantages que possède ce dernier, mais saus en partager les défectuosités, consistant en une humidité atmosphérique trop forte et en précipitations aqueuses trop abondantes. En effet, malgré les impressions emportées par quelques touristes, dont le séjour momentané à Alger a pu coïncider par hasard avec de copieuses pluies, le climat d'Alger n'est rien moins que pluvieux ou humide; c'est ce que démontrent les registres de l'Observaloire d'Alger, selon lesquels les mois les plus pluvieux, décembre et janvier, ont une moyenne de 1134,6 millimètres, tandis qu'il ne pleut que très rarement en juillet et août. Aussi, si nous comparons Alger sous le rapport pluviométrique, avec un grand nombre de localités situées dans les contrées méridionales les plus diverses, la comparaison sera tout à l'avantage d'Alger. Pour établir ce parallèle, nous pouvons nous servir d'un travail spécial, celui de M. le Dr Otto Kriimmel, publié dans le Journal de la Société géographique de Berlin et accompagué d'une carte pluviométrique fort intéressante !.
Or, il résulte de ce travail, qu'Alger jouit à cet égard d'une position d'autant plus privilégiée, que la quantité de pluie n'y est pas en proportion avec les conditions topographiques, de nature propre à favoriser la fréquence et l'intensité des pluies hiveruales, parce que les chaînes de montagnes qui séparent la côte, de la région à température élevée, condensent les masses d'air chaud venant quelquefois de cette région, et les dissolvent en précipitations aqueuses. Ainsi, bien que le lilto-^ rai algérien, doive nécessairement recevoir un volume d'eau pluviale plus considérable que des localités, telles que Paris (où il tombe en moyenne 610 millimètres de pluie par an), Londres (620ranl,4), Saint-Pétersbourg (440mm,9) , etc. , toutes, à la vérité, beaucoup plus septentrionales, mais nullement exposées à l'action des montagnes, néanmoins, la moyenne pluviométrique annuelle d'Alger (697mm,8), qui est à peu près celle de
1. Voy. ZclUchvift der Goscllsch. fur Erdk. zu Berlin, an. 1878, t. XIII, p. C7