Deipnosophist., III
fort reculée, puisque, selon Athénée1, il serait déjà mentionné par Homère, mais encore l'huître jouait le rôle le plus important dans le menu des Apicius et des Lucullus, au point que les Romains consacraient des sommes immenses k la construction et au maintien des parcs artificiels d'huîtres, ainsi que nous l'apprend Pline*. Or, selon cet auteur8, les huîtres se plaisent dans les lieux où plusieurs fleuves se jettent dans la mer; aussi, dit-il, «les huîtres de la haute mer sont petites et peu nombreuses (pelagia pauca et tara sunt) » ; mais il ajoute qu'elles se présentent néanmoins dans des rochers et des endroits fort éloignés des eaux douces, tels que les environs de Grynium et de Myrina. De même, Athénée4 nous apprend que, du temps des guerres de Mithridate, il y eut dans les environs d'Apamea (Phrygie) un tremblement de terre à la suite duquel on vit apparaître plusieurs lacs à eau saumâtre, contenant des huîtres et autres animaux marins, bien que ces lacs fussent à une très grande distance de la mer. On le voit, les faits observés par les anciens, comme ceux qui se produisent de nos jours, ne suffisent guère pour expliquer partout les différences frappantes que présentent les huîtres des divers pays, sous le rapport de leurs dimensions et de leups qualités gastronomiques, en sorte que si les unes et les autres étaient réellement favorisées par le mélange d'eaux salées et douces, ainsi que le croyait Pline, il n'y aurait pas de raison pour que les huîtres de Bone fussent aussi exiguës et de qualité médiocre, puisque le littoral y est sillonné par un grand nombre de cours d'eau, tandis que ceux-ci manquent complètement à la côte occidentale de Norwège, où néanmoins les huîtres sont grandes et très bonnes.
Si, à cause de leurs médiocres qualités, les huîtres de Bone ne sauraient acquérir une importance commerciale quelconque,