Pomel, Description du massif de Milianah, p
2. Dans son intéressante monographie du gros bétail {Die Rinder der Tertiaer-Epoche, etc.), dont les dépouilles ont été conservées dans les terrains tertiaires, M. Rutimeyer rapporte au Uos antiquus les restes du bœuf fossile
supérieur, composé particulièrement de dépôts limoneux dans lesquels sont creusés les lits des rivières actuelles, renferme les dépouilles des anciens vertébrés fossiles, notamment de YElephas primigenius. 11 est probable que ces dépôts quaternaires, caractérisés par les ossements d'éléphants, s'étendent jusqu'au littoral du Maroc, où près de Tanger, le professeur Ramsay a découvert dans des dépôts évidemment récents, une molaire tfElephas antiquusi\ cela serait un argument en faveur de l'hypothèse rattachant l'ouverture du détroit de Gibraltar à une époque récente, du moins non antérieure à Pépoque quaternaire.
Il serait intéressant de constater si, dans les dépôts quaternaires ou diluviens de l'Algérie, YElephas primigenius se trouve associé à YElephas antiquus, fait rare que M. Damas a signalé dans le diluvium de Rixdorf, près de Berlin *. M. Leith Àdams 3 distingue en Angleterre deux variétés de la forme typique de YElephas antiquus, et c'est à Tune de ces variétés (à large couronne dentaire) qu'appartiendrait l'exemplaire prussien. Selon M. Benecke \ l'âge géologique de YElephasantiquus n'est pas encore bien déterminé en Angleterre, cependant il paraîtrait que cette espèce y a précédé YE. primigenius, mais qu'en Angleterre comme en Allemagne, les deux espèces au-
trouvé en Algérie, près de Sétif. C'est aussi probablement à une faune voisine de ces espèces que se rattachent les restes du bœuf fossile découvert à Bouïba et conservé dans le Musée d'Alger, dont je vous ai parlé (Lettre VI, p. 100). L'un des résultats les plus curieux du travail du savant paléontologiste allemand, est la constatation du fait, que les Indes orientales sont le berceau de Ja famille des Bovidés, ainsi que de celle des Caprinées en général, de manière que tous les représentants de ces deux familles possèdédés aujourd'hui par l'Europe et l'Afrique, ne seraient que les formes modifiées des animaux que nourrissaient jadis les pâturages situés sur le versant méridional de l'Hymalaya. Aussi, selon M. Rutimeyer, on ne saurait bien saisir l'histoire de nos bœufs et chèvres vivants, sans étudier les restes nombreux de leurs ancêtres, enfouis dans les dépôts tertiaires de l'Inde, notamment dans ceux des montagnes de Sivalik.