‹ Espagne, Algérie et TunisieChapitre 183 sur 285 · TERRAIN QUATERNAIRE · texte numérisé non relu

TERRAIN QUATERNAIRE

raient fini par devenir contemporaines. Et il en serait de même à l'égard du Rhinocéros leptorhinus et du R. tichorhinus, car la première espèce a été signalée par M. Beyrich également à Riadorf, en sorte qu'ici encore avec une espèce fréquente se trouve réunie une espèce plus rare, d'un âge un peu plus ancien et d'une extension plus méridionale. Au reste, l'association de YE. primigenius et de YE. anliquus a été constatée par M. 0. Fischer * dans des conditions encore plus curieuses, car il a trouvé dans les dépôts diluviens de Banninglon (près de Gambridge) les deux espèces d'éléphants, non seulement de concert nvec les Rhinocéros leptorhinus, Hippopotamus major, Bos primigenius, Bison prisais, Cervusmegacerasel C. elaphus, Hyœna spelœa, Vrsusspelœus, etc., mais même avec des silex travaillés par l'homme. De son côté, M. le professeur Bayd Dawkins et le Rév. J. M. Mello, signalent dans les Cresswell Caves des exemples d'associations semblables, bien que la présence de l'homme n'y ait pas encore été démontrée 2.

Dans la province de Constantine, le terrain quaternaire recouvre de vastes espaces, mais on n'y a pas encore constaté beaucoup de restes organiques. Cependant les dépôts quaternaires de Bone en ont fourni de forts intéressauts, savoir : des dents d'hippopotame. M. Alb. Gaudry, qui les a étudiées, a constaté qu'elles diffèrent non seulement de Y Hippopotamus amphibius vivant encore en Afrique, mais aussi de toutes les

i. Quarterly Journal of the geol. Soc, an. 1879, v. XXXV, p. 670.

2. Quarterly Journal9 etc., loc. cit., p. 724. L'association des produits du travail humain avec les animaux dont il s'agit, n'est pas un fait nouveau, mais il est de ceux qui, pendant longtemps encore, seront l'objet d'interprétations très sérieuses. Pour les savants qui tiennent à vieillir l'homme, les associations dont il s'agit le feraient remonter à une époque géologique où l'Europe était habitée par les mammouths et les rhinocéros, tandis, qu'au contraire, ceux qui, avec Cuvier et Élie de Beaumont, n'admettent pas que ce qui se trouve réuni pêle-mêle dans un terrain de transport doive être contemporain, pensent que ces genres d'associations, sans vieillir l'homme, ne feraient que rajeunir les animaux confondus par le hasard avec les produits de son indus* trie ou les restes de sa charpente osseuse. J'avoue que, pour ma part, je ne saurais, jusqu'à preuve du contraire, me séparer sous ce rapport de l'illustre créateur de la paléontologie moderne.

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dents d'hippopotame recueillie» dans d'autres pays. Selon le savant paléontologiste, les dents trouvées à Bone marquent une tendance particulière vers la dentition du cochon et prêtent de cette manière à l'animal un caractère intermédiaire entre les genres Hippopotumus et Sus; en conséquence, M. Gaudry a donné à cette nouvelle espèce le nom de Hippopotamus hipponênsis â.

Le terrain quaternaire de la province de Constantlne acquiert un intérêt particulier par le rôle qu'il joue dans le Sahara, car c'est à l'époque quaternaire que plusieurs géologues rattachent le soulèvement du Sahara, bien que d'autres le considèrent comme beaucoup plus récent. En admettant que les dépôts pliocènes (subapennins) à couches redressées dans l'Atlas sont les mêmes que ceux ayant conservé leur horizontalité dans le Sahara, M. Coquand* croit pouvoir en con*dure que le soulèvement de l'Atlas et du Sahara constituent un phénomène à peu près contemporain, qui aura eu lieu à l'époque du soulèvement du grand système de la chaîne principale des Alpes suisses, et dès lors, selon M. Coquand, le soulèvement du Sahara n'appartient point à une époque géologique contemporaine, et le Sahara ne saurait être considéré comme une vaste surface sablonneuse abandonnée tout récemment par POeéan. M. Coquand cite à l'appui de son assertion l'opinion du savant ingénieur M. Dnbocq, d'après lequel le bassin du Chott-Melir, où se réunissent les eaux du Ziban et de l'Oued-Djedi, est un bassin fermé et séparé de la mer actuelle, en sorte que « le vaste marais salé qui Occupe le fond de ce bassin se continue du 4° au 5° degré de longitude est, jusqu'à 70 kilomètres du golfe de Gabès, en traversant les oasis du Bled-el-Djerid et de Nef-Zaoua, et sa hauteur montre qu'il ne pouvait communiquer autrefois avec la mer, ainsi que l'indique Ptoléméo. » Enfin M. Coquand pense8 que tous les lacs salés {Sobkha, Chott) situés sur la

1. Bull. Soc. géol. de Fr., an. 1877, »• série, t. IV, p. 501.

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