POUSSIÈRES ROUGES ET BROUILLARDS SECS
occidental de l'Afrique. Ce phénomène, qui a occupé tant de physiciens et de naturalistes, vient d'être l'objet d'un travail étendu de la part de M. le Dr Gustave Hellraan * qui, non seulement donne un registre chronologique des observations faites à cet égard depuis 1854 jusqu'à 1871, mais eucore les reproduit graphiquement sur une carte. L'étude approfondie de ces nombreux; matériaux soumis à une critique sévère, conduit M. Hellraan à une conclusion diamétralement opposée à celle formulée par la majorité des savants, entre autres par Ehrenberg, relativement à l'origine de ces prodigieux nuages de matières pulvérulentes. Selon le savant prussien, elles sont dues pour la plupart à l'Afrique, notamment au Sahara occidental, et même en partie au Sahara français, car en compulsant les registres météorologiques publiés par les stations algériennes, telles que El-Aghouat, Tougourt et Ouargla, il y a trouvé beaucoup de jours caractérisés par « siroco, avec atmosphère imprégnée de poussière ».
D'autre part, M. Gustave Tissandier* a publié des observations fort intéressantes sur les pluies de poussière en général, en les rattachant au même phénomène se produisant dans le Sahara. En étudiant au microscope une pluie de poussière tombée à Boulogue-sur-Mer, le 9 octobre 1876, et en comparant cette poussière avec celle du sable du Sahara, il a constaté que la pluie pulvérulente de Boulogne offre exactement la même composition que le sable du Sahara, seulement ce dernier a des grains beaucoup plus gros, tandis que les débris d'algues et les corpuscules minéraux sont dans les deux cas de même nature. M. Tissandier a de plus constaté que des sables divers, et entre autres ceux du Sahara et de Gobi, versés dans une petite quantité d'eau, ne laissaient tomber au fond du vase où l'on opère que les particules les plus grosses, mais que l'eau reste trouble sous l'influence d'un fin limon qu'elle tient en suspension et qui, examiné au microscope, offre identiquement
1. Monatsber. der K. K. preuss. Akademie der Wissensch. zu Berlin, an. 1878, p. 368.