Loc. ciL, p
Tels sont les faits curieux résultant des beaux travaux de M. Coquand entrepris à une époque où les richesses paléontologiques de l'Algérie étaient à peine soupçonnées x.
11 est vrai, le mouvement rapide de progression caractérisant aujourd'hui les sciences naturelles ne cesse d'apporter des modifications plus ou moins profondes à tous les travaux, môme les plus récents, et il est donc à présumer que ceux de M. Coquand n'échapperont pas à cette loi; mais lors même que le nombre des espèces décrites par lui comme nouvelles aura subi des réductions qui d'ailleurs peuvent être compensées par de nouvelles découvertes, le chiffre des espèces propres à l'Algérie sera encore assez élevé pour l'emporter sur celui offert jusqu'à présent par les régions de même extension les mieux explorées par les paléontologistes. De plus, il est probable que, quelle que soit la réduction du chiffre des espèces nouvelles, le mode de leur répartition dans les divers terrains de l'Algérie n'en conservera pas moins sa valeur, en laissant subsister ce fait très important, savoir : que les modifications vitales subies par le milieu qu'habitèrent successivement les diverses faunes marines de l'Algérie, se sont produites dans un sens opposé à celui que suivent généralement
1. M. Coquand nous apprend lui-même (/oc. cit., p. 318) qu'à l'époque où il entreprit son premier voyage (en 1851) dans la province de Gonstautine, le nombre des espèces fossiles qui y avaient été recueillies n'était que de 31. Eu égard au point de départ, on ne saurait trop apprécier les résultats obtenus par Téminent géologue. C'est un hommage que je m'empresse d'autant plus à lui rendre, que je sais par expérience combien les efforts consacrés aux défrichements d'une terre vierge sont pénibles ; mais combien aussi est vif le sentiment de satisfaction que donnent de tels efforts quand ils sont couronnés de succès. Ainsi, on connaissait à peine une vingtaine de fossiles provenant d'Asie Mineure, lorsque j'entrepris l'exploration de cette contrée dont j'eus le bonheur de révéler les trésors paléontologiques et botaniques ; or, le nombre de fossiles rapportés de mes pérégrinations, qui ne durèrent pas moins de six années, se montait à 576 espèces (dont 454 animales et 122 végétales), ainsi que le constate ma Paléontologie de l'Asie Mineure publiée en 1866. 11 est vrai je n'ai pas été aussi heureux que M. Coquand sous le rapport des espèces nouvelles, car mes collections, déterminées par MM. d'Archiac, de Verneuil et Unger, n'en fournissent que 41. En revanche, j'ai pu enrichir la flore de l'Asie Mineure dans des proportions très considérables.