LOCALISATION DE LA FAUNE FOSSILE
des dépôts diluviens du nord de l'Allemagne 1. Selon ce savant, on ne saurait rendre compte de l'origine de ces dépôts à l'aide de la théorie glaciaire ou de celle du drift^ ni même en supposant l'action alternante de ces deux agents, car, dans ce dernier cas, il faudrait admettre que dans l'Allemagne septentrionale et en Russie, les phénomènes de la glaciation et du transport des dépôts divers par des glaçons flottants, se seraient produits tour à tour cinq à six Fois ou môme plus souvent encore. En conséquence, M. Berendt propose une théorie beaucoup plus plausible qu'il serait trop long de rapporter ici, mais excluant toute idée d'une glaciation complète du nord de l'Allemagne. De plus, selon M. Berendt, le lœss de cette contrée a été formé par les dépôts limoneux des cours d'eau, et serait par conséquent d'origine lacustre.
II. La faune marine dont les innombrables restes se sont conservés dans les divers dépôts constituant la charpente solide de l'Algérie, offre une particularité extrêmement remarquable. En effet, selon M. Coquand4, le total des espèces fossiles (presque toutes mollusques) connues en Algérie se monte à 656 dont 399 nouvelles; c'est une proportion qu'aucun autre pays, que je sache, n'a encore offerte. Mais ce n'est pas tout : la répartition des espèces dans les différents terrains y constitue également un fait exceptionnel, car le terrain crétacé seul possède 227 espèces qui lui sont propres; de môme sur les 12 espèces recueillies dans le terrain miocène toutes appartiennent en propre à ce terrain. Enfin, ce n'est point dans les terrains plus anciens, comme on eût pu le supposer, mais, au contraire, dans les terrains plus récents, que se multiplient les formes spéciales: ainsi, les terrains paléofcoïques de l'Algérie ne renferment que des espèces européennes, et il en est de môme des terrains jurassiques, tandis que les formes les plus spéciales et les plus remarquables se trouvent concentrées dans les terrains crétacé et tertiaire.
\ Voy. EciUcht. det dèuUch. geolog. Oeseilsch., ad. 1879, t. XXXI, (>. 140.