‹ Espagne, Algérie et TunisieChapitre 196 sur 285 · Description du massif de Mil ianah, p · texte numérisé non relu

Description du massif de Mil ianah, p

ROCIiES ÉftUPTIVES. nÉPAHTITION DES TERRAINS. 435

dans les régions de Milianab, de Cherchell, dans la plaine de la Métidja, etc.

En un mot, par le bouleversement des dépôts sédimenlaires, par le grand nombre de ses sources thermales et par la fréquence des tremblements de terre sur les points les plus divers des trois provinces, l'Algérie est une contrée éminemment volcauique; mais elle ne semble pas l'ôtre, quand on considère le r<Me comparativement peu important joué par les roches éruptives (porphyres, basaltes, dolérites, etc.). Aussi, les sources thermales qui dans les pays riches en roches éruptives se trouvent généralement groupées autour de ces dernières ou en suivent la direction, paraissent au contraire disséminées sans ordre sur toute la surface de l'Algérie, ainsi du moins que cela résulte de la carte de M. Bertherand '.

V. Bien que les principaux terrains soient représentés en Algérie, ils s'y trouvent très inégalement répartis, car ce sont les terrains crétacés et tertiaires qui y jouent le rôle prédominant. Aussi, aux époques siluriennes et dévoniennes auxquelles semblent appartenir en Algérie non seulement les quelques affleurements isolés caractérisés par les fossiles de cet âge, mais encore les gneiss, granités, schistes cristallins et les cal-

1. Il y a bien peu de pays qui possèdent, comme l'Algérie, un aussi grand nombre de sources thermales et minérales remarquables par la variété de leur composition chimique et de leurs conditions thermiques. On est encore loin de connaître toute l'étendue et toute l'importance des richesses dont l'Algérie est douée sous ce rapport (comme sous bien d'autres); cependant on pourra s'en faire une idée par le travail qu'a publié M. le docteur Bertherand dans le Bulletin de la Soc, des se. phys., nat. et climalol. d'Alger. Alger, 1875. Ce travail, intitulé : Des sources thermales et minérales de l'Algérie (Ibid. , p. 101), est accompagné d'une grande carte où se trouvent consignées les eaux indiquées par des teintes qui se rapportent à leur composition chimique ; le nombre de ces eaux, tel qu'il résulte de la carte, est de 160. M. Bertherand les divise en groupes suivants, ne comprenant que les sources les plus importantes, dont plusieurs analysées : Eaux alcalines au nombre de 7 : température de 27 à 0(] degrés; eaux arsenicales, 4; eaux bromo-iodurées, 2; eaux ferrugineuses, tî : température, 1 i à 78 degrés; eaux gazeuses simples, 5 : température, 10 à 18 degrés; eaux salines, 47 : température, 13 à 95 degrés; eaux sulfureuses, 37 : température, lia 70 degrés; eaux thermales simples, 14 : température, 24 à 43 degrés,

caires alternant avec ces derniers, à ces époques, dis-je, toute cette partie de l'Afrique comprise entre le Maroc et la Tunisie, a dû se trouver réduite à un certain nombre d'Iles surgissant au milieu de l'immense océan, qui recouvrait alors l'Europe et ne laissait percer au travers de ses ondes que quelques masses insulaires, seuls représentants des continents qui coustituant aujourd'hui l'Espagne, la France, l'Angleterre, l'Allemagne et la Russie d'Europe, mais à l'exclusion de l'Italie dont rien ne présageait encore l'existence. Parmi toules ces masses insulaires, les plus étendues étaient celles qui embrassent l'espace occupé aujourd'hui par la Suède et la partie occidentale de la Russie d'Europe ; cette dernière étant séparée par uue vaste mer d'une autre tle élargie du nord au sud et qui représentait déjà assez complètement la chaîne méridienne de l'Oural. De môme, bien que la Caspienne et la mer Noire ne formassent alors qu'une seule nappe d'eau recouvrant une partie de la Russie d'Europe et se confondant probablement avec la mer Glaciale d'aujourd'hui, cependant le Caucase surgissait déjà à travers celte mer sous forme d'une longue chaîne, s' élevant aujourd'hui entre les deux bassins dont l'apparition n'eut lieu que beaucoup plus tard.

Parmi les îles qui à ces époques (silurienne et dévonienne) composaient l'Algérie et le Maroc, figuraient les parages d'Alger, de Philippeville, de Bone, les contreforts méridionaux du Djurjura, les quelques lambeaux siluriens et dévoniens du Sahara et le massif montagneux de Djebel-Serka dont ce dernier formait, comme aujourd'hui, une saillie représentant le bord méridional du détroit de Gibraltar, mais sans que lo bord opposé (espagnol) de ce détroit existât encore.

De même, au commencement de l'époque paléozoïque la région orientale de l'Espagne, celle où se trouve la ville de Carthagène, formait probablement un ensemble non interrompu avec la côte actuelle de l'Algérie, en se rattachant aux roches paléozoïques dont les gneiss, les micaschistes, les calcaires cristallins, etc., d'Alger, du cap Matifou, de Bone, etc., font partie ; mais cette connexité disparut de bonne heure dans

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