L'ALGÉRIE A L'ÉPOQUE PALÉOZOÏQUE
le parage des deux côtes entre Oran et Cartbagène; car tandis que cette partie du littoral espagnol resta émergée et par conséquent ne fut plus recouverte par les dépôts des formations subséquentes, la partie de la côte actuelle de l'Algérie s'affaissa dans les profondeurs de la mer et ne fut émergée qu'après l'époque tertiaire. Voilà pourquoi les roches métallifères de Carlhagène font défaut aux parages d'Oran, qui probablement posséderaient de riches mines d'argent, si les roches paléozoïques qui les renferment dans la localité espagnole avaient conservé leur ancien développement dans la direction de la côte actuelle de la province d'Oran.
11 est intéressant de voir figurer parmi les îles qui à l'époque paléozoïque composaient l'Algérie actuelle, plusieurs points du Sahara, en sorte que la région géologiquement la plus récente de l'Algérie, était précisément celle qui se trouvait déjà représentée aux époques géologiques les plus anciennes.
LETTRE XIX
Considérations botaniques. — Aperçus ingénieux de M. Gosson relativement aux conséquences que suggère la comparaison entre les flores du Maroc, de l'Algérie et de la Tripolitaine. — Importance de la flore algérienne considérée sous le point de vue de la géographie botanique. — Changements probables que le climat des contrées qui bordent le bassin méditerranéen a subit dans le cours de l'époque historique. — Espèces végétales de l'Algérie particulièrement importantes sous le rapport pratique. — E'sences forestières. — Céréales. — Vfgne. — Olivier.— Alfa. — Importance commerciale qu'acquiert cette dernière graminée. — La ramie. — Produits des règnes animal et minéral. — Marche rapidement progressive du développement des richesses naturelles du pays. — - État satisfaisant des travaux et do l'instruction publics. — Parallèle entre la colonie française et les Indes britanniques sous le rapport du mouvement progressif et des chances d'avenir qui en résultent.
Bone, le 22 mai 1878.
L'aperçu rapide que, dans ma dernière lettre j'ai, essayé de tracer de la géologie de l'Algérie, ne se rapporte qu a l'un des éléments dont se compose le tableau physique, d'une contrée, en sorte que pour compléter ce tableau je devrais également faire ressortir les traits les plus saillants de la flore algérienne. Toutefois, comme l'Algérie a été bien mieux étudiée sous le rapport botanique que sous celui de la géologie, et que, d'autre part, je vous ai fréquemment signalé dans mes lettres la végétation des diverses localités que j'avais parcourues, je crois d'autant plus devoir me borner à ces données, à la vérité fragmentaires, que M. Cosson a déjà suffisamment fait connaître la végétation de l'Algérie dont une flore complète ne tardera pas à paraître. De plus, mon savant ami et confrère a bien voulu me communiquer les résultats de ses études sur la flore de la Cyrénaïque, de la Tripolitaine et du Maroc, de