‹ Espagne, Algérie et TunisieChapitre 247 sur 285 · Appien, loc cit., L. VIII · texte numérisé non relu

Appien, loc cit., L. VIII

héroïne, après avoir accablé son mari d'imprécations, se précipita dans les flammes avec ses enfants1.

Appien nous apprend qu'en présence de toutes ces horribles scènes, Scipion versa des larmes et récita ces vers d'Homère * : « Un jour viendra où Ton verra s'écrouler la sainte Illion, de même que Priamus et le peuple du roi belliqueux. » Àppien ajoute que lorsque Uéminent historien Polybe, qui accompagnait Scipion, lui demanda la cause de celte réminiscence poétique, celui-ci répondit que les flammes qui dévoraient Carthage lui faisaient faire un triste retour sur Rome8. Les paroles du conquérant romain furent singulièrement prophétiques, car, environ six siècles après la destruction de la célèbre cité phénicienne, ce fut un roi de Carthage, le Vandale Genséric, qui prit et pilla Rome pendant quatorze jours, en remportant à Carthage les trésors qu'elle avait si abondamment fournis à la cité des Césars; seulement, le sac de Rome par les Vandales ne fît point disparaître les beaux et nombreux monuments qui y existent encore, tandis que, sous le bras de fer des Romains, Carthage tout entière fut réduite en poussière ; c'est ce qu'affirme positivement Orose, qui, probablement, puisait ses renseignements à des sources perdues aujourd'hui. Or, cet historien, disciple de saint Augustin, nous apprend qu'après avoir complètement pillé Carthage, les Romains non seulement

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