‹ Espagne, Algérie et TunisieChapitre 249 sur 285 · CARTHAGE SOUS LA DOMINATION ROMAINE · texte numérisé non relu

CARTHAGE SOUS LA DOMINATION ROMAINE

rasèrent tous les édifices, mais même réduisirent en poudre les pierres dont ils étaient construits : « Omni murait lapide in pulverem comminulo1. »

Après de telles dévastations, toute autre ville eût disparu sans retour ; mais la vitalité de Carthage fut inépuisable comme ses trésors, car lorsque, cent ans environ après sa destruction par. Scipion, Auguste rebâtit la ville, elle se développa avec tant de rapidité que déjà Strabon put dire3 : « Aujourd'hui Carthage est aussi peuplée que toute autre ville de la Libve. »

D'ailleurs, M. Beulé3 rapporte les témoignages des auteurs prouvant que les Romains rebâtirent les temples d'Esculapeetde Jupiter, aiusi que le temple et le palais de Didon, « auxquels, dit-il, on donna sans doute une magnificence qu'ils n'avaient jamais eue »; et comme, selon M. Davis, la plupart des matériaux employés pour ces nouvelles constructions avaient été empruntés aux anciennes, il faut supposer que, après que Scipion les eut fait disparaître de la surface du sol, un grand nombre de ces monuments, ou du moins de leurs débris, plus ou moins bien conservés, furent ensevelis s; ;«s les puissantes masses détritiques accumulées par cette prodige; * œuvre de destruction. Aussi, même après sa résurrection sous Auguste, Carthage continua à être considérée comme recelant dans son sol d'immenses trésors involontairement ou volontairement ensevelis, et Tacite4 nous a conservé à cet égard une anecdote assez curieuse. Un Carthaginois, nommé Ceselius Bassus, informa l'empereur Néron qu'il avait de bonnes raisons pour croire que, dans une caverne située près de Carthage, se trouvait une niasse de lingots d'or et même des colonnes entièrement fabriquées de ce métal. Néron fut tellement ravi de cette révélation, qu'il mit à la disposition de Bassus, pour l'exécution des fouilles, des soldats avec toute une

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