‹ Espagne, Algérie et TunisieChapitre 250 sur 285 · Tacite, Annales, XVI · texte numérisé non relu

Tacite, Annales, XVI

population de paysans, et Sa Majesté n'eut rien de plus pressé que de se livrer à un redoublement de ses folles dépenses, dans l'attente des inépuisables trésors que les dieux mêmes lui envoyaient inopinément, comme le proclamaient ses courtisans et ses poètes. Pourtant, après d'énormes travaux, Bassus se suicida, et l'on n'entendit plus parler de cette singulière affaire. Sousun maître comme Néron, il est difficile de décider si Bassus se suicida ou fut tué, et si sa mort fut la conséquence de n'avoir rien trouvé ou d'avoir trouvé plus qu'il ne convenait à Néron qu'on le sût.

Lorsque, au sixième siècle, Bel isaire s'empara de Carthage,les palais et les places fortes des Vandales renfermaient d'immenses richesses. La quantité d'argent monnayé qu'ils contenaient « dépassa, dit Procope1, tout ce que jamais on en avait trouvé dans un endroit quelconque » (pecuniœ vis tanta reperta est% quanta nulla usquam uno loco). Procope explique cette accumulation de métaux précieux en faisant observer que, d'une part, les fréquentes invasions faites par les Vandales dans l'empire romain affaibli et mal défendu, leur avaient permis de transporter en Afrique d'énormes quantités d'or {grandes auri ar , us) ; d'autre part, grâce à l'extrême fertilité du sol africain , ies Vandales purent se dispenser de toucher à ces trésors; en sorte, dit Procope, « qu'ils restèrent intacts pendant les quatrevingt-quinze années que dura la domination vandale, et ce fut ainsi que les richesses s'accumulèrent immensément (auctœ in immensum divitiœ)*. Aussi, lors de son entrée triomphale à Constantinople, Bélisaire frappa d'étonneraent la population de la capitale, par le déploiement des trésors qu'il fit dédier devant elle, et parmi lesquels Procope mentionne des trônes en or

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