PRÉFACE
Lorsque je quittai Paris pour me transporter à Alger, j'avais promis à mon excellent et vieil ami, Michel Chevalier, non seulement de le tenir au courant de tous mes faits et gestes, mais encore de publier mes relations épistolaires aussitôt après mon retour en Europe, engagement que je contractai d'autant plus volontiers, qu'en associant un nom universellement connu et estimé, à l'exploration de contrées si intéressantes pour la France, j'espérais donner à mes études un caractère de popularité également favorable à l'auteur et à son œuvre.
Diverses circonstances m'ayant empêché d'en commencer la publication immédiatement après mon retour en Europe, le manuscrit ne fut remis à mon éditeur qu'au moment même où la mort enlevait à la France Pun de ses citoyens les plus éminents, en laissant un vide irréparable dans les rangs de ses amis, parmi lesquels j'occupais une place acquise par trente années d'affection et de sympathie réciproques.
Gomme je ne pouvais plus adresser mes lettres qu'à une tombe vénérée qui venait de se fermer sur celui qui attendait avec impatience le moment de les relire, cette publication est devenue pour moi, en quelque sorte, un devoir pieux; d'ailleurs,