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LE FORT MATIFOU

et média, Spartium ferox, etc. ; ce dernier remplace ici le Çalycotome spinosa des environs d'Alger, l'un et l'autre imprimant à la contrée une belle teinte dorée. Quant aux nombreuses plantes herbacées qui émaillaient le soi, je n'en citerai que les suivantes (celles sans autre indication étaient en fleur et celles marquées d'un r sont rares en Algérie) :

Helichrytum Fontanesii, var. r. Evax asteresciflora.

Chrytanthemumsegetum (moins fréquent en Algérie que le Chr. coronarium).

Inula viscosa (en feuilles).

— graveolens (en fruit).

Helianthemum guttatum.

Anagallis platiphylla.

Ranunculus aquaticus.

Carastium glomeratum.

Arenaria tpathulata (très fréquent sur les rochers du littoral), r. Celsia betonicœfolia.

Euphorbia exigua.

r. Tetragonolobus bifbrus.

Phaca bœtica.

Crithmum maritimum (en feuilles).

Frankenia lœvis (id.).

Lonicera implexa.

Polycarpon tetraphyllum.

r. Statice sinuata (cultivée en Europe

comme plante ornementale), r. Statice Gougetiana.

Passer ina hirsuta.

r. AtUhericum bicolor.

Trichonema bulbocodium.

— columrue.

Iris tisyrinchium.

La hauteur qui porte le fort et le phare de Matifou est composée de granité et de micaschiste; le premier renferme de larges tablettes de mica et de quartz ; près du phare on voit une dénudation où le micaschiste est infraposé au calcaire cristallin micacé, de teinte blanchâtre.

Quand on considère que sur le littoral compris entre le nouveau fort et le cap Matifou, les calcaires, granités, gneiss et micaschistes, se succèdent à plusieurs reprises, on est porté à admettre qu'il y a alternance entre toutes ces roches, ainsi que cela est positivement le cas dans les environs d'Alger; il devient dès lors probable que, malgré les différences oryctognostiques entre les calcaires des deux localités, ils se rattachent aux mêmes terrains paléozoïques, quoique peut-être à des étages différents.

Les granités, micaschistes et calcaires ne paraissent pas s'étendre au sud du fort Matifou, car, en descendant la hauteur qui le porte, on voit aussitôt apparaître les grès à grain fin, si largement développés dans la région littorale que nous

avions traversée depuis le fort de l'Eau. C'est même à cette roche qu'on a emprunté le matériel employé à la construction du fort Matifou. Les grès passent à un conglomérat très solide, qui se trouve mis à nu dans un des couloirs du fort, taillé dans ce conglomérat; celui-ci est composé de fragments de diverses roches plus ou moins solidement agglutinés, parmi lesquels j'ai observé de gros morceaux d'un trachyte gris que je n'avais nulle part vu en place, mais qui, sans doute, doit se trouver dans la contrée limitrophe.

Le fort Matifou est en voie de construction ; les travaux sont très avancés, et quand ils seront achevés, celte partie de la côte algérienne possédera un point stratégique extrêmement important dont, sans doute, on ne sera jamais dans le cas de se servir contre les Arabes.

Nous descendîmes du fort Matifou dans la plaine et retournâmes à Alger par la même route que nous avions faite.

Comme notre départ définitif est irrévocablement fixé au 7 avril, je profiterai du peu de jours qui me restent encore pour vous dire quelques mots sur les conditions climatériques dans lesquelles nous nous sommes trouvés à Alger pendant un séjour de quatre mois.

L'hiver que nous y passâmes avait été, sous tous les rapports, un hiver éminemment anormal. Le mois de décembre (1877) fut pluvieux, ce qui rendit l'atmosphère assez humide pour que les soirs on éprouvât quelquefois, sinon la nécessité, du moius du plaisir à avoir du feu. Les pluies fréquentes et copieuses avaient causé de fortes inondations, notamment dans la plaine de la Metidja ; aussi la ligne du chemin de fer entre Alger et Oran fut interrompue pendant plusieurs jours.

Un tel début de la saison d'Alger n'était guère de nature à attirer un nombre considérable d'étrangers, d'autant plus que la petite vérole sévissait daus la ville, déjà depuis deux mois, en s'attaquant non seulement aux quartiers arabes, mais aussi à la partie européenne de la ville, et le chiffre de la mortalité se maintint pendant assez longtemps à 10-15 individus par jour, ce qui était déjà passablement considérable pour une

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