‹ Espagne et beauxarts mélangesChapitre 2 sur 36 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Je tiens pour bon que les choses extraordinaires, et qu'on n'a peut-être jamais ouïes ni vues, viennent à la connaissance de tout le monde; car il peut se faire que tel qui les lira y rencontre quelque chose d'utile , et que ceux qui ne pénétrent pas si avant trouvent du moins à s'en amuser. Pline dit, à ce sujet, qu'il n'y a pas de livre si mauvais qu'il ne s'y trouve à prendre quelque chose de bon ; d'autant plus que les goûts ne sont pas les mêmes , et que l'un aime avec passion ce que l'autre ne peut supporter. Pour cela, je pense qu'il ne faut détruire aucun ouvrage , s'il n'est tout à fait détestable , et que mieux vaut le communiquer à tous, surtout quand il n'offre aucun danger, et qu'on peut en tirer quelque fruit. S'il en était autrement, bien peu d'hommes écriraient pour un seul, car cela ne se fait pas Bans travail, et puisqu'ils prennent cette peine, ils veulent en être récompensés, non par de l'argent , mais par la lecture de leurs œuvres , et par des louanges , si elles en méritent. Cicéron dit , à ce propos, que les honneurs enfantent les arts. Croit-on que le soldat qui monte le premier à la brèche haïsse

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