CHAPITRE V
Comment Lasarille ho mit au service d'un moine de la Merci, et de ce
qui lui arriva.
Il fallut chercher le quatrième , et ce fut un moine de la Merci auquel m'adressèrent les voisines, qui l'appelaient leur cousin. C'était un ennemi déclaré du chœur et du réfectoire, chaud partisan des courses au dehors, et grand amateur de visites et d'affaires du siècle ; tellement que je suis sûr qu'il usait à lui seul plus de souliers que tout le monastère. Ce fut lui qui me donna les premiers souliers que j'aie mis en ma vie ; mais ils ne durèrent pas huit jours, et je ne pus moi-même durer plus longtemps à suivre son trot. Pour cela, et pour certaines privautés que je passe sous silence, je m'éloignai de lui.
LAZARILLE DE TORMÈS