‹ Espagne et PortugalChapitre 113 sur 181 · ROYAL · texte numérisé non relu

ROYAL

iCliché Je l\iuleur.)

portait une salle funéraire octogonale avec une coupole de 30 m.

de diamètre et deux étages de chapelles latérales répondant aux côtés. La construction en ayant été interrompue vers 1 520, le nom de capellas Imperfeilas leur est resté (/n/. , p. 342).

Par l'ensemble de ses caractères, l'abbatiale de Batalha appartient au groupe gothique français de la fin du Xlll s. et du début du XIV" s. qui compte les cathédrales d'Amiens, de Reims, Samt- Urbain de Troyes et, notamment, l'église reproduite sur le Parement de Nar bonne (M. du Louvre).

Par quelques détails d'importance secondaire, elle se rattacherait à l'architecture anglaise. D autre part, le plan de l'eglise proprement dite se rapproche beaucoup du plan cistercien, primitif, de la cathédrale d'Evora. Mais où la distinction s'établit avec la plupart des édifices antérieurs, c'est dans le trace général en forme de clef, dans la disposition des chapelles annexes et dans la substitution des terrasses aux toitures inclinées.

Santa Maria a été longtemps tenue pour l'œuvre d'un architecte anglais nommé Hacket.

Or, il est manifeste que jamais un constructeur venu du Nord n'eût projeté des toitures en terrasse et que jamais, non plus, il n'eût recouru à des coupoles étoilees sur trompes de pur style oriental. D'autre part, au début du XV' s., il eût multiplie les divisions

. 1 1 1- • • j 1"' '>"|i5- — Baialha. Sama -Maria.

et les subdivisions des ^ . ^

Cloître royal.

voûtes. En vente, lèpre- laiché de i\u(teiir.)

mier architecte de Batalha fut un Portugais nommé Afîonso Dominguez et le second, maitre Huguet, était français, si l'on en juge à son nom très clairement écrit dans les archives royales de Torre do Tombo. Ce nom d'Huguet fut une première fois changé en celui d'Aquete par Soares da Silva (Mémoires de Dom Joào 1^0.

Puis, vint Murphy, le célèbre historien de Batalha (1789-1790), qui crut reconnaître en Aquete un nom anglais mal transcrit et l'orthographia Hacket. Telle est l'origine d'un malentendu d'autant plus persistant que la reme Dona Philippa de Lancastre, durant la vie de qui les travaux furent entrepris, était petite -fille du roi d'Angleterre Edouard 111. Depuis que cette hypothèse a été abandonnée, l'on a suggéré que l'abbatiale était une copie de la cathédrale de Burgos (fig. 286).

Or, non seulement les chevets s'opposent à tout rapprochement entre ces deux églises, mais la chapelle du Condestable,que 1 on a comparée aux chapelles Imparfaites, est péniblement greffée sur le déambulatoire

{sup., p. 226) et fut projetée en 1487, alors que le soubassement des chapelles Imparfaites était sorti de terre depuis plus de quarante ans.

Bien que la cathédrale d'Evora (fig. 641) et celle de Palma (fig.

302) présentent ou aient présente des terrasses, leur emploi n'a été franchement développe que

EvoRA. — Hrmida de San Braz i i - i- r

(SAINT BiAisEi. dans les églises françaises (Cliché de railleur.) de l'île de Chypre. A 33o — ^

Fi(.. ("qu. — Baiai.ma.

Sama Maria.

l-'dNiAiNK i>u ci.dirRi:.

(Cliché \'iciiiiile de Caiideixa.)

Fig. 65o.

65 1. — Bkagança. — Antiga Casa do Sknado.

f(.7(\/ii' liicl.)

— CHYPRE L/r LE rOKlUGAL SOUS JOAO I" i

Saint-Jacques et à Saint- Nicolasde Famagouste, a Sainte-Sophie de Nicosie, non seulement la couverture en terrasse, non seulement la façade avec ses grands [lartis horizontaux, mais les arcs-boutants, les fenêtres, la coupe transversale, 1 éclairage des têtes de la nef et des collatéraux sont identiques aux dispositions architectoniques de Santa Maria da Victoria. Il serait audacieux de conclure de ces ressemblances a une imitation. Et pourtant, les rapports du Portugal avec Chypre étaient tels à cette époque que la couronne des Lusignan fut offerte au fils de

Joào 1'', à l'infant Dom Hennques dont le tombeau se trouve précisément dans la chapelle funéraire de Batalha. Il se pourrait qu'Huguet ait fait partie de ces compagnies de francs-maçons qui allaient offrir leurs services de royaume en royaume, qu'il ait exercé son art dans les iles orientales de la Méditerranée, peut-être en Chypre, et que par cela même le choix de Joào I" se soit arrêté sur lui. Quant aux analogies relevées entre 1 église de Thomar et la chapelle funéraire de Batalha, elles s'expliquent aussi. Avant de monter sur le trône, Joào I*^^ était maitre de l'ordre d'Aviz en relation étroite avec l'ordre du Christ qui avait hérité les biens des templiers et enrôlé les membres actifs de l'ordre dissous. Il est donc 33, ^ — ___ ——

Fiu. 652 — N'ianna i)()Casm:li-

Maison armoriée.

(Cliché Hiel.i

FiG. 653. — Leiria.

Château de Dom DrNiz.

(Lci'é d'Ernesto Korrodi.)

concevable qu'en signant l'acte de donation aux dominicains il leur ait prescrit de rappeler dans une annexe de Santa Maria les traits caractéristiques de l'eglise de Thomar et, par conséquent, la disposition imitée de la Koubbet es Sakhra {sup., p. 325). Il n'est pas jusqu'au plan (fig. 645) dont le tracé n'attesterait un emprunt fait à l'Islam. Il reproduirait la clef symbolique gravée sur la porte de Justice de l'Alhambra (sup., p. 213). L'anneau est figuré par les chapelles Imparfaites ; le canon, par l'église ; le panneton, par la chapelle du Fondateur. Philippe II, pour accomplir un vœu fait devant Saint-Quentin, voulut que le plan de l'Escorial rappelât le gril de saint Laurent. Sur le champ de bataille d'Aljubarrota, Joâo L', qu'une tradition ininterrompue avait initié a la connaissance des mystères orientaux du Temple, n'aurait-il pas pris un engagement secret analogue ?

Dans un autre ordre d'idées, si l'on compare les clôtures du cloitre (fig. 647 a 649) a celles du cloitre de la cathédrale de Ségovie {sup., p. 222 ; fig. 438), l'on sera frappé de leur ressemblance. Peut-être les deux clôtures sontelles des interprétations nmdéjares des moucharabiehs (grillage de bois très serré mis devant les fenêtres) ? L'Orient aurait d autant plus le droit d'en revendiquer le modèle que, si les miradores ont remplacé en Espagne les grillages musulmans, l'emploi de véritables moucharabiehs s'est perpétué en Portugal (//?/., archit. mudéjare, p. 347).

Quelques églises, intéressantes à divers titres, peuvent être ratta-

l"i<i. 054. • — Lkihia.

Ci1ATI':AU llK l)(l,M DlNIZ.

(Reconstitution pa)- /.'. Kurninij

•"k;. (")55. — HvoRA. (^ATiiÉniiAi.i;.

SiAiric Dr poHCHi; ()'. fi^j;. 040.)

(Cliché de r,iiilciir.)

CATlIF.DRAI.r.S ET ÉGLISES (.() I IIIQUES

c\\^es soil au roniiin de transition,

soit au gothique. Ce sont : a San-

tarem, les églises de Sào Joào

do Alporào (aujourd'hui, M.

archéo.), de Santa Maria de

Marvilla (1244), de San Francisco (xiir s.) avec un cloitre

Intéressant et du couvent de

Graça (gothique fleuri, revêtement en carreaux de faïence du

XVlll s.) ; à Thomar, le cloitre do

Cemitario, construit vers 1430

par l'infant Dom Henriques

(fîg. 632) ; à Leiria, dans la

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