‹ Espagne et PortugalChapitre 120 sur 181 · I NUNO GONÇALVES. - LE MAITRE DE TAROIJCA · texte numérisé non relu

I NUNO GONÇALVES. - LE MAITRE DE TAROIJCA

(fig. 685) donl un autre portrait — sans doute du même maître — se trouve dans la Chronique de Gomes Eannes (fig. 682) et, au-dessous du saint, le roi Affonso V agenouille.

Des liens artistiques existent entre Nuno Gonçalves et les maîtres flamands et bourguignons, mais, des sa jeunesse, l'école de peinture portugaise n'en affirme pas moins son individualité. Le type ethnique si caractéristique et si bien observé puis la gamme colorée l'y aident puissamment. Comme l'auteur fut nomme peintre du roi

que

Henri

le Navigateur mourut en 1460, 1 on est conduit à placer l'exécution du triptyque entre ces deux dates.

L'école du Nord, qui se constituait a la même époque que l'école de Lisbonne, est-elle aussi magnifiquement représentée. Vers 1510, le Maître de Tarouca peint pour l'église de cette ville un Saint Pierre et un Saint Michel d'un réalisme puissant. 11 a pour eleve Vasco Fernandez dit Grào Vasco.

Grâo Vasco serait né à Vizeu, dans un moulin qu'exploitait son père, et aurait été envoyé en Italie par Manoel 1". Bien qu'on ait trouvé des documents anciens où figurent des peintres nommes Vasco, Velasco, Velascus (Velàsquez en espagnol), l'artiste ne paraît pas mentionne d'une manière formelle avant 1 630. Le Calvaire, une réplique du Saint Pierre du Maître de Tarouca, la Pentecôte, le Martyre Je saint Sébastien, le Baptême du

Fio^ Oqô. — .Mariage

DE LA Vierge.

(Musée de Lisbonne.)

(Cliché de Vau'.eur.)

FiG. 607. — La Vieri'.e,

l'Enfant Jésus

et deux anges.

(Musée de Lisbonne.)

Christ avec une admirable tête de Christ et le Saint Pierre (cath. de Vizeu), attribués à Grào Vasco, sont parmi les plus belles pemtures du XVl' s. commençant (fig. 687). La tête de l'apôtre, la tiare. les ornements, les scènes secondaires, les tours gothiques de Rome semblent l'œuvre d'un peintre flamand ; les détails du trône rappellent par leurs formes classiques la Renaissance française introduite en Portugal par Nicolas Chatranais et Jean de Rouen, mais le modèle est indigène et dénote que cette oeuvre, bien peu connue malgré sa magnificence, fut elle aussi exécutée en Portugal.

Le Fons Vitœ de Porto (2 m. 25 sur 2 m. 70) pose, à son tour, un problème dont la solution n'a pas été donnée (fig. 688). Jésus crucifié s'immolant pour

la rédemption des hommes, la Vierge anéantie par la douleur,

son beau visage inondé de larmes, ses vêtements vert foncé, les

étoffes pourpres où saint Jean s'enveloppe, jusqu'au ciel tragique,

jusqu'au paysage, sont d'un très

grand maître. De même aussi les

portraits de Manoel L' (1495-

1521), de Dona Maria, sa seconde

femme, et de leurs nombreux enfants agenouillés au pied de la

Croix. Quel fut ce maitre ? On

ne saurait songer a Hubert Van

Eyck, ni à Memling, dont on a

proposé les noms, ni même à

Grào Vasco. Le style de l'auteur

du fons Vitœ est trop différent du

leur. Puis, les portraits royaux

furent peints entre 1515 et 1 520

et, à cette époque, les Van Eyck

et Memling étaient morts. Le seul

-, 1 11. ' . Fig. 6u6 — Cakvalho

point hors de doute, c est que Santa Catalina.

l'artiste avait été eleVe dans un iMusée dn l'rado ) iCUche Lacoste.)

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