ig.94. — cordoue. — mosqlék
Nef i:t bas-côtés, maksoi'ra i:t miiihais (N'oir (If^. 6H, luS .
lI.ci'C cl demain de l\iulciir.)
l-OK ll.ULSSES ORIENTALES ET OCC IDENTALES
de Kairouan (ix' s.) et, en Espagne, a
Mérida, Cordoue et Santa Cristina de
Lena (lig. 126, 192, 138— vi'. viii',
ix' et X s.). Plus tard, soit simples,, soit
doubles, soit a l'intérieur, soit a 1 extérieur des demi-coupoles ou des coupoles,
les cannelures rayonnantes deviendront
un motif classique des architectures
musulmane et chrétienne.
Ce qui vient d'être dit à propos des
voussures outrepassées et polylobées
s'applique au chapiteau-tailloir. 11 apparaît dans les monuments antiques de la
Perse (rig.24, 26, 27, 32, 33, 35, 36) et de
la Palestine (Kasr Kharâneh, fig. 26) et il
persiste, depuis la Mésopotamie jusqu'en
France, dans les églises et dans les
mosquées construites au cours des trois
siècles qui suivirent l'hégire (fig. 99, 100,
104, 132, 215). Son importance tient a sa liaison avec les autres
thèmes empruntes aux arts de l'Iran.
Les relations constatées entre l'eglise et la mosquée primitives furent encore plus étroites entre les forteresses orientales et occidentales.
En arrivant en Terre Sainte, les Croisés Ignoraient à ce point lart des sièges qu'ils durent engager des ingénieurs chaldéens. On sait, en outre, que la réforme de l'architecture militaire du Moyen Age eut pour point de départ le célèbre château Gaillard (1197-1198). Or, ce château, construit par Richard Cœur de Lion à son retour de Palestine, est copié sur les châteaux des Croisés, qui sont eux-mêmes des imitations fidèles des forteresses sarrasines. Concurremment
avec le château Gaillard, le château Fig. q5. — Koiubet es Sakiira. 1 /^ 1 i - • 1 1 ■ j-
' DÉAMBiiAToiRE. "^ Cjaud bdti dans les mêmes condi-
(ciiché (jnirieiiemoni.) tions et vcis la même époque que la
ESPAGNE
place française et, peutêtre, les forteresses espagnoles construites sur le modèle des forteresses musulmanes aidèrent a la diffusion des méthodes orientales. Les Grecs et les Romains, qui n'atteignirent jamais a l'habileté et à la science des ingénieurs chaldeoperses, n'eurent aucune part dans cette évolution.
Quant aux Byzantins, ils bâtirent des fortifications correctes, mais ils s'étaient perfectionnes, dans l'art de tracer et de profiler les ouvrages defensifs, au contact des Asiatiques. Ils sont donc
FiG.gô. — Jérusalem. — KouBP.Eri;s Sakhka ou Mosquée d'Omar (vari. ;.').
(ClicM lidiijilx.}
Fiù. 97- — Pai,ais de Firouz-Abad.
Voussure en arc de cercle outrepassl.
{l'orles intérieures ; voir fig. 20, 22.)
{Levé et dessin de l'auteur.)
aussi hors de cause
Ce serait sortir du cadre de ce travail que conduire plus avant une étude écrite pour servir d'introduction a l'histoire générale des arts de l'Espagne et du Portugal. Si elle était poursuivie dans tous les pays musulmans, on verrait combien y furent durables les effets de la pénétration réciproque des
deux grandes civilisations représentées par l'église et la mosquée. Certes, en terre chrétienne, les milieux traversés réagirent de toute la puissance de traditions encore vivantes ; les arts dont l'union s'était accomplie sous 1 egide de la Perse n'y exercèrent pas moins une influence décisive. L'Espagne fut leur puissant intermédiaire. En le montrant, je mettrai le sceau aux recherches que j'entrepris il y a près d'un tiers de siècle.
Quand mes premières études parurent et que j'y révélai le rôle dévolu à la Perse dans l'élaboration de l'architecture occidentale du Moyen Age, le résultat en parut paradoxal. Depuis, un revirement s'est produit et, durant ces dernières années, nombreux sont les auteurs
ARC III I hL III RI: SICILIENNE
FlG. 98. — JÉRISAI.E.M. — KOUBBKT
ES Sii.sii.K. {vari. ■/).
(Cliché HonJUs.)
qui ont puisé dans mes
travaux comme en un bien
commun, je le constate
avec quelque fierté ; je ne
cacherai pas non plus la
satisfaction que j'eprouvc
a le due.
Lecole de Sicile tient
dans le groupe oriental
une place analogue a
celle des écoles mudé-
jares, qui seront bientôt
étudiées. Elle participe
de l'art musulman apporté dans l'ile par les Fa-
timites d'origine persane,
dans la première moitié du ix' s. et de l'art que les Normands y
introduisirent en 1072, après la conquête qu'en fit Roger 1'. Encore,
sous le règne de Roger II (I 1 1 I-l 154), un tiers de la population
était musulmane. A Palerme, la Martorana (xil' s.) présente la
coupole sur trompes perse (fig. 101) et l'ogive musulmane (fig. 102 ;
comp. fig. 74), et les chapiteaux du portail occidental procèdent des
mêmes modèles que les chapiteaux seldjoucides de quelques édifices de Konieh (Sirtcheh médresse, 1242 de J.-C.) ou voisins de cette ville (caravansérail de Soultan Khan, 1 229- 1278). La chapelle palatine (1232) associe l'ogive musulmane et la coupole sur trompes perse a des plafonds a stalactites de pur style iranien et à des plafonds sur solives semblables a ceux de la mosquée de Cordoue ; mais la nef est celle d'une basilique (fig. 103).
Deux palais de Palerme, la
„ . ,. , . Cuba et la Ziza, sont, eux aussi,
l'KlOQ. — SA.MARRA.— rENl IRK POI.Yl.OBl r.
(Dessin de i\uiU'ur) d Un stylc étroitement appa-
MMlMfcMinB IHi Wl ■■ :SB ■■KSS
ESPAGNE
FlG.lOU, 1<AC1,.\. l'h.Nhl HACjHAVEUGLE.POLYLOBÉ.
(Cliché H. Viollet.)
rente au style persan.
Le plan de la salle centrale de la Cuba est, en effet, un décalque du plan B de Sarvistan ; celui de la Ziza se rapproche du plan A.
L'Italie méridionale, acquise de bonne heure aux arts byzantins, résista mieux que la Sicile à l'influence des arts musulmans. Cependant on peut citer de nombreux édifices où les formes islamiques triomphent, notamment la chapelle funéraire de Bohemond {']' 1111) à Canossa avec sa coupole établie sur plan carré et sa porte de bronze damasquinée d'argent, d'un caractère tout oriental.
En tant que construction, l'architecture lombarde elle-même, dont le? origines ont été àprement débattues, semble également née d'un rameau détaché de l'arbre sicilien et greffe sur le vieux tronc classique. Que l'on considère d'anciennes églises telles que Saint- Amboise et Saint-Nazaire de Milan, Saint-Michel-Majeur (fig. 1 05), Saint-Pierre in Ciel d'Oro de Pavie, la cathédrale de Parme (fig. 106), Saint-Abondio de Côme, jusqu'au palais dit de Théodoric a Ravenne (vill ou IX s.) et, dans tous ces édifices, l'on retrouvera les traits formels et des caractères indéniables de l'architecture iranosyrienne introduite en Sicile par les conquérants arabes :
coupoles sur trompes, coupoles octogonales nervées, colonnes cantonnées dans les angles des piles, chapiteaux-tailloirs (fig. 104; comp. fig. 24. 26, '
-T7 O? IAA^ 1- 1'""'- 'O'' — PALFRiME. — MORTARANA.
27, 33, 100), arcatures déco- ,,-,^„^,p^^ ^^ ^^ ^^^,p^^^
ratives des palais de Firouz- (CUché Hroi^i.)
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