‹ Espagne et PortugalChapitre 25 sur 181 · ORIGINE DE E ARC OUTRERASSE · texte numérisé non relu

ORIGINE DE E ARC OUTRERASSE

tifs, empruntes a la Perse. Ce sont, par exemple, la couf)o!c sur trompes, les contreforts extérieurs, les voûtes et les colonnes en brique ou, à leur défaut, en dalles mmces, les chapiteaux-tailloirs,

les arcades décoratives et la division des archivoltes en autant de membres qu'il y a de supports groupes en faisceau, le plan des sanctuaires en arc outrepassé. Ces motifs se retrouvent, en effet, non seulement dans les monuments de Sàmarrà, d'Abou-Dolaf, d'el Achik (Mésopotamie, IX s.) et de Racca (ancien Nicephonum, près d'Edesse, IX*^ s.), dans les grandes mosquées de Damas, de Jérusalem, de Kairouan, de Cordoue (vill et ix' s.), mais dans les églises construites entre le v' et X s. dans la Syrie centrale, en Lycaonie, en Cilicie, en Cappadoce, en Egypte, en Arménie et, avec des variantes, dans le Bas- Empire (comp. fig. 68, 73, 76, 93, 94, 195 avecfig. 79, 83 a 87).

L'étude des thèmes décoratifs n'est pas moins concluante. La difficulté que les Perses avaient à se procurer du bois pour construire des cintres les avait conduits, quand la pierre abondait et que la brique était rare, a user d'artifices. C'est ainsi qu'a Firouz- Abàd les moellons, montés d'abord par assises horizontales, sont ensuite I jetés en chevrons sur l'ouverture. Un enduit de plâtre corrige les inégalités. Afin de réduire la charge, 1 ouvrier cherchait le plus grand cercle à inscrire dans le polygone formé par les saillies des moellons, et plusieurs fois l'angle au centre du secteur se trouva dépasser

Fiii. 86. — K..\i<A K.II.ISSA [genre n.

CoUPOl.K Sril TUO.MPKS.

FiG. 87. — l-'ci.isi-: dA.m ■.vari de slylf perse : conip. lii^. i5.

'A et iircatures , ig. Ixx 30).

ESPAGNE

Vlij. 88. — KOLM. — TO.MBIÎAUX DES <^1IEIKS.

iClichc de r auteur.}

180 degrés (fig. 20, 22, 97). La courbe ainsi décrite parut sans doute gracieuse, puisqu'elle se rencontre dans la majorité des édifices perses préislamiques et que, dans le palais de Rabbath-Ammàn, elle est même employée d'une manière systématique.

L'arc de cercle outrepassé, l'arc en fer a cheval et l'ogive légèrement outrepassée telle qu'elle apparaît dans les grands arcs de Rabbath- Ammân, atteignirent la Lycaonie (fig. 85), la Cappadoce (fig. 83) et l'Arménie, descendirent en Palestine, passèrent en Egypte, longèrent la côte nord de l'Afrique, aboutirent, d'une part, en Sicile et, de l'autre, en Espagne. Dans cette dernière direction, les traces de leur passage ont été relevées à Damas (fig. 73, 91) (parties les plus anciennes de la grande mosquée — 708 de J.-C), au Koséïr Amra, a Jérusalem (mosquée el Aksa — viu' s., et mimber du Haram ech Chérif) ; en Egypte (mosquée de Touloun, fig. 73, 74 — IX s.) ; en Tunisie (mosquée Zeïtouna,

fig. 9-3 — 732 de J.-C).

Vers la même époque (vi l et VI II' s.), les arcs outrepassés étaient également employés au cœur du Turkestan chinois, au Nord-Ouest de Koutchar,

dans les Ming-ni (Mille-Maisons) de Kyzil, grottes creusées de main d'homme en pleine période bouddhique, avant la conquête musulmane. Et la preuve que ces arcs sont bien originaires de Perse, c'est que, depuis la Perse jusqu'à Koutchar, la route est comme jalonnée par des édifices voûtes semblables aux palais de Firouz-Abàd et de Sarvistan, par des berceaux tournes sans l'aide

Fig. 8g. — Coupolk nervée

DE 1. ÉGLISE d'AkIU'AT.

(De sin de Clwiay I

l/ART PERSE EN EXTREME-ORIENT

FiG. ÇO. — ISPAIIAN. — SaHN DK I A MESDJID DjAMI.

(Clichc de l'aiiL-ur.)

de cintres, par des ornements, des sculptures et des peintures iraniennes et gréco-iraniennes, des monuments et des manuscrits manichéens et chrétiens, des monnaies, des orfèvreries et des étoffes sassanides. La pénétration des arts antiques de la Perse en Chine, au Japon, a été mise en pleine évidence par la mission allemande von Le Coq dans le Turkestan (1903-1907), par les missions françaises d'Ollone dans la Chine occidentale (1906- 1908),

Pelliot dans le Turkestan chinois ( 1 906- 1 909) et Chavannes ( 1 907- 1 909) dans la Chine orientale et par mes propres e'tudes (Sup., p. Vil, Vlll, 22, 23, 29). En même temps que la voussure outrepassée, l'arc polylobé du Tag-e Kesra (fîg. 29, 34) et du Kasr Touba (fig. 38) s'était introduit dans les architectures musulmane et chrétienne.

Dès le IX s., les fenêtres de la mosquée de Sàmarrà (fig. 99), les arcades décoratives du palais de Racca (fig. 100) et les meurtrières de Santa Cristma de Lena en Asturie (fig. 1 38), en présentent de beaux exemples.

Enfin les arcatures aveugles qui or-

Fig.o..-Da.v,.as.- Minaret ^^^^ j^ f^^^jç J^^ p^j^j^ J^ FilOUZ-

,ciidwCo!,r!eik>,n,nu Abàd et de Kharaneh (fig. 1. 16)

ESPAGNE

FiG. 92

Ai.EP. — Grande Mosquée.

iClichc S.iladin I

apparaissent aussi sur les édifices tant musulmans que chrétiens (fig. 100,

L'on a prétendu que les décors épigraphiques et géométriques avaient été imaginés pour suppléer a la représentation des êtres vivants défendus par Mahomet. Il y a du vrai et du faux dans cette assertion. Quoi qu'il en soit, la recommandation de la Sounna est a peu près respectée dans la mosquée. 11 n'est donc pas étonnant que l'architecte musulman se soit ingénié à perfectionner les réseaux géométriques, à leur associer des rinceaux et des fleurs et a chercher dans les inscriptions koufiques les ornements que ses ancêtres avaient demandes aux caractères cunéiformes et que les chrétiens emprunteront aux alphabets gothique et romain. Les cannelures rayonnantes de style sassanide caractérisées par la position du centre au bas de l'ornement (fig. 33), cannelures dont

les pectens provenant du golfe Persique avaient, sans doute, fourni le gracieux modèle, ont été signalées sur les trompes du palais de Sarvistan, au-dessus de la porte intérieure qui donne accès dans le château d'el Okhaïdher, dans les tympans des arcades gravées sur les chapiteaux de Tag-e Bostân {sup., p. 6, 1 0, 1 8).

Dès le II s. de J.-C, une coquille disposée comme les précédentes forme la demi-coupole qui couvre la tribune en hémicycle du prœtoriuni de Phaena (fig. 78). Apres l'hégire, le même ornement se retrouve dans le palais de Racca (fig. 100), la mosquée SidiOkba

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