SAN MIGUEL DE ESCALADA
FlG.
i5(). — Banos. San Jian.
(^ÙTK I)K 1. Kl'iïRE.
(Clichc de l\iulctir )
cl Astorga. Elle se compose d'une nef. de collatéraux, d'uncancel sépare de la nef par une iconostase (fig. 1 52, 156) semblable a la clôture de Santa Cristina de Lena (hg. 1 39), d'une abside, de deux absidioles et d'un porche latéral, analogue à ceux de San Salvador de Priesca et de San Salvador de Valdedios (siif)., p. 66).
L'mfluence directe de l'architecture musulmane se reconnaît a la présence des modillons à copeaux {inf., p. 90) et surtout a l'emploi systématique de l'arc outrepassé de la fin du khalifat — substitue au fer a cheval des édifices précédents, — non seulement dans le trace des voussures, mais dans celui des absides (fig. 1 52). Ces dispositions appartiennent toutes à la
mosquée de Cordoue (fig. 94) et lui furent empruntées sans aucun doute. Mais, d'une manière plus générale, le prototype de la construction se trouve en Orient. Plusieurs églises de Lycaonie, entre autres celle de Sivri Hissar (fig. 84, 85), et, mieux encore, l'église souterraine de Tokale a Gueureme (fig. 83), présentent les mêmes voussures outrepassées, le mémecancel sépare de la nef par la même iconostase à trois baies, les mêmes absides sur plan circulaire
outrepassé {sup., p. 33).
Je décrirai les phases du transport dans la conclusion de ce chapitre.
Apres leur expulsion de Cordoue, quelques religieux se réfugièrent, sans doute, a Santa Maria de Lebeiia et a San Cebriàn de Mazote, où ils bâtirent des églises dans le style de San Miguel. D'autres
i5i. — Banos. — San Juan. (]Iôté r j ^ c i' J
.^ fondèrent bantiago de
DE L Evangile. , ^ . . ,
(Cliché de i-auteur.) Pcnalba (.AstunesJ, qui
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FiG. l52.
San MiGUKi,
DE Escalada.
(Levé cl dessin de l\uileiir.l
— ESPAGNE
fut consacré sous Ramiro II (930-950).
Deux édifices prolo-mudéjars de la province de Soria sollicitent l'attention. Le premier, Santa Maria de Melque (de l'arabe weli/ç ou moulk. : roi ou royaume), est une petite églisedu genre ydont le plan crucial se combine avec une abside en hémicycle couverte d'une demi-coupole. Une voûte d'arête dômicale sur le crucero, des voussures en arc de cercle outrepassé, des chapiteaux-tailloirs achèvent de la caractériser. Si toute idée de copie ne devait pas être écartée, on serait enclin à chercher par quelle voie ce plan est parvenu aux auteurs de la mosquée
Verte de Brousse (1424 de J.-C.) et de la mosquée Bleue de
Tauris (1450 de J.-C). II n'y eut pas de copie, mais ici non plus
on ne doit pas invoquer le hasard. De prémisses communs (fig. 3, 6,
II, 15), les trois maîtres tirèrent les mêmes conclusions (fig. 10). De toutes les constructions prolo-mudéjares, il n'en est pas de
plus inattendue que l'Ermita de San Baudelio (fig. 158 a 160).
Ce petit monument, — dont les
peintures, non moins intéressantes
que l'architecture, seront décrites
chap. IV — se compose d'une nef
rectangulaire (7 m. 30 sur 8 m. 50)
suivie d'une abside carrée (3 m. 50
de côté). L'abside est couverte en
berceau. Sur la nef, on a jeté un
tore coupé par les parois verticales
de la pièce. Il est nervé et composé
de huit demi-fuseaux opposés par
le sommet, dont les bases rectilignes
et horizontales s'appuient : quatre
aux murs de la pièce et quatre sur
des trompes d'angle. Quant aux
nervures, elles sont en arc de cercle
1 I V]r,. i53, — San Miguei. de F.sca-
outrepasse, partent du sommet de d
1 octogone formé par les bases des icuche de i\iuiciir.i
i:RM/r.l 1)1: S.l\ li.lL'DI.I.IO
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fuseaux et aboutissent a une colonne centrale qui porte leur retombée (fig. I 59). Pour SI étrange qu'elle paraisse, cette voûte est le cas limite du thème irano-syrien ^li, d'où sortirent les édifices carres a sanctuaire central et déambulatoire concentrique. Rapprochez
Fig. 164. — San MionF.L ni: Escalada.— PoRciii: les supports de l'anneaU
intérieur jusqu'à les fondre dans une pile unique (fig. 3, 6, 7. 8, 13, 15), et vous passerez de l'un quelconque d'entre eux a l'Ermita de San Baudelio.
L'examen des voussures moyennement fermées montre que l'Ermita remonte à la fin du l.\' s. et, par conséquent, a une période où la contrée était soumise aux musulmans. S'agit-il d'une petite mosquée du type persan (fig. 10) ou de 1 unique église mozarabe que nous connaissions \inf., p. 132) ? Les deux opinions peuvent se soutenir ; j'incline pourtant vers la seconde. L'on retrouve, en effet, a San Baudelio, les dispositions caractéristiques de Santa Cristina de Lena, y compris la tribune et les degrés qui séparent la nef d'avec le cancel, et le cancel d avec l'abside.
Des la libération du pays, au sud des Pyrénées, entre Jaca et Barcelone, de nombreux chantiers s'ouvrirent soit pour aménager des mosquées en églises — cathédrale de Gérone — soit pour restaurer d'anciens édifices religieux. C'est dans ce dessin que furent reconstruits San Miguel, San Pedro et Santa Maria de Tarrasa. Ces trois églises, héritières légitimes de l'ancienne basi- ,- • • 1 vr^ tu;. i35. — San MkjUEi, de Escalada. — hci.is
hque visigothe d Lgara, ,.^,,. ^^.^,^^. ,„„,.,,,, ,,.,,,. , , hkstaikation. sont comprises dans une (tMche i.acoMe)
ESPACXE
enceinte autrefois fortifiée et placée en dehors de la cite nouvelle. Toutes les trois présentent l'abside sur plan en arc de cercle outrepassé caractéristique de quelques églises preislamiques de Lycaonie (sup., p. 33, 71) et, la mieux conservée, San Miguel, reproduit les dispositions essentielles de:; variétés irano-synennes y- iJ 5, x^ z. En plan (fig. 13, comp. fig. 6, 7), San Miguel comprend un carré aux angles arrondis de 10 m. 80 de côté, traversé par une abside en arc outrepassé, voûtes d'arête dômicales
S^BiiHH
— San Miguel de Escalada.
Collatéral. Iconostase.
( liché de rjuleur.)
FiG. iSy. — San Miguel DE Escalada. — .Abside