‹ Espagne et PortugalChapitre 41 sur 181 · GÉRONE · texte numérisé non relu

GÉRONE

Saint-Martin du C^anigou (fig. 107). leglise d'Elne (fig. 165) et, en gênerai, les églises romanes de Catalogne et de Castille 0n/..p.79.8O.II2, 113)

comme les mosquées, depuis la Tunisie jusqu'à Tolède, présentent ce clocher-minaret dont la grande mosquée de Damas offre un très ancien modèle (hg. 91).

San Nicolas de Gérone est une petite chapelle desaffectée, située comme San Danial sur le Galligans, mais à l'intérieur des remparts (fig. 14, 166). Elle realise le type parfait des chapelles sur plan trèfle {variété >■ , fig. 4). A tous égards. San Nicolas est aussi habilement construit que San Pablo del Campô de Barcelone (fig. 167, 168), restaure sur ses fondations en 1117. Aussi bien, a quelques années près, cette date lui convient-elle. Maintenant, si l'on compare San Nicolas (premier quart du xn s.) a San Danial (premier quart du XI' s.) et San Damai a San Miguel et au chevet de San Pedro de Tarrasa, on a déjà le sentiment qu'il existe, entre les ébauches de Tarrasa et San Damai, un écart beaucoup plus grand qu'entre San Damai et San Nicolas et. par conséquent aussi, que San Miguel et l'abside de San Pedro sont très antérieurs au Xl s. L'existence à San Miguel d'une piscine baptismale, puis le fait qu'à San Miguel comme à San Juan de Banos les architectes ont assemblé d'une manière barbare les fûts de colonnes, les bases et les chapiteaux empruntés à des édifices visigoths détruits par les musulmans confirment dans une certaine

Fig. i63.

San Pedko.

(Coupe trans. d'une demitravée AB. Coupe long-. etdemi-plan auchei'ct et de la première tracée.)

!"io. 164. — Gérone. — San Pedro

DE Gallicans. Abside et clocher.

iCliché de rjuteur.)

ESPAGNE

mesure cette attribution chronologique. L'on sait aussi que l'emploi systématique des absides en courbes outrepassées caractéristiques des trois églises de Tarrasa ne se rencontre que dans les églises protomuJéjares, entre les années 850 et 1000 {sup., p, 71. 74). Enfin des documents d'archivé très précis attestent l'existence de la basilique visigothe d'Egara durant les Vl"^ et Vil' s., son remplacement par des églises nouvelles qui servaient au culte vers l'an 950 et la consécration en I 1 1 2 de Santa Maria restaurée.

De ces renseignements concordants, bien que empruntes a trois sources diverses, il résulte que la reconstruction des églises de Tarrasa, forcément postérieure à l'expédition que Louis le Débonnaire dirigea contre les musulmans de Catalogne au début du i.X' s., doit être placée vers la fin de ce même siècle. 11 est à présumer qu'elle

fut commencée par Vilfredo el Belloso (864-898), des qu'il eût terminé l'œuvre de délivrance entreprise par le roi de France et qu'il eût érigé le territoire de Barcelone en comté indépendant.

San Pablo del Campo de Barcelone (fig. 167, 168), auquel une allusion vient d'être faite, aurait été bàti en 914, si l'on s'en référait à une inscription placée près du cloître. En vérité, l'eglise située hors des murs fut sans doute détruite durant un retour offensif des musulmans et restaurée sur ses fondations en 1117. La façade est couronnée d'une sorte de fronton d'inspiration romaine et surmonté

¥lQ.

i65. — Elne (Pïré. -Orient.

(Clocher -Minaret.

(Cliché Labouche frères.)

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