LATÉRALE DE LA (>ATHÉDRALE
(Clichc [.acustc )
Bien que les Bénédictins réformés aient pénét^^é en Espagne par la Catalogne, leur plus ancienne fondation se trouve en Castille, à Moreruela de Frades, entre Zamora et Benavente. Le plan de l'église est encore clunisien.
Seule, la sévérité du style trahit une influence nouvelle.
La cathédrale de Tarragone est dans le même cas. Il existe une bulle du pape de 1131 qui recommande de contribuer aux dépenses de sa construction. Toutefois, comme elle ressemble beaucoup à la cathédrale de Lerida, commencée en 1 203 et achevée en 1278, il n'est pas à penser que les travaux aient été entrepris avant le milieu du Xll s. L'église très vaste, — 90 m. sur 38, — est du type catalan à trois nefs inauguré dans les régions libérées les premières du joug musulman (sup., p. 82, 83). Les dimensions massives des piles et des arcades dont les naissances reposent sur des groupes de colonnes couplées, rappellent l'architecture de l'Angoumois introduite a Zamora et Salamanque (sup., p. 1 12, 1 13 ; fig. 229). A l'intérieur, l'ogive a remplacé le plein cintre, et la voûte nervée s'est substituée au berceau roman. A l'extérieur, le plein cintre persiste dans les portes latérales ((ig. 277), mais le portail de la nef, construit vers 1275, est ogival (fig. 353). Une coupole octogonale sur trompes s'élève a la croisée de la nef et du transept.
Le cloître (fig. 278) est une copie, à peu près , ^ -p ,,■,,,
^ ^ '^ liG. 278. — Tarragone. — Cloiirl
intégrale, du cloître de ^e la Cathédrale.
Fontfroide. Comme ce iciiciio de l'auteur.) l38
MONASTERES C/STERCIENS
FiG. 279. — Santas Criîis.
Monastkrï: et Palais.
dernier, il est forme par des arcades et des supports de style rotnan compris dans les formerets ogivaux d'une voûte gothique, il est surmonte d'une corniche constituée par des arcs polylobes de style oriental (fig. 29, 34, 38, 99, 100). Autour de l'abside, on retrouve ces mêmes arcs, mais disposés en mâchicoulis defensifs et interrompus par des breteches.
Les églises des monastères de Poblet (54 kil. de Tarragone) et de Veruela (Aragon), dont les cisterciens furent mis en possession vers 1 1 53 et 1171, ressemblent beaucoup à la cathédrale de Tarra- If f jffH£\.'i,^f^-LI gone, en ce sens que la sévérité des orne-
If fli :. :ijtjC3 ments décelé seule la présence des bené-
'» mt'-^^^^JiU/ — - dictins réformes.
En revanche, le monastère de Santas Creus (28 kil. de Tarragone), fonde en 1 1 52, et dont l'église fut commencée en 1177, est un exemple accompli du style cistercien (fig. 279). Le T cistercien, dessiné par les trois nefs et le transept, s'impose à la vue. Seule, l'abside carrée fait une légère saillie au dehors. Elle est comprise, a droite comme à gauche, entre deux absidioles carrées, greffées sur chaque branche du transept. Des piles vigoureuses, couronnées d une simple moulure, portent la voûte d'arête de la nef et celles des collatéraux. A l'extérieur, n'étaient la porte, l'immense fenêtre ogivale qui la surmonte et la lanterne placée au-dessus de la croisée du transept, l'eglise aurait l'apparence d'une forteresse romane (fig. 280).
Un cloitre formé d'arcades ogivales très simples était joint a l'église. En 1191, fut exécutée la belle salle du premier étage, connue sous le nom de dorloir des jeu-nés moines. Elle est constituée par une suite
d'arcs ogivaux, aux nais- l-'*-- -*^- - Gantas Creus.
I • , . nr MONASTKRE.
sances basses, qui portent ^^,,,.^.,,. ^^,,.^,„,,,„..^
Eglise
loy
ESPAGNE
FiG. 281.
Santas Creus. — Fontaine
Dr Cloître.
(Clichéde raiiteia:)
au-dessus de leur tympan les solives de la toiture.
Au rez-de-chaussee, se trouve une salle capitulaire carrée dont la voûte est composée de neuf panneaux qui font converger leurs doubleaux et leurs diagonaux sur seize supports : quatre au centre et douze engages dans les murs latéraux. La salle capitulaire, qu'un escalier intérieur met en communication avec le
dortoir, s'éclaire sur un second cloître commencé en septembre 1313 et termine le 12 janvier 1341. Sur l'un des côtés s'élève une fontaine couverte (fîg. 281).
Le couvent des Dames Nobles de las Huelgas (3 kil. de Burgos) fut construit sous le règne d'Alfonso VIII de Castille (1 188- 1214). L'église, postérieure de quelques années à celle de Santas Creus, n'en diffère que par la forme de l'abside — elle est pentagonale — et par celle de quelques voûtes.
Bien qu'appartenant à l'époque des églises cisterciennes, la cathédrale de Sigûenza échappe, peut-être a cause de sa situation, a l'influence directe de l'ordre. Elle apparaît dominatrice, avec sa
façade massive que flanquent deux immenses tours carrées, couronnées de merlons (tig.
282). La nef, les collatéraux, l'abside, letransept, qu'éclaire à l'orientation du Sud la plus belle rosace de l'Espagne, rappellent, par leurs dispositions, les cathédrales de Tarragone et de Le- V,. ok>, c. ,-,,., ,1; •• rida. Les piles ont des
r 10. 202. — (,.\ I m- DRAl 1: Dl". SuiUENZA. '
(i:iici'.c Je i\iuic!ii:) ressemblances frappan-
EGLISES DE SAIIAGUN
FiG. 283. — Sahaoi'n. — San Tirso.
CiiKVET i;t clocher.
(Cliclic de railleur. I
tes, explicables d'ailleurs, avec celle de Saint-Nazaire de (^accassonne.
Sigùenza ramène vers l'Ouest.
Si l'on s'avance plus encore dans la même direction, l'on atteint Sahagiin (San Facundo),où se trouvent deux églises en brique» d'un grand intérêt archéologique. La plus ancienne est placée sous le vocable de San Tirso (fig. 283) ; la seconde, sous celui de San Francisco. Les arcades ogivales des deux derniers étages de fenêtres du clocher de San Francisco lui assignent comme date le premier quart de Xlll s. D'autre part, une note mudéjare est ici donnée par le tracé en fer à cheval des arcatures extérieures des branches du transept et de l'abside et par ces bandeaux en dents de scie remarques dans les palais
du Fars (fig. 18, 20, 24, 26, 28).
Ces monuments sont les premiers en Castille, où réapparaissent les formes orientales à peu près exclues de l'architecture de l'Espagne dans les régions que les Bénédictins de Cluny et de Citeaux avaient conquises aux arts de la France. Toutefois, avant l'époque de leur construction, les archivoltes des portails romans en arc de cercle à peine outrepassé de l'église de Porqueres (Catalogne) et de Santa Eulalia de Menda (fin du Xll s.) annonçaient un retour vers les thèmes musulmans (fig. 284).
Le dernier édifice de transition à
MÉRiDA — Santa • ^1 ^i • J 1 J \ / 1
r- citer est la cathédrale de Valence.
EUI.AIIA. 1 ; 7
(Ciicitc de railleur.) La porte, connue sous le nom ael
Fig. 28|
ESPAGNE
2ÎS5. — \'ALF.NCi:. — Catiii'.dh M i;
PORTI; DEL PaLAU.
'Palau (fig. 285). est de style roman, bien que commencée après la prise de la ville, en 1 238, par le roi d'Aragon, Jaime I', el Conquistador (1213-1 276). Je me suis explique au sujet de ces longues survivances (p. 82, 126, 127).
L'Espagne possède, à Burgos, Tolède et Léon, trois cathédrales de pur style gothique. Elles sont comparables aux plus belles cathédrales françaises de la même époque.
Le mariage de doiia Blanca (Blanche de Castille) avec Louis VI 11 (1223-1226) avait facilité un nouveau rapprochement entre les deux pays. La cathédrale de Burgos (fig. 286 à 288) fut fondée par Fernando III (1217- 1285), neveu de Blanche de Castille, qui en posa la première pierre le 20 juillet 1 22 1 . Le transept, en forte saillie sur les collatéraux, accuse la persistance du tracé roman ou plutôt un retour au plan traditionnel abandonné depuis qu'avait prévalu l'église a cinq nefs. L'abside en prolongement de la nef, un déambulatoire faisant suite aux collatéraux et neuf chapelles rayonnantes complètent ce bel ensemble.
Telles sont les cathédrales de Reims, d'Amiens, de Chartres et l'abbatiale de Longpont, construites en France durant la première moitié du Xlir s. A l'intérieur,
les analogies signalées avec Reims et Amiens s'accusent encore. Les travées sont barlongues ; les piles, dès la naissance, sont cantonnées d'élégantes colonnettes. D'autre part, le triforium du transept rappelle plutôt celui de la cathédrale de Bourges. Le seul caractère vraiment national se trouve dans le dôme octogonal construit au-dessus de la croisée du transept, le crucero des Espagnols
Fig. 2(50. — BiRGOS.
Pi AN DE LA CaTIIÉDRAI.E.
CATHEDRALE DE BUIiGOS
jJ^j^BI.;«i; tM,Ai
L>«7. — BiROos. — Cathkdrai.i:
(Cliché l.ijvy.)
(fig. 288, comp. Hg. 299). Bien qu'il ait été termine en 1 567 et (]u'il soit l'œuvre de Juan de Vallejo, un eleve du célèbre Francisco de Colonia et de Philippe de Bourgogne (Felipe de Vigarny, /n/., p. 237, 238), les trompes où repose le tambour et l'étoile à huit pointes qui rayonne a l'intrados de la coupole sont du type persan le plus pur (Voir tig. 297). Cette partie de l'édifice est comme le testament de ce bel art mudéjar, l'orgueil et la gloire de l'Espagne. La cathédrale de Burgos est a flanc de coteau. Aussi bien, les constructeurs furent-ils conduits adonner
deux étages au superbe cloitre compris entre le chevet et la rue basse de la Paloma. L'étage supérieur est peint, seulement les couleurs sont fanées, comme celles qui ont été appliquées sur la pierre. 11 n'en est pas moins un exemple précieux de polychromie niudé-
jare. Les rouges vifs et les bleus intenses des palais andalous dominent ; l'or y jouait aussi un rôle prépondérant. Le métal a disparu, mais sa présence dans la décoration est attestée par la mixtion jaune qui servait à le fixer.
Comme la cathédrale de Burgos, la Pnmatiale de Tolède (fig. 289, 290) fut fondée par Fernando III (11 août 1227).
Les seules distinctions entre ces deux beaux édifices tiennent à leur dimension et au nombre des collatéraux. La Pnmatiale est
.88. - BrR.-.os. - Cmhkuk.lk. j^^ ^^ ^^ j^^ j j^
(Cliché Lévy.) cathédrale de Burgos ; après les
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FiG. 28q. — TOLKl)!-..
Plan de i,a Cathédrale.
ESPAGNE —
cathédrales de Milan et de Séville, elle est la plus grande église gothique de l'Europe (120 m. sur 54 m.). Puis elle a cinq nefs et un double déambulatoire. En plan, la Primatiale ressemble a Notre-Dame de Paris (fond, en 1 1 63) ; en élévation, elle se rapproche davantage de la cathédrale de Bourges (fond, en 1 1 72). Dans cette dernière, le maître de l'œuvre avait diminué la hauteur du tnforium, à l'avantage des fenêtres. Ici, J le parti fut suivi dans toute sa rigueur, et le tnforium fut supprimé ; mais sa disparition n'alla pas sans l'abaissement général des voûtes et l'alourdissement consécutif de l'ensemble. D'autre part, la voûte à six panneaux de Notre-Dame et de la cathédrale de Poitiers est remplacée par la travée barlongue avec simple croisée d'ogive a laquelle on était revenu en France. Le cloître se signale par une porte d'architecture complexe (flg. 291), qui sera mentionnée en étudiant les origines du style portugais manouélin {inf., p. 338, 339). A Tolède, l'on connaît le nom des principaux architectes et sculpteurs qui, durant plus de deux cent cinquante ans, furent employés sur les chantiers.
En tête de cette longue liste, se trouve un Français, Petrus Pétri (t 1285. Inf., p. 223), qui demeura pendant cinquante ans à la tête des travaux et leur imprima une unité qui fait souvent défaut à ces immenses édifices.
Santa Maria de Régla, la cathédrale de Léon (fig. 292 a 294), avait été fondée en 1205, seize ans avant la cathédrale de Burgos. Seulement, le chantier fut fermé durant près d'un demisiècle. Repris en 1 252, les travaux reçurent une impulsion vigoureuse sous le règne de San-
l'iG. 2Q0. — Tolède. — Cathédrale
Transept.
(Cliché Lacoste.)
CtlUIDK.il.l. 1)1. LEON
cho IV (1284-1295) cl furent termines en 1303, peu d'années après l'avenemenl de Fernando IV (1295-1312). Svelte, délicatement ajourée, pure de forme d'un rytlime fiarmonieux et savant, elle donne une solution élégante du {problème audacieux que les maîtres français s'étaient pose vers la fin du xil s., et sertit dans
un léger réseau de pierre les vitraux qui, du sommet a la base, garnissent les fenêtres de la nef, les baies du triforium et les fenêtres des collatéraux. Cette substitution d'un tnfonum transparent au triforium a galerie s'observe pour la première fois dans le chœur de la cathédrale d'Amiens. L Ile-de-France et la Champagne l'adoptèrent vers le milieu du Xlll s. L'Espagne ne tarda pas a suivre leur exemple.
Autant l'architecture brillait d'un vif éclat en Castille, autant la Galice, les Astunes, la Navarre et la Catalogne se reposaient après les efforts accomplis durant la période romane.
A l'aurore du XIV s., la Catalogne et la Navarre sortirent de la torpeur où elles étaient plongées. Il en résulte qu'a Gerone, à Saragosse, à Barcelone, a Perpignan comme à Pampelune, l'architecture passe sans transition du roman finissant au gothique compliqué. Les affinités de race et le voisinage y aidant, le Midi de la France reprend une place prépondérante dans les conseils artistiques de la Catalogne.
Santa Eulalia, cathédrale de Barcelone, fut commencée en I 298 et terminée en 1 329. Aux trois nefs, succèdent un transept sans collatéraux, une abside avec déambulatoire et un collier de onze petites chapelles raj'onnantes, disposition empruntée à Saint-Just de Narbonne dont le chœur — la seule partie qui ait été construite — fut élevé de 1 272 a 1 330 environ. La crypte, creusée en 1 339 pour placer sous le sanctuaire les reliques de sainte Eulalie, rappelle les confessions des églises primitives. La disposition n'est pas nouvelle. Le trait saillant réside dans les chapelles surmontées d'une
FiG 2U1.
- 1 01. KDE
Cloître.
iClichc Lacoste.)
CaTH ÉDU ALL.
FiG. 292.
- Léon. — Cathédrale.
(Cliché Gracia.)
galène qui s'égrènent entre les contreforts, le long des collatéraux.
Etant donné le système de construction gothique ou les murs sont de simples clôtures, la pensée aurait dû venir bientôt de profiter de ces espaces libres entre les contreforts pour augmenter sans dépense la superficie de l'eglise. Il n'en fut rien cependant. Encore, durant le XIV s., la France bâtit des églises a contreforts extérieurs et, si Notre- Dame de Pans, si les cathédrales d'Amiens et de Tours ont des chapelles collatérales, c est que l'on reporta les clôtures a l'alignement du parement extérieur des contreforts bien après la consécration de ces édifices. Le premier exemple de chapelles collatérales comprises dans le projet primitif se présente, peut-être, a la cathédrale de Cologne (xill s.). Elles faisaient également partie du projet inexécuté de Saint-Just de Narbonne, comme le montrent les plans similaires et contemporains des cathédrales de Clermont et de Limoges. La cathédrale de Gérone, l'édifice religieux le plus hardi de la Catalogne, se compose d'une nef unique, large de 22 m. 60, d'une abside et d'un déambulatoire entoure, comme a Barcelone, de onze chapelles rayonnantes. Elle fut commencée, en 1316, par maitre Henri de Narbonne et continuée par un de ses concitoyens, Jacques Favan (Jacopo de Favanis). Le projet ressemblait a celui de Santa Eulalia de Barcelone eu plutôt a celui de la cathédrale de Narbonne, leur commune inspiratrice. Mais, vers 1410, alors que les murs extérieurs et les chapelles construites entre les contreforts étaient terminés, Guillermo Boffi proposa de réunir les deux murs par une seule voûte de 22 m. 60 de portée, sans appui intermédiaire. Cette dimension excédait de plus de 3 m. 50 la largeur des nefs de Saint- Etienne de Toulouse
FiG. 293. — LÉON.
Cathédrale.
CATHEDRALE DE l'AMPELUNE
FiG. 294. — LÉON. — Cathédrali;.
Nef et abside.
(Cliché Gracia.)
et de Saintc-Cecile d'Albi réputées pour leur grande hardiesse. Le chai)itre s'emut et nomma en 1416 une commission technique, qui conclut a l'adoption du projet de Boffi.
De tous les royaumes dont l'union devait former l'Espagne, la Navarre fut celui ou les artistes français furent le plus recherchés.
Les architectes y pénètrent avec les clunisiens vers 1050 ; les imagiers suivent les architectes. Au début du XIV' s., la Navarre passe pour trente ans à la Maison de France ; ensuite, elle garde pendant plus d'un siècle des souverains français ou élevés en France. 11 n'est donc pas étonnant que la Navarre artistique ait été régentée par les écoles françaises et qu'elle en ait propagé les enseignements. Dans le domaine de l'architecture religieuse, le cloître de la cathédrale de Pampelune (fig. 295) occupe une place privilégiée. Son tracé très pur et l'ornementation délicate des arcades, des gables et des chapiteaux en font une œuvre unique. Commencé dans les premières années du XIV'^ s., sous le règne d'un prince français, Philippe d'Evreux, par un évéque d'origine française, Arnold de
Barbazan, il était sans
doute terminé quand, en 1 390, s'écroula la cathédrale romane. Toute la partie voisine de l'église dut souffrir beaucoup de cette chute. C'est ce qui explique l'interét que prit Carlos III (1387-1425) à sa reconstruction.
Bien distinctes des précédentes, sont les cathé- FiG. 2q5. — Pa.mpelune. — Cloître i 1 1 c . j
^ . drales de baragosse et de
DE LA Cathédrale. on 1 • r
(Cliché de l'aiiieur.) Séville, elevees sur 1 em-
CQl). — Saragossk. — Sl£0.
Collatéral gauche
ESPAGNE
placement de mosquées démolies après la reconquête.
La Seo (cathédrale) de Saragosse, fondée en 1119, est presque carrée et divisée en cinq nefs que séparent quatre rangées de piles gothiques, assises sur des bases de marbre jaune. Elle fut consolidée en 1 490. De cette époque, datent les chapiteaux garnis de feuillages où jouent des anges et des agneaux de style italien ainsi que les nervures multiples qui s'en détachent et se croisent au sommet sous des rosaces de cuivre (fig. 296). En 1498, l'architecte musulman, el Rami, y ajouta le porche désigné sous le nom de la Pavorderia (de la prévôté du chapitre), par où l'on entre aujourd'hui dans l'église. Le caractère mudéjar de l'architecture s'accuse, à l'intérieur, dans le dôme étoile du crucero (fig. 297) reproduit à la cathédrale de Burgos (fig. 288), dans la coupole de la chapelle de San Miguel dont les stalactites dorées semblent détachées d'un salon de l'Alhambra, et s'affirme, à l'extérieur, sur la façade nord-est et sur le dôme où des revêtements composés de briques
mates et de faïence mettent une note colorée d'une douceur exquise.
Le bleu, le vert et le blanc y dominent avec quelques notes jaune foncé et brun rouge. Au milieu d'entrelacs géométriques, se détache le croissant emprunté aux armes parlantes de l'archevêque Lope Fernândez de Luna, sous l'inspiration de qui fut jeté, vers 1375, la coupole de
Fig. 297. — Saragosse. — Seo. Coupole
DU crucero.
(Cliché Lacoste.)
CATIII.DRAI.I. 1)1. SIAII.I.F.
l'IO. 298. — Slivil.l.IC. — CATHÉUKAl.li.
(Gomp. fig. 94.)
la chapelle de San Miguel. Des imitations indirectes, exécutées a une très grande distance des lieux d'origine, ne sauraient avoir la perfection des modèles.
Pourtant les revêtements en faïence de la Seo ne s'en écartent pas au point que l'on ne puisse y reconnaître le style de la belle période qui s'ouvrit en Perse dès le début du Xiv- s.
Après la prise de Séville (1248), la grande mosquée commencée en 1173 par Abou Yakoûb Yoùsouf fut utilisée comme cathédrale sous le vocable de Santa Maria de la Sede. Mais, en 1401, sa solidité paraissant compromise, le chapitre décida de la reconstruire. Les architectes profitèrent des fondations, conservèrent le minaret, la célèbre Giralda (fig. 276), la cour connue sous le nom de patio de los Naranjos, peut-être, aussi, la porte <Jel Perdôrt remaniée en 1519
par Bartolomé Lopez (fig. 420) et, en définitive, adoptèrent un plan (fig. 298) qui rappelle de très près celui des mosquées espagnoles (fig. 94).
Une foret de colonnes divise en cinq nefs et en dix travées les 2 hectares ( 1 80 m. sur 1 08) que couvre la cathédrale. Quant à l'abside à peine indiquée au dehors et aux deux absidioles noyées dans la dernière travée, elles ressemblent beaucoup plus a la ma/^soura et au mihrab dont elles occupent la place qu'au chœur d'une église chrétienne.
L'attachement des Espagnols à
leurs traditions artistiques ne s'est
l'Ki. i;uy — lOiÈDE. jamais démenti \sup., p. 82, 127,
San Juan de los Reyes. |42). L'on en trouvera un nouvel
Nef. Abside. Crucero. 1 J c T J 1
,,, ,- ..^j , exemple dans ban luan de los
(Comp. tig. 288, 297.) /r -tnn ->r\r\\
(Cliché Lacoste.) Reyes (fig. 299, 300), construit sur
FiG. 3oo. — Tolède. — San Juan de los Reyes. Cloître.
((Cliché Lacoste.)
ESPAGNE
l'ordre d'Isabelle la Catholique par le célèbre JuanGuas. ils remontent a la fin du XV' s. et ne présentent cependant aucun de ces excès ou de ces désordres caractéristiques des styles mourants. En raison de leur caractère prolo-manouélin et de leur date, une porte du cloître (fig. 301) et les arceaux du premier étage méritent d'être notés.
Les églises précédentes rentrent dans les formes classiques. Il existe quelques exemples de types plus rares, intéressants a connaître. L'église de Sant Feliu à Jàtiva fut reconstruite en 1414. Elle se réduit a une nef de 15 m. sur 22 m. 50, divisée en cinq travées par des arcs ogivaux dont les naissances voisines du sol s'appuient sur des contreforts entre lesquels on a ménagé des chapelles. A l'extérieur, règne un de ces porches longitudinaux particuliers a l'Espagne {sup., p. 1 13, I 14). La caractéristique de Sant Feliu réside dans Yalfarge ou toiture en bois composée de pannes reposant sur l'extrados des arcs. L'église romane de Mig Aran, dans la Haute-Catalogne, Santa Maria de la Huerta, la chapelle palatine de Santa Agueda (xilP s., aujourd'hui Musée provincial) de Barcelone, la Mourguier dv Narbonne offrent des exemples de cette disposition signalée a SantasCreus (sup., p. 139, 140) et qui apparaît auparavant dans le voisinage de Damas, a la basilique de Tafka et, dans la vallée de rOronte, a la basilique de
Fi(