‹ Espagne et PortugalChapitre 67 sur 181 · III. — San Juan ni-: los Heve · texte numérisé non relu

III. — San Juan ni-: los Heve

Porte proto-.manouéline.

(Cliché de rauteur.)

Aiiciirn.cTURi- civil. i:

- Palma. iClichc I.ac

(^ATin.nRALE.

Roueiha.Ilsepourraitque ces toitures aient été portées en Lurope par les constructeurs musulmans.

Leur nom et leur forme viennent a l'appui de cette hypothèse.

La cathédrale de Palma (Majorque), commencée an 1 229, présente une autre particularité. Son architecture montre qu'a l'imitation des édifices orientaux elle était primitivement couverte en terrasse (fig. 302). Les toitures actuelles datent de 1 380, année où l'église fut restaurée. L'architecte emploie dans les monuments civils des accents très différents de ceux dont il use dans les édifices religieux. Les plus accusés sont les portes à claveaux démesurés (fig. 303, 305, 311, 333,

447, 460, 461) et les fûts de colonnettes extrêmement grêles (fig. 303, 304, 305. 314).

Les premiers, empruntés a la fortification des châteaux, sont d'une application générale ; les seconds, hérités des Mores, appartiennent au style catalan.

La Casa de los Baraganas d'Aviles (Castille) ressemble au palais d'Estella (fig. 232), sauf que les baies du rez-dechaussée sont ogivales. Elle était construite depuis longtemps quand don Pedro el Cruel, à la poursuite de son frère don Enrique, s'y arrêta au cours de l'année 1 352.

Le palais compris dans le

Fig. 3o3. — Cast^llon de Ampiiuas.

Maison catalane (xiv^ siècle).

(Cliché de Vlnstitiit catalan.)

ESPAGNE

FiTi. 304. — Sanias (>heus.

Escalier i>r F^alais.

((Jliché de Pu 11 leur.)

monastère de Santas Creus (fig. 279) a conservé un patio et un escalier charmants, où se montrent les fines colonnettes qui viennent d'être signalées (fig. 304).

De la Casa Consistorial (Hôtel de Ville) de Barcelone, il reste une grande fenêtre ogivale, la porte dont les puissants claveaux sont surmontés d'une archivolte en accolade qui se prolonge sur un mur d'équerre, les trois écussons des tympans et un ange aux ailes de bronze qui semble benir les arrivants (fig. 305). Tous ces motifs sont d'une pureté et d'une fantaisie exquises. Les travaux entrepris en 1 369 furent terminés en 1378.

L'ancien Palau de la Diputaciô gênerai de Catalunya (Palais des Etats Généraux), élevé par Marçh Çafont et décoré par Père Jehan, remonte a la première moitié du XV s. Dans les constructions ultérieures, le style gothique accueille avec courtoisie les premières manifestations du style italien de la Renaissance. L'on notera la porte sur la rue del Obispo, édifiée en 1 4 1 6 (fig. 307), le patio a deux étages, l'escalier extérieur compris dans le même patio (fig. 306) et deux fenêtres, — l'une en face du patio de los Naranjos, la seconde vis-a-vis de la porte extérieure (fig. 308), — parce que leurs arcs entrelacés offrent un nouvel exemple des formes proto-manouélines.

A côté de ces édifices, il faut ranger la Lonja (bourse) de Palma (fig. 310), construite en 1426 par Guillen Sagrera, et la Lonja de la Seda de Valence (fig. 309), dont

Fio. 3o5. — Barcelone.

(L\sA Consistorial.

(Cliché de r auteur.)

.u<ciiri I crriii: cini.i:

la construction fut décrétée le 5 Février 1482.

Elles sont de style catalan, tandis qu'a Madrid l'hôpital de la Latina (fig. 31 I), aujourd'hui démoli, était une relique précieuse de l'art gothique castillan de la fin du XV s.

11 avait été bâti par un architecte musulman, Maestre Hazan, aux Fig. Scxi. — p.ahcii om:. - Pm ai m i \

r^ • 1 1 11 .„ o DipiiACKJ ( KSCAi.iKR iH' vatio).

rrais de la célèbre iDea- .,-,.,„ .

. . ((.Iiche de l auteur.)

triz Galindo, dame de

la Chambre et professeur de latin d'Isabelle la Catholique.

Zamora, Tolède (fig. 312), Avila (fig. 313), Estella, Sigùenza, d'une part, et, de l'autre, Gérone, Cardona, Castellon de Ampurias (fig. 303) en Espagne, Ibiza dans les Baléares (fig. 314), Perpignan en Roussillon, possèdent également des façades ou des portions de façades gothiques en parfait état de conservation, mais de caractères différents suivant qu'elles ressortissent au style castillan ou catalan. Bien différente, a tout égard, est la célèbre cuisine de l'abbatiale de Pampelune, jointe aujourd'hui à la cathédrale. 11 s'agit d une salle a peu près carrée couverte d'une hotte octogonale

sur trompes d'angle, formée de trois troncs de pyramides de plus en

plus aigus, qui s'emboitent et s'etagent. Des dispositions analogues se

remarquent en France a l'abbaye bénédictine de Fontevrault

Maine-et-Loire, Xll s.).

L'on connaît la décoration intérieure des appartements au Xiv et

au XV' s. soit par des documents directs, soit par des inventaires, ,53

Saint

Fig. 307. — PÈRK Joua

(jF.org KS. ((jiuvdnnciiH'iU de la yorle extc. de la Iiiputacin.)

ESPAGNE

soit par des peintures. Les dallages en briques carrées, posées sans découpe, convenaient aux pièces ordinaires ; ailleurs, ils affectaient les combinaisons géométriques usuelles en Orient. Les plinthes étaient hautes e!; souvent remplacées par des lambris de bois ou d'azulejos. Les plafonds présentaient des solives et des entrevous, parfois des combinaisons de croix et d'étoiles (fig. 331). Quand les murs n'étaient pas enduits au plâtre ou peints à la chaux — c'était le cas général — ils disparaissaient sous les stucs ciselés de l'architecture musulmane (fig. 329) ou sous les fresques, les tapisseries et les cuirs de Cordoue, dont l'usage se généralisa au XV s. A la mémej époque, les damas, les soies, les velours étaient en usage dans les riches habitations. Sur les dallages, on jetait par endroits des tapis fabriqués en Andalousie (fig. 427), en Perse ou au Maroc. Il existe deux groupes principaux de châteaux fortifiés. Le premier défend un immense triangle qui

a ses sommets à Simancas, Avila et Ségovie. Medina del Campo, où mourut Isabelle la Catholique (26 Nov. 1504), Madrigal, où la grande reme, avait vu le jour (22 Avril 1451), et Arévalo jalonnent le côté Simancas-Avila.

Cuellar, Olmedo dont on disait :

Qui prétend être maître Je la Castille doit avoir à lui Arévalo et Olmedo, et enfin Coca (fig. 315) et Turegano (fig. 3 1 6) appartiennent au côté Simancas- Ségovie.

Le château de Médina del Campo ou de la Mota (fig. 3 î 7 à 319) domine une légère éminence située en dehors de la ville

Fig. 3o8. — Barcelone.

Fenêtre proto-

.•manouéline.

(ClicJic de Vaulenr.)

Fig. 3oq. — N'ai.knce. — Lonja

DE 1,A SeDA.

(Cliché Lacoste.)

A ne II I II.CTVR E Ml 1. 1 lA 1 1< /

'10. 3io. — Pal. MA. — I.onja.

l'Aichc Walclin I

moderne. Rn l'eUil actuel, il se compose d une enceinte mteneure quadrangulairc, flanquée, sur trois cotés, de tours carrées, massives, qui appartenaient à un premier château construit vers le milieu du Xiir s. Le quatrième côté, le donjon, l'enceinte extérieure et ses tours rondes, le fossé creusé dans le roc vif qui la précède, le pont fortifie et la barbacane a la tète du pont remontent au règne de Juan II et furent ajoutés par Fernando de Carreno vers 1440. En 1479, Isabelle agrandit l'installation

intérieure et compléta les défenses.

L'ouvrage est bàti en béton pilonné entre des revêtements de briques.

Un large chemin existe entre la porte de l'enceinte intérieure et l'entrée de 1 enceinte extérieure afin de faciliter la circulation des troupes dans une zone commandée par le donjon ; mais il est a peu près interrompu dans les autres parties, tant le parement intérieur de lavant-mur est rapproché des tours carrées de la muraille. En outre, la face de la muraille opposée à la porte extérieure et les tours carrées qui la terminent sont garnies d'échauguettes puissantes. L'avantmur est assis sur l'escarpe. Il porte un cours indiscontinu de merions réglés à une hauteur telle que le chemin de ronde de la muraille garde un commandement considérable et il comprend, entre ses parements, une galerie de contre-mine et un chemin de ronde munis d'archeres de pierre, encastrées dans la brique. Celles du second étage, qui affectent la forme d'une croix plantée sur un cercle, sont disposées aussi bien pour le tir

Fi

— -Madhii). —

1)K 1.A I.Al IN A.

(<Aiclicl..ni,sU\l

ESPAGNE

FiG. 3l2. — TOLÈDK. — PAI.AIS

DI-: Pkdro I (i35o-i36q).

i(^liclié de l'aiilcnr )

plongeant que pour le tir de plein fouet.

Le château de Coca (fig. 3 1 5) est en plaine, au confluent de l'Eresma et du Voltoya. Il était la résidence de la puissante famille des Fonseca, qui le fît rebâtir au XV'^ s., à 1 époque ou Juan II complétait le château de la Mota auquel il ressemble beaucoup.

Les merlons reposent ici sur un cours indiscontinu de mâchicoulis.

Ils sont eux-mêmes a gradins, groupés deux par deux sur une souche percée d'une large meurtrière et — instructive fantaisie — affectent la forme des fascines qui

se mettaient au moment du siège pour protéger les maçonneries.

Le second groupe de places ou de châteaux fortifies repond a deux lignes de défense, qui partent, la première d'AIicante pour aboutir a Grenade par Murcie, Aledo et Lorca, et la seconde de Huelva pour se diriger sur Niebla, Séville, Almodovar del Rio, Cordoue, Villaviciosa, Vacar, Espiel, Béimez, Fuente Ovejuna et Almorchôn.

Ces ouvrages remontent à l'occupation musulmane. Les chrétiens se bornèrent à les réparer ou a les agrandir. Le plus célèbre et le mieux conservé, le château d Almodovar del Rio, sur le Guadalquivir, couronne une colline d'ardoise haute d'environ 100 m. II était considéré comme le boulevard de la cour des khalifes et le type de la forteresse inexpugnable du Moyen Age. Ni le tracé, ni le profil, ni les dispositions de détail n'établissent de différences essen- i5G ■

'il'i. — Avil.A. — PORIK ARMORIÉE.

(Cliché Lac<,slcl

AKC lin IX IL RI. Mll.l I il Kl.

tielles entre le château d'Almodovar del Rio et le château de la Mota, qui, dans son ensemble, est pourtant plus moderne.

Les forteresses précitées sont polygonales, tandis cjue le château de Bellver, à Palma (fig. 320, 321). est circulaire et flanque de

tours rondes. Ce type rare en Espagne, mais fréquent au Portugal, était usuel en Orient, si l'on en juge d'après les bas-reliefs assyriens, la citadelle de l'Acropole de Suse et le palais d'Hatra.

A titre de document, il convient de signaler encore les tours polygonales de Seville, de Valence, de Poblet (Aragon), imitées du type oriental dont un modèle ancien existe a Mchatta (fig. 46, 47), et la citadelle de Badajoz dont les portes sont en arc de cercle très fermé.

En résume, l'étude comparative des forteresses du Nord, du Centre et du Sud, construites durant les périodes gothique et romane, montre que les unes et les autres devaient répondre au programme exposé en traitant de l'architecture militaire de la Perse (p. 13, 14, 115 a 117). Les conditions que remplissaient l'Acropole de Suse, les châteaux du Fars et de la Mésopotamie et, plus tard, les karah des Croisés construits sur les modèles syriens se trouvent réalisés en Espagne parce que les types polyorcétiques orientaux y avaient été portés par les envahisseurs. Telle est aussi la raison de la grande uniformité que présente la fortification espagnole, qu'elle soit d'onginechrétienne ou d'origine musulmane.

Des la période gothi-

Fui. 314. — Ii!i/A. — Ajimi:/

ARMOKIK.

C(,7/<.;it' I.aciftc.)

Jl5. — ( '.IIAI i:Af DE CuCA.

iCliclii' Lacoste.)

ESPAGNE

l'IG. JÎIÙ.

— (^HATEAr DE TuREGANO.

(Clichc Laccisle)

tympans évidés (fig. 322). Il remonte au restauration, i! présentait, comme la plupart des ouvrages contemporams, un dos d'âne très accusé. De la même époque, sont deux grands ponts en ogive : l'un, à l'entrée de San Juan de las Abadessas (Catalogne), est a trois arches (fig. 323) ; le second, compose

de cinq grandes ar-

que, quelques ponts furent jetés sur les rivières que l'on ne peut traverser à gué. Beaucoup ont disparu. Ceux qui restent sont audacieux, légers et, souvent, remarquables d'exécution.

Le pont de Céret (Pyrénées-Orientales) se compose d'une arche en plein cintre de 32 m.

d'ouverture, avec des XIV s. Avant la dernière

Fig. 317. — Château

dic la mota.

([.ci'i' cl desahi de railleur.]

FiG. 3i8. — Château de la RIoi Porte principale.

(Cliché Lacoste.)

ches, franchit le Mino au droit de Lugo (fig. 324). On passe près d'un autre pont ogival en allant a Covadonga, avant d'arriver à Cangas de Onis. Zamora est relié a la rive gauche du Douro par un magnifique pont ogival autrefois fortifié, dont les piles et les avant-becs triangulaires sont surmontés d'evidements (fig. 325).

A Elche, le pont sur le Vipalapo, à Càceres, le pont Almarez et, à Gérone, le pont San Juan méritent aussi une mention. Enfin,

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