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TOI-ÈDE

Pont San Martin.

ARCHITECTURE MUDE/ARE

baies du gynécée. Les colonnes aux chapiteaux couplés, en marbre de couleur, sontcouronnées d'arcs polylobés. Leur archivolte rubanee entoure, au sommet, un médaillon finement découpe et se continue pour supporter une haute litre oii se développe une inscription hébraïque en relief reproduisant quelques versets des psaumes de

David. Une autre inscription célèbre le

souverain régnant, Pedro 1 ' (1350- 1 369), l'architecte de la synagogue, don Meir Abdeli, et le donateur, Samuel Levy. Les cartouches qui entourent les inscriptions sont sépares par l'ecu de Castille et Léon et par l'ecu fleurdelisé de France, qui rappelle la nationalité de la reine Blanche, épouse de Pedro 1'.

L'architecture civile mudéjare n'est pas représentée a Tolède par des monuments aussi complets que les deux synagogues.

Pourtant, il existe quelques fragments d'un réel mtérêt appartenant a des édifices des XIII , XIV' et xv s. Tels sont le Taller del Moro et le salon de la Casa de Mesa ; telles sont, surtout, les charpenter

FiG. 327. — Tolède.

Clocher-Minaret

i)K San' Tomi-.

niudé-

jares, qui méritent une mention particulière en raison de leur variété et de leur bel état de conservation. Un premier groupe comprend ces charpentes, dont il a été parlé (sup., p. 80), composées de fermes assez voisines pour recevoir sans intermédiaires un plancher jointif sur les arbalétriers. Dans le second, les fermes, pareilles aux membrures d'un navire, donnent l'impression de la quille renversée d'un bateau à fond plat (fig. 330). Enfin il peut s'agir d'un plancher d'étage.

En pareil cas, les poutres et

liG. 328. — Tolède. — Santa Maria

LA Blanca.

(Cliché Vinceiite Gon';,aIe' }

ESPAGNE

les solives, ou les solives seules entrent dans sa composition. Souvent encore, elles portent un doublage dont les saillies dessinent, en général, l'assemblage classique de la croix et de l'etoile a huit pointes de style persan. Tel est le somptueux plafond de la salle capitulaire de la cathédrale construite vers 1510 par Pedro Gumiel et Enrique Egas, les célèbres architectes des Rois Catholiques (fig. 33 1 ). Le style mudéjar entra même dans la décoration des monuments funéraires de l'alguazil don Fernan Gudiel, mort en 1 228, et de l'infant don Ferez, petit-fils de Fernando 111 (1217-1252), que

renferment respectivement la cathédrale et la chapelle de Las Comendadoras de Santiago.

Au même titre que Tolède, Ségovie offre des exemples de cette singulière architecture.

D'abord, l'eglise du Corpus Christi qui ressemble beaucoup à Santa Maria la Blanca ; puis, les tours défensives du Parador Grande et du palais du marquis de Lozoya ainsi que de nombreux palais couverts d'un enduit très résistant, où les décorateurs ont dessiné en saillie des combinaisons géométriques (fig.

332 à 334) analogues à celles que l'on retrouvera dans le revêtement en bronze de la porte des Lions de la cathédrale de Tolède (fig. 419). L'une de ces demeures a même conservé un ajimez entouré de ces exquises faïences dont les musulmans avaient apporté de Perse le style, la couleur et les procédés de fabrication (fig. 334).

Saragosse était aussi bien dotée que Segovie. En 1887, l'on a renversé la Tour Penchée (fig. 335), qui avait été construite en 1 504 par cinq architectes, dont deux chrétiens, Gabriel Gombao et Juan de Sartifiena, — un Israélite, Ince de Gali — et deux musulmans, Ezmel Ballabar (Ismaïl ibn el Abbar?) et Maestre Monferriz. Mais l'on y voit encore les clochers-minarets de la Magdalena, de San Pablo, de San Miguel de los Navarros, de San Gil et des Santos Pedro y Juan.

FlG. 32Q

Tolède. — TrAnsito.

Stvcs ciselés.

(C.lichù de railleur.)

FiG. 33o. — Toi.ÉDE. — San Juan

Dli LA Pk.MTENCIA. CHARPENTE MUDÉJARE.

(diché de l\iiileiir.)

ARC/U / LCTL'Ri: Mi'DI.JARE

La frontière Nord du mudéjar est jalonnée par des châteaux fortifiés, au nombre desquels était le château del Barco, que le duc d'Albe, aux termes du contrat passé en 1476, fit décorer à la moresque sous la direction de Juan Rodriguez, — par Salamanque où se trouvent, dans la vieille cathédrale, la chapelle de Talavera ainsi que le magnifique tombeau polychrome du chantre Aparicio — et par un grand nombre d'édifices d'importance secondaire.

En se portant plus à l'Est, Alcala de Henares offre à l'étude l'ancien Alcazar et la chapelle de FOidor. L'Alcazar, construit, semble-t-il, dans le dernier quart du Xlll s. par l'archevêque de Tolède, don Sancho, fils de Fernando il! (1217-1252), fut une première fois modifié par le cardinal Contreras, sous le règne de Juan V (1379-1390). Des plafonds à caissons, du genre appelé artesonado le signalent à l'attention et, aussi, le magnifique Salon de

los Concilios, une vaste et haute nef seigneuriale que couvre une somptueuse charpente polychrome restaurée sous le règne d'Isabelle II.

La chapelle de l'Oidor emprunte son nom à son fondateur, don Pedro Diaz de Tolède, oidor y referendario du roi don JuanIIdeCastille(1407- 1454). Le dessin très

FiG. 33i. — Tolède. — C.vthédrale. j r ^ j J-

„ délicat des décors ou

Salle capitulaire. m • ■ i

(Cliché Lacoste.) l ogive se marie à de . , i65

ESPAGNE

fines arabesques est rehausse d'une polychromie très douce que domine le bleu clair.

Le palais des ducs de l'Infantado, à Guadalajara (fig. 336), est aussi un monument mudéjar, mais il se rattache par ailleurs à l'architecture de la Renaissance. Dans la même région, San Miguel d'Almazan (43 kilomètres de Soria), commencé en 1 220 et terminé sous le règne d'Alfonso X ( 1 253- 1 284), l'un des princes qui favorisa

le plus efficacement la fusion des civili- , ,

sations chrétienne et musulmane, comporte une coupole nervée analogue a celles de l'eghse d'Akhpat (fig. 89), de la mosquée de Cordoue et du Santo Cristo de La Luz {sup., p. 89, 90).

Seulement, les nervures, — ce détail est à signaler, — dessinent en projection un octogone étoile de style persan qui repose par les pointes sur les sommets des trompes et des grands arcs ogivaux.

A Cordoue, l'on notera la chapelle Villaviciosa de la cathédrale (fig. 338) et de nombreuses églises construites

sous les ,, „„ ^, „

riG. ii2. — bEGOVIE. — L.NDUIÏS

règnes décorés. (Clkhé de V auteur.)

d'Alon-

so XI (1312-1359) et de don Pedro I"' (1 350-1 369) : San Nicolas, San Pedro, San Lorenzo, Santa Marina, San Miguel. Cette dernière, présente en saillie, sur le collatéral de droite (côté de l'Epître), une chapelle carrée, couverte d'une coupole sur trompes en arc outrepassé. La même voussure caractérise les fenêtres, la porte de communication, la division des rosaces, tandis que le portail de l'église est de style roman.

Les églises mudéjares de Séville diffèrent de celles de Cordoue par leur caractère plus moderne, la

Fig. 333. — Ségovie. — Palais

du marquis de lozoya.

((Cliché de routeur.)

ALCA/.AR DE SEVll.LE

FiG. 334. — SÉGOVIE.

Ajime:{ décoré

DE KAÏENCES.

((:iii,-lu\ic r..iiilcur.)

suppression fréquente des deux absidioles et la présence d'un clocher-minaret (fig. 337) dont les dispositions générales et la décoration sont calquées sur celles de la Giraida (fig. 276).

A la fin du Xir s., un architecte toledan, nomme Djalubi, fut appelé à Sévllle par le fondateur de la mosquée, Abou Yakoûb Yoûsouf, de la dynastie des Almohades, et chargé de construire le palais qui, après des reprises et des adjonctions, est devenu l'Alcazar actuel. Les modifications les plus importantes furent l'œuvre de Pedro T' (1350- 1369), de Enrique 111 (1390-1407).

de Juan II (1407-1454), d'Isabelle la Catholique (1474-1504) et de Charles- Quint (1505-1558), qui voulut y célébrer son mariage avec dona Isabel de Portugal.

Le plan de l'Alcazar est très simple. Il se déroule autour des portiques d'une cour rectangulaire, le patio de las Doncellas (fig. 340), et comporte des galeries, des pièces carrées et un petit patio supplémentaire, le patio de las Munecas {des Poupées, fig. 341), qui facilite la distribution. La porte extérieure franchie, l'on entre dans la cour de la Monteria ; puis l'on suit une longue galerie, et l'on atteint la cour d'honneur. Alors, à gauche, se présente la façade mudéjare, où s'ouvre un portail somptueux (fig. 339). Sous un auvent très saillant, soutenu par des solives délicatement travaillées et rehaussées de filets d'or et de couleur, se déploie une frise formée de stalactites que supportent d'élégantes colonnetles. Dans les espaces ménagés entre chacune délies, l'on a inscrit en caractère coufique un compliment de bienvenue : Vos sou-

Vu

'i'ib. — Saragosse.

Tour penchée.

FiG. 336. — GfADAI.AJARA.

Patio du Palais de l I.nfantado.

ESPAGNE

haits soient exaucés ! et plus bas, sur une autre frise : Le bonheur, la paix, la gloire, la félicité parfaites (soient votre lot). Toute la partie moyenne et le soubassement du portail ont été repris ou refaits par Pedro I'"^ en 1 364, comme en témoigne une inscription, — celle-ci en caractères gothiques, — gravée après coup sur le linteau de pierre qui encadre la frise d'émail.

La pureté du style andalous ne doit pas surprendre: les travaux furent confiés à des maîtres et à des ouvriers mores que Yoûsouf V Abd el Haddjad envoya de Grenade à la demande du roi. Quant à l'auvent et aux litres supérieures, ils semblent

appartenir, sauf les restaurations, à la construction primitive. Du

moins, de belles répliques en existent à Fez (Portail de la Mosquée

des Andalous, 1207 de J.-C), a

Marrakech, à Mekinés, à Tanger et

à Tétouan, dans les édifices construits par des musulmans venus

d'Espagne durant la domination des

Almohades ou après la prise de

Séville. A l'intérieur, les arcades

polylobées, les merveilleuses dentelles

des tympans, les alicatados (lambris

de faïence) des patios de las Don-

cellas et de las Munecas (fig. 340,

341) furent ouvrés dans les mêmes conditions que le portail.

Les triples arcades de la célèbre salle de los Embajadores (fig.

342) présentent des courbes outre- o. ^

. , . , . IMG. 337. — bEVlLLE. — ;

passées et des voussoirs alternative- Marcos.

ment lisses et ornés qui rappellent (CHché Hauser y Menet.)

— sci'LP'iL'iii: coriiiQUL

FiG. 338. — C-oRDouE. — Cathédrale.

Chapelle Villaviciosa.

iCIichc Miilina.)

par leur style la mosquée de Cordoue. Il s'agit d'une survivance de formes et de decors analogue a celle qui a ete signalée dans les royaumes chrétiens (p. 69, 1 33). Le reste de la salle est mudcjar, y compris la coupole de cèdre qui porte sous la rosace centrale l'inscription suivante, en caractères gothiques : Le maître des œuvres du roi {Juan II), D. Diego Ruiz, me fit. Le travail fut achevé en 1427.

Seville possède encore un monument mudéjar célèbre :

la Casa de Pilatos (fig. 343) construite au xvi s. pour les ducs d'Alcala et qui fut longtemps considérée comme une

restitution de la maison de Pilate, a Jérusalem. Au point de vue décoratif, elle offre un mélange harmonieux de motifs musulmans,

gothiques et platéresques. Mais elle intéresse surtout parce qu'elle réalise le rêve de ces seigneurs de vieille souche chrétienne, qui, dans un pays conquis par la Renaissance italienne, avaient des retours de tendresse pour les arts musulmans.

Durant la période gothique, comme durant la période précédente, la sculpture espagnole fut liée à l'architecture religieuse et subit, mais avec un retard très accusé, l'influence persistante des écoles qui fleurissaient au Nord des Pyrénées. C est ainsi que les chapiteaux du cloitre de la cathédrale de Tarragone sont encore de style roman (fig. 344).

D'autre part, le portail central de la

Fig

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