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tact avec les chrétiens, ils enluminèrent des livres de piete et peignirent et sculptèrent des christs, des vierges et des saints (.st/p.,p.86,92,93, 161, 194). Rien ne s'oppose donc a ce qu'ils aient peint les fameuses coujioles de la salle de la Justicia. Il y a d'autant plus de raison de les attribuer à des artistes musulmans ou mozarabes que les sujets représentés — une délibération du divan et une légende d'amour — différent comme style des œuvres contemporaines des écoles espagnoles ou italiennes. S'il persistait quelques doutes, ils seraient dissipes par la publication des curieuses peintures muri;les de Koseïr Amra (fig. 80, 81) et, mieux encore, par la découverte a l'Alhambra même, dans la tour des Dames, de fresques mcontestablement musulmanes, — cortèges militaires, scènes de chasse, — que cachait un enduit de plâtre.
jirts mineurs. — Les arts mineurs sont représentes dans l'Espagne musulmane par des faïences, des verres émailles, des bijoux, des monnaies, des tissus, des broderies, des cuivres ouvrés, des fers ciselés et des armes.
Il a été parlé des faïences décoratives à propos de l'Alcazar de Seville et de l'Alhambra et des faïences peintes ou à reflets métalliques employées aux usages domestiques à propos des arts rnudéjars {sup., p. 207).
Les verres émailles et. parmi les plus beaux, les lampes de mosquées, ne se distinguent pas de ceux des autres pays musulmans. Il existe quelques bijoux (Musée archéologique de Madrid) et
Fkj. 429
- Lampe
DF.corpÉ.
(.\/i(st% Arch. de yhidrid.l
(Cliché Lacostc.l
CCIVRE
FiG. 43i1. — POM.MEAT DE l.'ÉPÉE r>E BOABDIl..
(Au Marquis de \'illaseca.) (Clichc I.acofle.)
ESPAGNE
des monnaies sans caractères particuliers. Parmi les tissus fabriques en Espagne clans les ateliers musulmans (comp. sup., p. 93, 101, 135), on peut citer, a titre d'exemple, l'ornement de Bernard de Lacal'e evéque de Bayonne ( 1 1 88- 1213), avec une inscription en caractères coufiques bleus sur fond d'or et des arabesques jaunes (Pans, M. de Cluny), de nombreux damas {diaspres) du musée de Vich ou des collections Guiu et Pasco de Barcelone, les belles chapes de la cathédrale de Lérida (xill' s.) et de merveilleux tapis mudéjars, où les inscriptions coufiques des bordures s'allient aux écus de Castille et de Léon et dont certains furent tissés pour les parents des Rois Catholiques (fig. 427). Au nombre des broderies, se placent en première ligne l'étendard (fig. 426) qui fut pris sur les Almohades a la
bataille de las Navas de Tolosa (16 juillet 1212) et les vêtements de Boabdil (fin du XV s.). La bannière est brodée en bleu, rouge, blanc et or. A ne considérer même que la gamme polychrome, elle serait un document précieux à ranger entre les peintures qu'ont fournies les palais africains des Hammadides {sup., p. 206, 214; fig. 9) et les palais espagnols des Nassérides. Les éloges que méritent les broderies sur étoffe sont dus aux broderies sur cuir (fig. 428).
Les cuivres ouvrés appartiennent, en gênerai, a la classe des animaux-aquamaniles (fig. 2 1 0) et sont le plus souvent damasquinés. On fabriquait aussi en Espagne des cuivres découpés, tels que la lampe en double cône (fig. 429), au nom de Mohammed 111 (1 302- 1309), le constructeur de la mosquée de l'Alham-
2lG
Fig. 43i. — I-'oirreai'
de lépée de boabdil.
(Cliché Lacuste.)
ARMES DE nOABÙIL
;. 4^2. — (^\si,)ri- i)K BoAKDii.