‹ Espagne et PortugalChapitre 9 sur 181 · EXODE DE 1/ ARCHITECTURE CATALANE · texte numérisé non relu

EXODE DE 1/ ARCHITECTURE CATALANE

du midi delà France, qui s'introduisit en Espagne par la Navarre et la Galice. Fout autre fut le sort des églises catalanes du IX« siècle, dont il reste par bonheur de remanjuables spécimens (/n/., p. 73 a 80). Comme des deux côtes des Pyrénées, le pays formait un Etat homogène ; les échanges étaient constants entre la France et l'Espagne. Cette circonstance facilita l'exode de l'architecture chrétienne. Elle se répandit au dehors de la C^atalogne, conquit les zones que les arts de Byzance n'avaient pas colonisées et contribua pour une large part à la constitution des architectures où l'on retrouve les thèmes voûtes irano-syriens et, en particulier, à celle des architectures clunisiennes (/n/., p. 102 a 105). Je SUIS loin de prétendre que 1 art roman français ne se reconnaisse d aïeux qu'en Perse et en Syrie. L'on s'assurera du moins que l'eglise-basilique latine suivit deux routes divergentes au sortir de l'Italie : par l'une, elle fut portée en Gaule et en Espagne, et par 1 autre, en Asie. C'est la basilique modifiée au contact de l'Orient iranien, qui fut introduite en Catalogne dans les circonstances que j'ai dites, y fit un stage et pénétra en France, oii elle rejoignit l'eglisebasilique latine après avoir accompli divers circuits dont l'un l'avait amenée sur les confins du Turkestan chinois {inf., p. Vil, 38, 39). Des ce moment, le type latin primitif subit une modification analogue a celle que l'introduction des arts byzantins lui avait imprimée dans certaines provinces d'Italie et de France, mais quand même très distincte. Et, par un retour bien singu- \ l

lier, la modification spécialement f,,,. ,o.-Taibis. -Mosquée église, due aux influences iraniennes qui dite .Mosquée Bleui; wari. v^S).

FiG

— San Miguel de Lino (pari. a;i'î. ^'oi^ fig. i3i).

ESPAGNE

avaient atteint la Catalogne et s'étaiei propagées de la jusqu'en Bourgogni traversa la France du Nord-Est au Suc Ouest, laissant des traces magnifiques c son passage, et aboutit a 1 extrémité occ dentale et au Sud de la chaîne quel avait franchie a l'Orient et en sensinver: un Siècle plus tôt (,/n/., p. 107 à 110 C'est aux églises fameuses de Tarras légitimées héritières de la vieille basiliqi catalane d Egara, que s'achève la périoc de gestation

de l'architecture proto-romane de l'Espagne (/n/., p. 73 a 76) ; c'est a Santiago de Compostela (Saint-Jacques de Compostele) que s'epanouit, dans tout l'éclat de la jeunesse, son architecture romane (/n/., p. 108 à I 10). La France, qui s'interpose entre ces deux stages, gardera pour de longues années la direction artistique des écoles dont elle a féconde la richesse naturelle. Le chapitre iv comprendra l'histoire de ces premiers contacts. Les suivants seront consacrés a l'œuvre désormais fondée,

Fig. 12. — S.\NTA Cristina

DE Lena (J'flri. v. avecadjonclio

d'un porche. \'oir fig. 187, iSq

Fig. l'i. — Tarrasa.

San Miguel {vari. a'^S.

\'oir fig. 161, 162).

aux apports dus a l'étranger et au rayonnement d génie national par delà des frontières qv les soulèvements terrestres et les abim< de la mer ont assignées a l'Iberie.

Ne m'occupant de l'Iran préislamiqt que dans ses relations avec 1 Espagne ^ le Portugal, il me sera impossible d'en brasser les immenses territoires qui prof terent de sa civilisation. A peine y feraiallusion. Et pourtant lexistence des raj ports entre l'Asie occidentale et la Pénu suie eût trouvé une confirmation précieux dans l'étendue des recherches. En effe

MICRATIO.WS DES ARTS PERSES

l'iC. I.). til'.HONE.

San Nicolas {vari. a'.

Voir fie. i6ô).

avant de se manifester sur le littoral sud de la Méditerranée, dans ses grandes lies et, plus tard, en Espagne, l'architecture et la sculpture complexes de la Perse sassanide et ses arts mineurs, 1 orfèvrerie, la céramique, la verrerie, la broderie, le tissage, — avaient chemine a travers F Inde, le Turkestan, la Mongolie et l'Extrême- Orient et s étaient acclimatés dans la Turquie d'Asie actuelle, le Nord de l'Arabie et l'Egypte copte.

Je n'ai pas consacre un travail d'ensemble aux migrations de l'art antique de la Perse, mais, du moins, j'ai communiqué à 1 Académie des Inscriptions et Belles- Lettres des travaux où la question est envi-

agée sous des aspects très divers et nouveaux. Entre autres études

)ersonnelles, on trouvera dans les Comptes Rendus " : les Piliers

'^unéraires de Va-Tchéou fou (1 5 juillet 1910) ; le Vase d'Hôr\)ouji

23 Juin 1911) (m/., fig. 57) ; la l/oussure ogivale et les Voussures

terses à faible poussée (1 1 Août 191 1). Dans les Mémoires

t. XXXVI II. 2' partie, p. 2 15):

e Mausolée d'Halicarnasse se

apporte à l'origine chaldéenne du

ysteme septénaire et à son appli-

:ation à la restitution rythmée du

élèbre édifice. D'autre part, le

'ournal des Savants (191 1 , p. 24 1 )

i publié une étude critique de

ouvrage de Miss Gertrude Bell

elatif aux Thousand and one

Zhurches (inf, fig. 84, 85 ;

;omp. fig. 86), où ]'ai montré

:ombien l'influence de l'architec-

ure perse avait été effective et

puissante en Lycaonie et y avait

persisté en dépit de l'action exercée

)ar Byzance. ^'"'^'- '-''■ - ''"''- dégi.isi:

A c j II- 1 1 AHMÉNIENNK [l'avi. 'j.'A. \'oir fie. St

Atin cie rendre brèves les des- i- c ' . . ?•

. . j»-j-r 111 comp. hg. 0. 7b ; 1 1, loi ; K->. 1021.

:riptions d edihces que le début de ichoisw nui. de rjrchiiceiure)

ESPAGNE

ce travail nécessitera, les constructions voûtées orientales primitives ont été réparties en trois genres et neuf variétés.

Genre ^. — Tracés cruciaux avec une voûte dominanfe sur la salle centrale. (Ex. : Salle A du palais de Sarvistan, fig. 3, 25.)

Genre 3. -^— Salle centrale également couverte d'une voûte dominante mais entourée d'un déambulatoire qui. au point de vue statique, joue le même rôle que les branches de la croix. (Ex. : Salle centrale du palais d'Hatra, fig. 5, et du Kasr el Menar, fig. 9.)

Genre Y- — Nef butée par des collatéraux. (Ex. : Nef du palais d'Hatra, fig. 5.)

Variété 3c'. ■ — Crucial trilobé. (Ex, : Salle centrale du palais de Mchatta, fig. 4.)

Variété ^ . — Crucial avec angles extérieurs garnis par des annexes qui ne sont pas nécessaires pour assurer la stabilité de la voûte centrale. (Ex. : Type byzantin, fig. 82.)

Variété P . — Variété polygonale ou circulaire avec déambulatoire. (Ex. : Transcription chrétienne : Saint-Sépulcre de Jérusalem. Transcription musulmane : Koubbet es Sahkra, fig. 95, 96, 98.)

Variété ',' . — Nef butée par des collatéraux que des arcades sur colonnes séparent de la nef. (Ex. : Salles C du palais de Sarvistan, fig. 3, 24, et vestibule du palais de Mchatta, fig. 4.)

Variété ^{j. — Crucial inscrit dans un rectangle. Les constructions annexes des angles extérieurs consolident les piles qui portent la voûte centrale. (Ex. : Salle B de Sarvistan, fig. 3, 27.)

Variétés y-[j'^' et ^'7 . — Type de l'eglise chrétienne avec nef, collatéraux et chevet. (Ex. : Salles C et B du palais de Sarvistan, fig. 3, et salle centrale du palais de Mchatta, fig. 4.)

Variété acjjo. — Variété ^X avec adjonction de Yabsis 5, d un porche analogue à ceux du palais de Sarvistan (fig. 3) et de deux annexes a côté de Yabsis. Type d'un grand nombre d édifices religieux chrétiens (fig. Il, 13, 131, 161, 1 62) ou musulmans (fig. 1 0), dont l'église arménienne (fig. 1 5) offre une représentation schématique. (Ex. : Prœlorium de Phaena, fig. 6 et 78.)

Variété z^ s. — Adjonction d'une abside ^ à la combinaison y.y (Ex. : Saint-Georges d'Ezra, fig. 7 et 79.)

FiG. i6.

Kou.M.

i'ANOIlA.\l\ 1)1, MAISONS PKRSANES VOUTEES.

(Cliciic de i auteur.)

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