LE PARDO
@ 14 k. N. de Madrid. — De la Puerta del Sol ;^a^électr. (Bombilla) jusqu'à San Antonio de la Florida (20 c), pais ^^^ à vap. jusqu'au Pardo (1" cl. 1 fr., 2« cl. 60 c). On peut s'y rendre aussi en voit. (12 p. au moins; une voit, de louage à 2 chev., 20 à 30 p.). — La visite est tarifée : 1 p. par personne ou groupe de 4 personnes. — Il faut compter presque une après-midi pour cette excursion (partir par le tram de 3 h. du soir à la Florida).
On sort de Madrid par le paseo de la Florida, qui longe la rive g. du Manzanares et, suivant une belle avenue, on attteint la pusrta de Hierro (porte en fer), construite sous Ferdinand VI vers 1753 et servant d'entrée au parc royal du Pardo. A dr. et à g. de la porte s'étend un mur épais haut de 2 m. 50 et qui entoure la propriété dans toute son étendue sur un pourtour de 99 k.
La fprêt du Pardo, plantée de chênes et d'yeuses, est divisée en
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20 quartiers qui contiennent 26 maisons en pierre, dont quelquesunes très grandes, destinées aux gardes de la propriété.
Un square sépare la station du château. — Le Palacio, construit sous Charles-Quint en 1543, agrandi et modifié en 1772 par ordre de Charles III, forme un quadrilatère avec une tour à chacun des angles et est entouré par un large fossé. L'entrée principale se trouve sur le côté S. On entre par le côté (sonner) dans une jolie cour carrée (pourb., 1 p.).
Les appartements sont ornés de riches tapisseries do la manufacture de Madrid d'après les dessins de Goya, de Bayeu, de Castillo (paysages, chasses, scènes champêtres et histoire de Don Quichotte), et de Teniera (scènes flamandes), et de belles fresques par Carcès, Carduccio, Bayeu, Alaella, Galoez, Ribera et Zacarias Veldzguez. Les décorations en stuc des plafonds de plusieurs salles, par Robert Michel, sont de véritables chefsd'œuvre du genre.
En suivant une allée au sortir du palais, on atteint en 5 min., à g., la Casita del Principe; c'est un joli édifice construit par ordre de Charles IV, quand il était encore prince des Asturies, et destiné aux jeux des personnes royales. L'intérieur (ac luellement fermé), avec ses stucs et ses marbres, ses sculptures, ses magnifiques lustres et ses meubles, est un petit musée. •
11 y a en outre, dans le parc, deux autres palais appelés la Zarzuela (dans le quartier du même nom) et la Quinta (dans le quartier de Valpalomero, puerta de Hierro).
Uéglise du Santo Cristo (couvent des Capucins), sur la rive dr. de la rivière, est, le 15 nov., un but de pèlerinage.
a» L'ESCORIAL
ç^ du Nord 51 k. (pour se rendre de la Puerta del Sol à la gare du Nord on peut prendre le tram qui porte sur sa pancarte « Bombilla », ^0 c). — Trajet en 1 h. 30 à 2 h. — Prix : 6 p. 40, 4 p. 80, 2 p. 90. Aller et ret. 8 p. 40, 6 p. 30, 3 p. 75. Billets spéciaux d'aller et ret., les dim. et fêtes en été ; 6 p. 70, 3 p. 10, 1 p. 90.
On partira de Madrid par le train du mat. ; on trouve à la gare (se méfier des guides) de nombreuses voitures (50 c. la course), des omnibus et un omnibus automobile, qui montent au village d'en haut. On se rendra de suite au bureau de l'administration (Palais royal) pour se faire délivrer les billets de visite; on paie 1 fr. pour voir le Panthéon et les salles capitulaires et 1 fr. pour le Palais royal et la Casita del Principe; entrée gratuite le dim. ; les autres parties sont visibles gratuitement ou moyennant pourboire.
Heures de visite : -- Eglise ; jusqu'à 1 h. — Panthéon, de 10 h. à 1 h. et de 2 h. à 5 h. — Sacristie et chœur, de 10 h. à 1 h. — Salles capitulaires, de 10 h. à 1 h. et de 2 h. à 5 h. — Bibliothèque, de 10 h. à 12 h.; de 2 h. à 4 h. — Palais royal, de 10 h. à 4 h. — Casita del Principe, de 2 h. à 5 h., en été de 3 h. à 7 h. — iV. B. La Bibliothèque est fermée le dimanche.
Les tarifs approuvés par l'administration sont, pour les interprètes : de I à 3 pcrs., 5 p. ; pour les guides, de 1 à 3 pers., 2 p. 50. Les guides^nterprètes n'entrent ni dans le , Panthéon, ni dans les salles capitulaires, ni dans le palais.
11 faudra donc visiter, avant de déjeuner, le Panthéon, la sacristie et le coro do l'église. Après le déjeuner on visitera le cloître, l'ancienne église,
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les salles capitulaires et le palais (les gardiens qui accompagnent parlent français). Ensuite on pourra descendre à pied par une grande avenue (se faire ouvrir la grille à dr. sur la route qui descend à la gare) au petit palais dit Casita del Principe, situé tout près de la gare. On rentre à Madrid pour l'heure du dîner.
50 k. de Madrid à la station d'Escorial (R. 19, A, en sens inverse).
El Escorial (buvette à la gare) est le nom du village, formé de deux agglomérations distinctes, séparées par le chemin de fer, el Escorial de Abajo (d'en bas), à g. en venant de Madrid, et el Escorial de Arriba (d'en haut), à dr.
Hôtels : — JReina Viôtoria^ de l«r ordre, avec très belle vue, paseo de Torreos (pens. dep. 12 p. 50 par j .) ; — Miranda, calle de Florida Blanca (bon; dep. 8 p. par j.; déj. 3 p. 50; dîn. 4 p. 50; on y parle français); —
Nouvel-Hôtel^ calle Peguerinos (déj.
3 p. et 4 p.; dîn. 3 p. 50 et 4 p. 50; 60 ch. dep. 2 p. 50; pens. dep. 8 p.; cuisine française); — Espanol^ calle de Florida Blanca (déj. 3 p.; pens.
De la gare (963 m. d'alt.), près de laquelle se trouve une importante fabrique de chocolat, une route et une allée longeant les jardins del Principe à g. (F. plus loin), montent au N.-O. (20 min. à pied, 10 min. en voit.) au village d'en haut, situé à 1,000 m. env. d'alt., sur le flanc du Guadarrama, composé de maisons et de villas qu'on loue pendant Tété. La rue principale est la calle de Florida Blanca, plantée d'acacias et bordée à g. par les bâtiments de V Ecole des ingénieurs des forêts; à dr. se trouve un petit square devant VAyuntamiento. A g., une rampe descend à la calle de la j Parada, qui borde la façade N. du monastère.
Contournant le monastère à dr., on gagne la plaza de Monasierio, avec, à g., la façade principale tournée vers l'O. et, à dr., des corps de bâtiments dits casas de los Ofîcios, de los MinisterioSy de los Infantes de la Campania, dépendances du monastère.
Le monastère royal de San Lorenzo, commencé en 1563 par Juan Bautista de Toledo et terminé en 1584 par Juan de Herrera^ fut fondé par Philippe II en souvenir de la prise de Saint-Quentin et pour l'accomplissement d'un vœu fait à St Laurent, dont l'église avait été canonnée pendant le siège. L'édifice, auquel le roi voulut donner la forme du gril sur lequel le saint avait soufl'ert le martyre, occupe un parallélogramme régulier de 208 m. du N. au S. et de 162 m. de l'O. à l'E. Le manche du gril est figuré par l'habitation royale qui se détache à angle droit du côté E. Les pieds sont représentés par des tours hautes de 56 m. qui s'élèvent aux quatre angles. L'édifice est entièrement construit en granit d'une couleur gris bleuâtre provenant du Guadarrama. On y compte 16 cours, 1,110 fenêtres extérieures, 1,600 intérieures, 1,200 portes, 86 escaliers. L'aspect en est grandiose, mais monotone et froid.
La façade principale présente trois portails monumentaux et se termine par deux hautes tours carrées. On a employé à la construction du portail principal d'énormes blocs pour lesquels il a fallu des chars spéciaux traînés par 40 paires de bœufs. Au-dessus de la porte s'élève la statue en pierre (par J.-B. Monegro) de St Laurent^ haute de 4 m. 20 (les ^ieds, les mains et la tète sont en
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marbre blanc). On pénètre sous un vaste vestibule voûté donnant accès à la Cour des Bois qui mesure 64 m. sur 38 m.
Au fond s'élève la façade de 1' * église, précédée de larges degrés et formée de 6 hautes colonnes doriques portant les statues colossales en pierre et en marbre, par Monegro, des 6 rois de Juda : Josaphat, Ezéchias, David^ Salomon^ Josias et Mariasses (les couronnes, les sceptres et autres attributs sont en bronze doré). L'église est surmontée de deux tours d'angle hautes de 72 m. 80 et d'une coupole avec lanterne et la^ternon, terminée par une pyramide cannelée haute de 8 m. Cette pyramide porte une boule creuse en métal de 2 m. de diamètre, et du poids de près de 1,500 kilog. ; enfin se détache au-dessus de la boule une croix en fer haute de 4 m. 50. Le sommet de la croix se trouve à 95 m. du sol de l'église.
Intérieur. — On entre dans l'église (ouverte de 5 h. mat. à 1 h. s.) par le bajo coro (chœur inférieur), partie de l'église autrefois destinée au public et présentant une voûte surbaissée d'une architecture remarquable. Audessus se trouve le coro (V. ci-dessous).
L'église, dans laquelle on entre par une belle g7Hlle de bronze, forme un vaste espace carré de plus de 50 m. de côté, construit en granit avec une grande sobriété d'ornementation, pavé en dalles de marbre blanches et grises, et partagé en 3 nefs par 4 énormes piliers carrés de 8 m. de côté, placés au centre, à 15 m. 50 l'un de l'autre, supportant de grands arcs audessus desquels s'élèvent la base circulaire de la coupole, puis la coupole elle-même de 17 m. de diamètre. Tout cet intérieur offre un aspect grandiose. Les voûtes des nefs sont ornées de huit fresques peintes par Luca Giordano sous le règne de Charles II ; nef centrale : 1° devant le coro, le Jugement dernier; S*» en avant de la Capilla Mayor, Mort, Sépulture et Assomption de la Vierge ; nef dr. (en montant) : 3*» Allégorie symbolisant la pureté virginale de la Mère de Dieu ; 4° Victoire des Israélites sur les Amalécites; 5° Jugement de St Jérôme; nef g. (en descendant) : 6® l'Annonciation, la Conception, la Naissance du Sauveur, l'Adoration; 7° les Israélites voyageant dans le désert; 8» le Triomphe de l'Eglise militante.
On compte autour de l'église 42 autels ayant, la plupart, pour retables, de beaux tableaux peints par Fernandez Navarrete dit el Mudo, Zuccaro^ Juan Gomez, Luca Cambiaso, Luis de Carbajal, Pellegrino Tibaldi, Jacques de Urbina, Cincinnatr, Alonso Sanchez et Michel de Coxcie.
De chaque côté du maître-autel deux grands autels sont dits des Reliques, à cause des nombreuses reliques qui y sont conservées (on estime à 7,500 le nombre des reliques que possède le monastère).
La * Capilla Mayop, ornée de marbres précieux, et, à la voûte, d'une fresque par Luqueto (Couronnement de la Vierge), renferme le maître-autel, les oratoires et les monuments royaux. — Le retable, haut de 30 m., œuvre de Giacomo 'Irezzo de Milan, est formé de marbres de toute espèce, d'ornements dorés, de statues de bronze plus grandes que nature, et de peintures par Pellegrino Tibaldi et Francesco Zuccaro ; les sculptures et les statues sont pour la plupart de Leone Leoni et de Pompeo Leoni, son fils ; l'une d'elles, un Saint Paul, placée au dernier étage, porte la date de 1588. — De chaque côté de la chapelle les oratoires renferment deux groupes de * statues en bronze doré : à g., Charles-Quint, armé, revêtu du manteau impérial, ayant à sa g. l'impératrice Isabelle, mère de Philippe II, en arrière l'infante dona Maria, leur fille, puis les infantes Eleonor et Maria, sœurs de l'empereur, toutes à genoux et les mains jointes. A dr. (ce groupe est de Pompeo Leoni) : Philippe II, armé, portant le manteau royal; à sa dr. la reine Anne, sa quatrième femme, mère de Philippe III; en arrière, la reine Isabelle, sa troisième femme; à dr. de celle-ci, la reine Marie, princesse
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de Portugal, première femme du roi et mère de l'infant don Carlos (placé 3 derrière sa mère). i
Le * Panthéon, ou caveau destiné aux sépultures des rois d'Espagne, est situé sous la Capilla Mayor. On y descend par un escalier dont l'entrée se trouve à g. du passage qui conduit de l'église à la sacristie. A un premier
LEGENDE
Z Oratoire de FMÎippe.
4 Ânté Sacristie,
5 Sacristie
^ Camarm.
2 Salle des Secrets.
8 ^OTid I^scalzer.
9 BibUotJièqiLe des rnazinscrits
'SSi Réfectoire
Fia
Entrée principale