‹ Espagne et PortugalChapitre 106 sur 196 · el MoTiasterio · texte numérisé non relu

el MoTiasterio

palier se détache à dr. l'escalier du caveau des infants (V. ci-dessous). Au delà d'une porte en marbre de Tolède, richement ornée de bronzes dorés, commence un escalier (mal éclairé) de 34 marches, à revêtements et voûte en marbres de couleurs. Trois paliers partagent cette descente. A dr. du premier palier se trouve l'entrée du caveau dit le Pudridero^ où les corps séjournent cinq ans avant d'être placés dans le Panthéon. T»

.# Le Panthéon des Rots est une pièce octogonale de 10 m. de diamètre sur un peu plus de hauteur, revêtue entièrement de jaspes, de porphyres et de marbres non moins précieux, relevés par une profusion d'ornements en bronze doré. L'entrée occupe un des côtés de l'octogone; sur le côté qui y fait face s'élève un autel surmonté d'un Christ en bronze, p&r Pietro Tacca. Les six autres côtés sont occupés par quatre rangs de niches superposées, renfermant chacune un cippe de forme antique, en marbre noir, avec un cartouche portant le nom du roi dont ce cippe a reçu la dépouille. Les rois

Il L'ESGORIAL. H [R. 24] — 271

occupent e côté g. (Isabelle II se trouve de ce côté), les reines qui ont laissé succession sont du côté dr. On compte ainsi 26 tombes (deux audessus do la porte); il n'en reste qu'un petit nombre d'inoccupées.

Le Panthéon des Infants et des reines sans succession est relativement d'une grande simplicité. Les tombes sont rangées le îong des murs ; sur chacune se lit une devise latine; au-dessus, des plaques en marbre rouge

f>ortent les noms que surmontent les armoiries. Dans la P* salle se trouvent es tombes de la famille de Montpensier. Plus loin un tombeau avec statue couchée renferme les restes de don Juan d'Autriche; puis un monument, en forme de rotonde, les restes des infants.

La Sacristie, dont l'entrée se trouve à côté de l'escalier du Panthéon, et qui précède I'antésagristie (voûte peinte à fresques; à g., fontaine en marbre), est une vaste sallo (à la voûte, peintures par GraneUo et Fabricio Castello)^ longue de 30 m. sur 9. Un butfet, formé de bois variés, occupe tout le côté dr. et renferme les ornements sacrés ; il est surmonté d'armoires au centre desquelles on remarque un beau miroir en cristal donné par la reine Anne d'Autriche. Des tableaux très remarquables (entre autres de Ribera et do Greco) ornent les murs. A l'extrémité est l'autel de la Santa Forma [Sainte Hostie), en marbre, avec ornements en bronze doré. Des basreliefs en marbre blanc représentent la Sainte Hostie foulée aux pieds par des hérétiques, recueillie par l'empereur d'Allemagne Rodolphe II, et envoyée au roi Philippe II. Un grand * tableau, chef-d'œuvre de Claudio Coello, qui occupe tout le retable, figure la perspective de la sacristie ellemême et de l'église pendant la procession qui eut lieu pour la réception de la Sainte Hostie (les personnages sont autant de portraits historiques). Aux fêtes de St Michel et de St Simon (29 sept, et 28 oct.), ce tableau descend par des coulisses au-dessous de l'autel et laisse voir une chapelle intérieure ou CAMARiN, avec un riche tabernacle en bronze doré, dans lequel est exposée la Santa Forma. On peut pénétrer dans le camarin par une porte qui ouvre sur le côté dr. do l'autel ; l'intérieur en est très richement décoré.

A g. (en venant de l'église) de la porte de l'antésacristie, ain escalier monte au !«' étage de l'église, oii se trouve, adossé à la façade, le coro {coro alto ou chœur supérieur), orné de fresques par Cincinnati et Luqueto. On y remarque : — 124 stalles de bois précieux, exécutées d'après les dessins de Herrera ; l'ornementation et la sculpture sont d'une graude sobriété ; celles du prieur et do ses deux assistants, au milieu de la haute rangée du fond, sont un peu plus importantes, et se terminent par une espèce de dais que couronne une petite statue de St l^aurent; à l'extrémité dr. (en regardant l'église) de la rangée du fond est la stalle où se plaçait Philippe II, lorsqu'il venait assister aux services divins; — au centre, un immense lutrin pesant plus de 5,500 kilog. ; — à la voûte, un riche lustre en cristal de roche; — deux belles «t grandes orgues.

Au fond à dr., une porte donne accès à un étroit couloir qui conduit a une petite salle ou chapelle dont l'autel est surmonté d'un magnifique * Christ en croix en marbre blanc, d'une admirable expression, avec cette inscription : Benvenutus Celinus (Benvenuto Cellini) civis florentinus faciebat, 1562. Cette belle œuvre fut donnée en 1576 à Philippe II par le grandduc de Toscane : elle a subi quelques réparations.

La BIBLIOTHÈQUE DU CORO so composo des énormes livres de chant du lutrin, rangés, la tranche en dehors, dans des casiers de bois de prix. Ces livres, au nombre de 218, hauts de 1 m., ont, ouverts, un développement de 1 m. 66. Ceux qui servent les jours des principales solennités sont ornés de vignettes et d'enluminures d'un rare mérite, œuvre d'Andrés de Leôn e: de son élèvo Juliàn de la Fucnte.

Au S. de réglise, le cloître [clausiro bajo), aux galeries décorées de mauvaises fresques, entoure le Patio de los Evangelistas, de iO m. de côté, d'un bon style d'architcclure à 2 ordres, avec parlerre,

272 — [B. 24] Il ENVIRONS DE MADRID. H

fontaines, temple donqne haut de 16 m. 80 (dans des niches, statues des Evangélistes par Monegro).

Au centre de la galerie O. se développe le grand escalier construit par Jean-Baptiste Castello, de Bergame, et orné de fresques par Luca Giordano (à la voûte, la Gloire céleste ; frise représentant la bataille, le siège et la reddition de Saint-Quentin et, sur le côté E., la fondation du monastère de FEscorial ; remarquer dans la frescjue N. comme un coin de toile se détachant du mur au-dessous de la corniche et retombant sur le tableau ; Giordano avait peint ce trompe-l'œil parce qu'on avait cherché à persuader au roi Charles II qu'il ne savait pas peindre à fresque). On ne peut pas monter au cloître supérieur.

Au delà de l'escalier, dans la galerie O., ancienne église (iglesia antiqua)^ la première construite, renfermant trois tableaux attribués à Titien (Adoration des Mages, Ecce home, Martyre de St Laurent), et anciennes stalles (vue sur les jardins).

Sur la galerie S. s'ouvre la salle du Chapitre (ou salles capitulaireà, salas capitulares), longue de 56 m., divisée en deux parties par un vestibule central. Cette salle, dont la voûte est décorée dans le style pompéien, renferme un certain nombre de '♦'toiles remarquables : — Partie dr. : P. Véronèse (?). Annonciation ; Velâzquez. Jacob et ses fils (les frères de Joseph apportent à leur père Jacob la tunique ensanglantée de Joseph comme preuve do sa mort; tableau peint en Italie vers 1630); Ribera. Jacob; Titien. La Cène (tableau mutilé et repeint; fait en 1564 pour le réfectoire de l'Escorial) ; Le Greco. St Maurice et ses compagnons martyrs (1582), Philippe II entre le ciel et l'enfer {la Gloria de Felipe II \ même époque); Titien. St Jérôme; Ribera. Trinité, Nativité. — Partie centrale ; J. Bosch. La Création (triptyque), le Chariot de foin (triptyque, sujet allégorique), Ecce homo; Patenir (?). St Christophe. — Partie g. : Le Tintoret. Nativité, Esther et Assuérus, Lavement des pieds, la Madeleine; R. van der Weyden. Dépo sition de croix (original d'une composition souvent reproduite). Christ en croix entre la V. et St Jean. — Salle du fond : vêtements sacerdotaux brodés ; retable en argent doré; dans une vitr., diptyque et coffret en ivoire (x« s.), reliure ornée de broderies, coffret en émail de la fin du xiv' s. ayant appartenu à Jeanne la Folle, orfèvrerie religieuse; mitre épiscopale, travail mexicain du xvi« s.

Au S. du vestibule de l'église s'ouvre la salle des Secrets {sala de los Secretos)^ ainsi nommée parce qu'on y entend d'un angle quelconque les paroles prononcées à voix basse dans l'angle opposé.

Dans la cour des Rois, à dr. de la porte principale, un escalier monte à la * Bibliothèque des imprimés, vaste salle longue de 52 m., large de 9 m. 50 et haute de 10 m., divisée en trois travées, richement ornée et décorée de fresques par Carducci\ celles de la voûte : (les Arts libéraux) sont de Pellegrino Tibaldi.

Des tables de porphyre et de marbre, une mappemonde et 7 vitrines tournantes occupent le milieu de la salle, dans toute sa longueur. — Au mur à dr., portraits : de Philippe II, de Charles-Quint, de Philippe III, tous les trois par Pantoja de la Cruz, de Charles II par Carreno, de Herrera (paroi d'entrée), l'architecte de l'Escorial, et de Arias Montano (paroi iu fond), le premier bibliothécaire de la collection.

Les plus anciens volumes de la collection sont à tranches dorées avec le titre écrit sur la tranche, ce qui fait qu'ils sont rangés le dos contre le mur. Parmi les ouvrages exposés dans les vitrines tournantes, nous signalerons, outre des missels et des livres choraux: — (2® vitr.) un livre de, prières richement enluminé qui a appartenu à Charles-Quint; — (5® vitr.) un Tolume richement relié, à coins de bronze et à fermoirs d'argent, dit

Il L'ESCORIAL. Il [R. 24] - 273

Codice aureo, contenant en lettres d'or les quatre évangiles, les préfaces et épîtres de St Jérôme et les canons d'Eiisèbe et de Césarée, et datant du temps de l'empereur d'Allemagne Conrad et de son fils Henri II; une copie richement ornée et enluminée de l'Apocalypse de St Jean; — (l» vitr.) le Codice Albeldense, de 976.

Le Collège (au S. de la cour des Rois) et le Couvent (au N. de la cour des Rois), dont la bibliothèque des manuscrits est fort riche, ne sont pas visibles.

Le Palais (entrée au milieu de la façade N.) occupe env. le quart de rédillce. On monte au 1*' étage (attendre si la porte est fermée) et un domestique accompagne les visiteurs.

Ce c^ue l'intérieur du palais offre de particulièrement remarquable, c'est la série de fort belles tapisseries, d'origines espagnole et flamande, qui recouvrent les murs de toutes les salles. Rien de plus coloré, de plus lumineux que certaines tapisseries d'après Groya ou Bayeu.

Antichambre : tapisseries d'après Wouwerman et Teniers. — Salle a MANGER : tapisseries d'après Goya, Wouwerman et Bayeu. — Antichambre : tapisseries d'après Goya et Bayeu. — Salon des Ambassadeurs : tapis^ séries d'après Bayeu, Goya et Maella. — Cabinet de toilette : Histoire de Télémaque, tapisseries d'après Rubens; 2 dessus de portes d'après Teniers. — Chambre a coucher du Roi : suite de l'Histoire de Télémaque. — Chambre du Prince : Chasses, d'après Wouwerman. — Chambre de la Princesse : tapisseries de style pompéien. — Chambre : tapisseries d'après Goya et Bayeu. — Antichambre : Chasses, d'après Wouwerman. — Chambre de l'Infante : tapisseries d'après Teniers; dessus de portes d'après Bayeu.

Salle des Batailles : longue galerie de 55 m. dont la voûte est décorée dans le style pompéien et dont toute la paroi en face des fenêtres est occupée par deux immenses fresques de Granello et de Fabricio Castello représentant la Bataille de la Higueruela (1431 ; copiée en 1587 d'après une tapisserie trouvée à l'Alcazar de Ségovie) et la Victoire remportée sur les Arabes par le roi don Juan II sous les murs de Grenade. Sur l'autre paroi de la galerie et dans les panneaux qui séparent les huit croisées, les artistes ont peint : la Bataille de Saint-Quentin ; la Capture du connétable de Montmorency; le Siège et la Prise de la ville; la Bataille de Gravelines; la Grande Revue, passée par Philippe II, de l'armée destinée à la conquête du Portugal. Aux deux extrémités sont représentées deux Expéditions maritimes faites aux îles Açores sous le règne de Philippe II ; c'est un curieux spécimen de tous les modèles de navires et d'embarcations de ce temps. — Salle a manger de Philippe II : tapisseries d'après Teniers et Bayeu (un dessus de porte). — Corridor longeant à g. la plus petite des cours de î'Escorial (cette cour représente l'œil du gril de St Laurent).

Salle des Ambassadeurs. On est ici dans l'appartement {habitaciôn) de Philippe II. C'est là qu'il mourut (30 sept. 1598) après une longue et douloureuse maladie. Une salle oblongue, carrelée, aux murs nus et blanchis à la, chaux, éclairée par trois fenêtres donnant sur les jardins. C'était là que la haute noblesse espagnole, que les ambassadeurs des grandes puissances de l'Europe venaient attendre le bon plaisir de ce roi sombre et soucieux. On y voit : quelques tableaux (les Sept Péchés capitaux par J. Bosch, un petit triptyque de l'école de G. David, etc.), des sièges de l'époque, une lampo, un glooe céleste, un reliquaire en acier et cuivre ciselé, une vitrine (Descente de croix en ivoire, encriers de Philippe II, bénitier, livre de messe, portefeuille), les tabourets de campagne de Philippe II, du duc d'Albe et de son secrétaire, un siège en x de Charles-Quint. Dans cette salle, deux larges portes en chêne poli, à deux vantaux, ouvrent sur deux cabinets carrés également nus, éclairés seulement par les portes. Dans celui de dr. le

274 — [R. 24] Il ENVIRONS DE MADRID. ||

cabinet de travail de Philippe II, on conserve : son siège, deux petits pliants (l'un pour l'été, l'autre pour l'hiver) où il allongeait sa jambe quand il avait la goutte, son bureau-casier, le petit harmonium de Charles-Quint au monastère de Yuste. Celui de g., la chambre à coucher, communique avec l'oratoire au fond duquel s'ouvre une baie pratiquée dans le gros mur qui sépare ce retrait de la Capilla Mayor de l'église {V. ci-dessus) et fermée par des volets de bois. De là, lorsque ses souffrances ne lui permettaient pas d'aller occuper dans le chœur sa stalle accoutumée, il entendait les chants des moines et voyait le prêtre officiant.

On descend un escalier et on sort dans une galerie basse (tableaux de bataille). De là on peut gagner le cloître (F. ci-dessus).

Des jardins soutenus par des terrasses s'étendent à l'E. et au S. Au delà, la vue s'étend sur un vasle panorama.

De la calle de la Parada, on peut revenir à la gare en traversant les jardins del Piûncipe {se faire ouvrir la grille), dans lesquels, à dr., le pavillon de Charles IV, Casita del Principe, ou Casita de Abajo, en forme de T, renferme une série de pièces décorées avec beaucoup de goût dans le style Louis XVI : jolis plafonds peints dans le style pompéien, murs tendus en étoffes de soie de Valence, très riche mobilier; nombreuses peintures (écoles espagnole, italienne et française).

[On peut aller voir, à 3 k. au S. (45 min. pour les piétons), la Silla del Rey, banc taillé dans le roc, sur une hauteur, au milieu d'un bois de chênes, et sur lequel Philippe II venait s'asseoir. Pour cela on suit la route qui passe devant la façade principale du monastère et traverse un portiqua : à g., jolie vue sur la façade S. du Couvent et ses terrasses; à 100 m. de là, on entre dans les bois de la Herreria par une porte de granit, on suit un chemin au S. qui aboutit à 2 k. à une rotonde; on monte à g. ; au bout' de 10 min., avant d'atteindre le sommet, on voit à g. d'énormes blocs où sont taillas des marches, puis les sièges d'où Philippe II suivait les travaux du monastère. On y jouit d'une très belle vue sur l'Escorial, les montagnes environnantes et la plaine infinie de la Castille. — On peut aussi faire d'intéressantes ascensions dans la chaîne du Guadarrama.]

y ARANJUEZ

^3^ (gare du Midi), 49 k. ea 1 h. par express et en 1 h. 15 à 2 h. par trains ordinaires. — 6 p. 15, 4 p. 75, 2 p. 95. Aller et ret. (val. 2 j.) : 8 p., 6 p., 3 p. 80. Billets spéciaux d'aller et ret., val. ï j., distribués seulement les dim. et fêtes en été : 7 p., 3 p. 50, 2 p. Les voyageurs pour Aranjuez ne peuvent prendre le train de luxe. — Cette excursion peut se faire en une journée.

Auto-cyclisme : — p 48 k. 6; bonne route. — On sort de Madrid par le paseo de las Delicias et la route d'Andalousie. — 27 k. 8. Valdemoro ; descente de 7 à 10 0/0 avec 2 lacets; pont sur le Jarama; encore 2 lacets et pont sur le Tage avant d'entrer à (48 k. 6) Aranjuez.

Pour le trajet entre Madrid et Aranjuez, p. 278.

Aranjuez (D (hôt. : de Pastor, pens. dep. 10 p.; Viuda de Pastor, 7 p.), ville de 10,772 hab., est comme une oasis au milieu de steppes; la végétation y est belle. — Une vaste allée aboutit à 200 m. à un rond-point précédant le Palais Royal qui s'élève en face, entre un bras du Tage à g., et une grande place à dr., derrière laquelle

Il ARANJUEZ. Il [R. 24] — 275

on voit les Casas de Oflcios y Gaballeros (F. ci-dessous); au delà s'étend la ville.

Jours et heures d'entrée. — Les cartes d'entrée au palais et aux jardins, visibles par le beau temps seulement, sont délivrées soit par l'Intendance Royale à Madrid, soit entre 9 h. 30 et 2 h. par lAdministrador del Real Patrimonio, dont les bureaux se trouvent à la Casa del Infante, sur la plaza de la Libertad.La carte d'autorisation se paie 1 p. par pers. et n'est valable que le jour de sa date. Cependant on délivre gratuitement un permis pour entrer dans les jardins (valable pour 6 pers.). La carte porte des coupons que détachent les gardiens; les heures de visite sont : Palais, 9 h. à 12 h. et 1 h. à 5 h. ; jardin de la Isla, 7 h. à 12 h. et 3 h. à 7 h. ; jardin del Principe (ainsi que le pavillon et le castillo de ce jardin), mômes heures; Casa de Marines, 9 h. à 12 h. et 3 h. à 5 h. ; Caballèrizas, 9 h. à 12 h. et 1 h. à 5 h. ; Casa del Labrador, 10 h. à 5 h. (actuellement fermée). La visite du palais et des jardins demande env. 4 h. ; si l'on prend un guide, ce qui n'est pas indispensable, on le paie à raison de 1 p. à 1 p. 50 l'h. ; les touristes pressés iront visiter la Casa del Labrador, accessible de 10 h. à 5 h., le parterre et le jardin de la Isla; quant au palais, une demi-heure suffit pour le visiter.

Historique. — Vers la fin du xiv« s., le grand-maître de l'ordre de Santiago, Laurent Suarez de Figueroa, avait fait bâtir un édifice qui fut brûlé en partie au xvii» s. et démoli en 1727, pour faire place aux agrandissements du palais actuel dont Philippe II a été le créateur; son œuvre a été continuée par ses successeurs de la maison d'Autriche aussi bien que de la maison de Bourbon. Le principal architecte fut, sous Philippe 'V, Pedro Caro.

La façade principale à TO. est encadrée par 2 ailes ajoutées à la fin du xviii^ s. par Charles III. La principale des trois portes d'entrée du palais oiïre cette particularité qu'on l'ouvre seulement pour donner accès au roi après son couronnement et pour laisser sortir son cadavre, au cas où le roi mourrait à Aranjuez.

Intérieur (pourb. au gardien qui accompagne). — On entre par une porte sous les arcades qui bordent le palais au S, et on gagne l'escalier monumental qui monte au l*'' étage, où l'on visite : la Sallk des Hallebardiers ; — la Saleta; ~ la Antecamara; — la Camara, qui coniiennent des peintures de Lucas Jordan; — I'Anteoratorio (peintures de Maella, R. Mengs) et I'Ora- TORio, décoré à fresque par Dayeu, avec une Annonciation de Maella et un tableau de litien (?); — le Salon du Trône ou des Ambassadeurs (beau plafond de Camarôn); — le Cabinet de la Reine (plafond de style pompéien par Maella et des tableaux de Teniers); — le Salon japonais, construit par José Gricci sous Charles III et revêtu de porcelaines de l'ancienne fabrique de Buen Retire à Madrid; — la Chambre a coucher et le Cabinet de toilettf DE LA Reine (plafonds peints, l'un par Z. Velàzquez, le 2® par Camarôn) ; — le Salon de danse tapissé de soie jaune; — la Salle a manger; — le Cabinet ARABE (beau lustre); — les Appartements du Roi.

Des fenêtres on a de belles vues sur les jardins du Parterre et de la Isla.

A côté du Palais Royal, les dépendances avec portiques, dites Casas de Oficios y CaballeroSy bordent la place de la Libertad {V. cidessous). Ces constructions, bâties dans un style monotone, d'après les plans de Juan de Herrera, de 1584 à 1762, servaient à loger les personnes de la cour et de la suite de la famille royale.

Aranjuez est surtout à bon droit célèbre par ses jardins et ses fontaines. — Devant la façade E. du palais s'étend le beau jardin du Parterre, dû à Philippe V (1728), planté de magnifiques massifs de fleurs et décoré de fontaines. A l'entrée (à V)^.), fonlauie

â76 — [n. 24] fl ENVIRONS DE MADRID. 1|

monumentale d'Hercule, au milieu d'un grand bassin; des deux côtés se dressent les 2 colonnes symboliques du détroit de Gibraltar. Puis les fontaines de Gérés, des Néréides et des Dragons.

Dans l'angle S.-E. du palais, le petit jardin de las Estatuas (des statues) est orné d'une fontaine, de bustes en marbre d'empereurs et de la statue de Philippe IV (1623).

Dans l'autre angle N.-E. du palais, deux petits ponts, franchissant la Ria, dérivation du Tage, donnent accès au * Jardin de la Isla, qui occupe une île formée par un coude du Tage et la Ria. A l'entrée, de belles fontaines en marbre : celles d'Hercule et de Narcisse, et des statues. De ce point s'irradient de belles allées agrémentées de groupes et de fontaines; on a, à dr., la belle allée de platanes, dite Salon de las Reyes Calolicos, qui longe la rive g. du fleuve; à son extrémité on suit une longue allée qui oblique à g. pour aller voir les fontaines de Bacchus et de Neptune, puis on continue à PO. pour atteindre le petit jardin de la Isleta, à l'extrémité 0. du jardin de la Isla, à la jonction de la Ria et du Tage. De là, on revient, en remontant le bord de la Ria, vers le Palais Royal.

Au delà du Parterre à PE., sur une vaste place (à g., pont suspendu sur le Tage), commencent trois larges avenues : celle de dr., ou calle de las Infantas, longe vers le S. le petit jardin Isabel II, contigu à la place de la Libertad {V. ci-dessous); l'avenue centrale, ou calle del Principe, aboutit à Véglise de Alpajes, la première chapelle de la localité, rebâtie en 1680 et terminée en 1749 par Bonaert, dans le style dorique; enfin, Pavenue de g., ou "^ calle de la Reina^ magnifique allée de platanes et d'ormes, longue de plus de 4 k., longe à g. le jardin del Principe (V. ci-dessous) et conduit (2 k.), à g., à la Casa del Labrador (maison du Laboureur), sorte de Petit Trianon qui date de 1803 (Gharles IV). G'est un petit édifice de modeste apparence, orné de statues. (On ne peut actuellement visiter l'intérieur, la construction menaçant ruines.)

A Tint. : escalier en marbre rehaussé de bronzes dorés; pavages en mosaïque et marbre; salons richement ornés, avec plafonds peints par Maella et Zacarias Velâzquez, tentures et tapisseries; boudoir, du temps de Charles IV, avec ornements ciselés en argent et en vermeil, etc.; galeria italiana remplie de bustes et de curiosités.

De la casa del Labrador on revient par le jardin del Principe tracé au xviii® s. par Gharles IV, alors prince des Asturies; il renferme de belles fontaines {fontaine d'Apollon avec colonnade semi-circulaire), plusieurs pavillons et une vieille tour (castillo) dominant un repli du Tage : sur la rive dr., un peu en amont (on passe sur une barque conduite par un gardien), la Casa de Marinos contient des barques royales richement décorées.

On revient devant le Parterre, et à g. à la plaza de la Libertad, belle place avec la fontaine de Diane (ou des Chaînes), et bordée à PE. par le square ou jardin Isabel II et la Casa del Infante (où se trouvent les bureaux de l'Administration du Domaine royal), à PO. parle vaste bâtiment delà Casa deOflcios(F. ci-dessus), au S. par la chapelle de San Antonio et des galeries. A l'angle S.-O. se trouvent les Ecuries royales (Caballerizas reaies) vides et de peu d'intérêt.

Il ARANJUEZ. Il [R. 25] - 277

La ville d'Aranjuez, moderne, avec ses rues en échiquier, s'étend au S.-E. de cette place. On y voit : — sur la place du Marché, une statue d'Alphonse II, par Duque (1897); — à Textrémité S.-E., le couvent de San Pascual^ fondé par Charles III (dans l'église, au retable du maître-autel, S. Bascual, par R. Mengs\ sur les autres autels, tableaux de Tiepolo, peintre de Charles III, et de Maella); — au S., la Plazade Toros; de là, à moins de 1 k., Mirador de Cristina (beau panorama sur l'oasis d'Aranjuez encerclée de monts pelés).

DE MADRID A COLMENAR DE OREJ A (^de Arganda,64 k. S. E. ; gare roadade Vallocas, près de l'Hôpital del Nino Jésus; traj. en 3 h. 20; 4 p. 60, 3 p. 55, 2 p. 45). — La voie franchit le Jarama. — 28 k. Arganda — La voie franchit le Tajuna. — 47 k. Tajuna, X sur (19 k.) Orusco). — 64 k. Colmenar de Oreja, sur le Tage.

DE MADRID A COLMEN AR-VIEJO(ç^ 30 k. N. N. O., en 1 h. 37,3 p. 50, 2 p. 75). — Départ de Cuatro-Caminos. — 30 k. Colmenar-Viejo.

DE MADRID A ALMOROX (^ 74 k. ; gare dans le faubourg de San Isidro, sur la r. dr. du Manzanarès ; traj. en 3 h. 40; 7 p. 35, 5 p. 50, 3 p. 65). — 19 k. Villaviciosa. — 32 k. Navalcarnero. — 62 k. Villa del Prado. — 74 k. Almorox, sur l'Alberche.

De Madrid a Paris, par Irun et Bordeaux, R. préliminaire A, en sens inverse; — a Valladolid, R. 18, en sens inverse; — a Saragosse, R. 11, en sens inverse; — a Avila, R. 19, A, en sens inverse — a Ségovie et A la Granja, r. 19, B, en sens inverse; — — a Tolède, R. 25; — a Cordoue, r. 28; — a Séville, R. 29; — a Mâlaga, R. 35; — a Grenade, R. 36; — A MuRCiE et a Cartagène, R. 39; — a Alicante, R. 40; -^ A Valence, R. 42; — a Lisbonne, R. 44.

Distances par routes, de Madrid à : — Burgos, 242 k. ; — Saragosse, 322 k. par (236 k.) Calatayud; — Valence, 351 k. ; — Alicante, 486 k. par (316 k.) Albacete; — Cartagène, 513 k. par Albacete et (463 k.) Murcie; — Malaga^ 580 k. par (344 k.) Jaén et (445 k.) Grenade; •— Tolède, 74 k. ; — Càceres, 305 k. ; — Salamanque, 216 k. ; —La Corogne, 615 k. par (330 k.) Astorga ; — Gijôn, 476 k. par (327 k.) Leôn.

Route 25. — DE MADRID A TOLÈDE

A. — Par la ligne directe.

^ gare du Midi, 77 k. en 2 h. env. ; 9 p. 65, 7 p. 30, 4 p. 80. Aller et ret., val. 2 j. (dim. et fêtes non compris) : 12 p. 50, 9 p. 45, 6 p. 20. Billets spéciaux d'aller et ret. val. 1 j. les dim. et fêtes en été seulement :, 9 p., 5 p., 3 p. 50. — Avoir soin de monter dans la voiture directe pour Tolède.

Auto-cyclisme : — ^ 74 k.; bonne route, monotone et ondulée. — On sort de Madrid par le paseo del Prado et le paseo de las Delicias ; pont sur le Manzanarès, suivre tout droit. — 17 k. 1. Getafe. —^25 k. 6. Parla. — 40 k. Illescas. — 55 k. 5. Cabanas de la Sagra. - 63 k. 6. Olias del Rey ; petite aescente. — 74 k. Tolède.

N.-B. — Tolède est une des villes les plus intéressantes non seulement de

V Espagne, mais de l'Europe, Elle peut hardiment soutenir la comparaison

278 — [R. 25] Il DE MADRID A TOLÈDE. ||

avec Nuremberg, Pérouse oa Sienne. Nous conseillons aux touristes, dont la plupart n'y passent qu'une demi-journée, de consacrer deux journées à Tolède qui, outre sa cathédrale, de premier ordre, et ses édifices du xv« et du XVI* s., conserve des restes nombreux et importants de l'architecture arabe. C'est un charme que d'errer au hasard, sans cicérone, à travers ce dédale de rues. On peut se perdre impunément; on est toujours sûr do retrouver son chemin.

La voie suit la direction S. à travers une longue plaine monotone relevée de quelques renflements; en arrière, vue sur Madrid et la sierra de Guadarrama souvent couverte de neiges qui borne l'horizon au N. — On franchit le Manzanares. — 7 k. Villaverde, — Adr., ligne de Câceres.

15 k. Getafe ( V. ci-dessous). — 28 k. Torrejân de Velasco. — 36 k. Yeles y Esquivias; c'est à Esquivias (à g.) que Cervantes s'est marié.

48 k. Pantoja y Alameda. On aperçoit Alaineda sur une hauteur, à g., à 4 k. — 58 k. Viliaseca. — Pont de 133 m. sur le Tage.

62 k. Algodor, X où l'on rejoint la ligne de Castiilejo, à g. (7. cidessous). L'embr. de Tolède se détache de la ligne de Giudad Real (R. 27) et suit la vallée du Tage.

77 k. Tolède (F. ci-dessous).

B. — Par Aranjuez et Castiilejo.

^ gare du Midi, 91 k. en 4 h. env. ; 11 p. 40, 8 p. 85, 5 p. 45.

7 k. de Madrid à ViUaverde (F. ci-dessus, A); X à dr., pour Algodor et Giudad Real.

15 k. Getafe. A 3 k. à g., la colline isolée, dont le sommet est couronné par une chapelle et qu'on appelle el cerro de Los Angeles, est vulgairement surnommée et Punto : c'est, dit-on, le centre de l'Espagne.

21 k. Pinto (ancien château des ducs d'Arevalo, avec une tour dans laquelle, en 1578, Philippe II fit enfermer la princesse d'Eboli).

— 28 k. Valdeinoro. — 34 k. Cleinpozuelos sur une petite hauteur, au centre d'une exploitation de bancs de sel. — A dr., las Salinas, exploitation de sel appartenant au domaine royal (élevage de juments etde taureaux). — 41 k.Sesena, — On franchit le Jaruma, puis le Tage.

49 k. Aranjuez (p. 274).

D'ARANJUEZ A CUENCA (^ C® Madrid-Saragosse, 152 k. en 4 h. 35 ou 9 h. 35 : 19 p., 14 p. -25, 8 p. 55 ; aller et rat., val. 2 j. : 23 p. 30, 17 p. 45, 10 p. 50).

— La voie remonte la rive dr. du Tage, puis francliit ce fleuve. — 17 k. Ocana, ville ancienne (vestiges de murailles) de 6,593 hab., au centre d'une 'grande plaine (palais des ducs de Frias ; place de la Constitution entourée do maisons à arcades). C'est dans la plaine ou mesa d'Ocana que, le 19 nov. 1809, 25,ÛjO Français défirent complètement, après un combat de 3 h., l'armée espagnole l'orto de 55,000 hommes. — 21 k. Noblejas, 4.000 hab. (vins). — 27 k. Villarubia, sur les pentes S.-E. d'une ligne de hauteurs assez pittoresques.

60 k. Tarancon, petite ville de 5,652 hab., à 830 m. d'alt., sur la rive dr. du Rianzares {église gothique à 3 nefs mal restaurée sous Philippe II; château bâti par la reine Christine et le duc de Rianzares). — La voie se djrige vers le N.-E. - 72 k. Ilueloes (ancien château). — Vaste plaine désolée.

Il GUENGA. — TOLÈDE. || * [R. 25] — 279

97 k. Huete, 3,000 liab., à 900 m. d'alt., au pied des AUoa de Cabrejas (1,156 m.) sur le Hucto ot dominée par un vieux château ruiné. — 123 k. Cuevas de VelascOy sur les pentes d'une colline au-dessus de grottes qui servent de caves et de celliers. — 128 k. Villar del Saz \ tunnel de 500 m. — 141k. Chillarôîi', pont-viaduc sur le Jucar, d'une seule travée de 40 m.

152 k. Cuenca (hôt : dei Comercio; Iberia), ville *de ll,6l8 hab., ch.-l. de la province du même nom, à 923 m. sur une colline dominée par les montagnes de la Serrania de Cuenca, dont elle est séparée par de profondes déchirures où coulent, un peu en amont de leur confluent, le Jacar et le Huecar.

Cuenca, dont les origines sont obscures, s'appelait Conca au temps dos Maures, qui y tenaient un gouverneur. Alphonse VIII s'en empara en 1177. Elle eut beaucoup à souifrir pendant la guerre de l'Indépendance; en 1808, un attentat contre le général Caulaincourt fut le signal de représailles terribles. Autrefois célèbre par ses manufactures, par ses collèges, Cuenca n'a rien gardé de ses splendeurs.

La gare est à quelques min. à l'O. de la ville, à laquelle on arrive par les faubourgs de San Francisco et de San Âgustin; ce dernier traversé par la large calle de Mddereros ou Carreteria, où est concentrée la vie urbaine : c'est là que se trouvent l'hôtel du gouvernement, la banque, les casinos, les hôtels. — Dans la partie plus élevée de la ville, vers son extrémité N.-E., s'étend la plaza Mayor avec V Ayuntamiento^ le couvent de Petras et, sur le côté S.-E., la cathédrale.

La cathédrale^ fondée en 1178 par Alphonse VIII, est un remarquable édifice gothique, restauré sans goût en 1664. Elle forme trois nefs jusqu'au transept et, à partir de ce point, elle décrit un demi-cercle dans lequel sont compris le maître-autel et une double nef circulaire entourée de chapelles. Le « traosparente » du maître-autel est d'un élégant travail attribué à Ventura Rodriquez. Quelques-unes des chapelles, ainsi que la sacristie, sont ornées de boiseries. Dans la chap. de los Albornoz on voit les tombeaux finement sculptés de Gil de Albornoz et de son fils Alvaro, ainsi que 3 retables peints vers 1526 par Fernando Yaîiez de VAlmedina, l'un des auteurs du grand retable de la cathédrale de Valence ; beau portail plateresque de 1548, œuvre de Jamete. — Unglise Santa Maria de Gracia a des tombeaux des xv et xvi* s. de la famille de Montemayor.

A l'E. de la cathédrale, le pont de San Pablo, construit en 1903 (106 m. de long sur 40 m. de haut), sur le ravin du Huecar, conduit à Véglise et au couvent de Sctn Pablo, au pied du Cerro del Socorro.

La voie longe des jardins et des cultures dépendant du domaine royal, puis rentre dans la lande déserte. — A dr., vallée du Tage.

'65 k. Càstillejo (buvette) X« où la ligne de Tolède se détache à dr. de celle de Gordoue (R. 28).

77 k. ALgodor X où l'on croise la ligne de Giudad Real (F. cidessus, A),

91 k. TOLÈDE (Toledo), ville de 23,375 liab. (il y en a eu autrefois jusqu'à 200,000), ch.-l. de la province de ce nom et siège d'un archevêque métropolitain qui porte le titre de primat des Kspagnes, occupe un site superbe, à 508 m., sur une colline dont la base est entourée, à TE., au S., et à 10., par une grande boucle du Tage, qui coule dans une profonde gorge rocheuse. Du côté du N. une espèce d'isthme relie la colline aux campagnes de la Gastille. Deux vieux ponts hardis, élancés, le pont d'Alcantara à TE. et le pont de Saint-Martin à TC, coupent le Tage des deux côtés de la ville.

Il TOLÈDE. Il

A l'intérieur, on retrouve encore le Tolède du xiii* s., la vieille cité, qui, avec ses maisons aux portes garnies de clous en médias naranjas, ses rues étroites, tortueuses, montant, descendant, s'entrecroisant, ses petites places, ses terrasses, dominant le Tage, ses aperçus sur la campagne environnante, oiïre un aspect des plus colorés et des plus pittoresques. Gela tient à la fois, dit Théophile Gautier, « du couvent, de la prison, de la forteresse, et aussi un peu du harem; car les Maures ont passé par là ».

Agence des chemins de fer : — (Despacho central) : — calles de la Plata, 28, et Roperia, 3, près de l'hôtel del Lino.

Voitures de place : — s'adresser aux hôtels ou au Despacho central-, il n'y a pas de tarif fixe : on paie généralement pour l'heure, 4 p.; la journée (de 10 h. à 6 h.), env. 25 p.

Autobus pour : — Navasmorales, Bargas, Tembleque, Villamiel, etc.

Guides ; — A. Calzadilla, à la gare; on trouve d'autres guides dans les hôtels. Si l'on ne séjourne pas à Tolède un guide peut être utile. La journée se paye 6 à "7 p. (bien s'entendre d'avance).

Photographies : — Alguacil, calle del Comercio, 7.

Tourisme : — Centre- Tourisme- International (C. Rino, directeur; renseignements gratuits), Puerta del Cambrôn, 12.

Gare : — Omnibus des hôtels (50 c.

à 1 p.) et « omnibus général » (50 c.) pour le public (il s'arrête au Despacho central au delà de la place de Zoeodover).

Hôtels : — de Castilla, dans un palais avec beau patio, plaza de San Agustin, tout près du Zocodover (de l»"" ordre; pens. dep. 12 p. 50 par j., déj. ou dîn. 6p.); — del Lino, calle de la Plata, 15 (déj. 3 p. 50, dîn. 4 et 5 p.; pens. dep. 6 p.; le plus ancien); — Impérial, cuesta del Alcâzar, 7 (pens.

dep. 7 p. ; déj. 3 p. 50, dîn. 4 p.); — Toledano (dep. 6 p. par j.), cuesta del Alcâzar, 8. — A l'époque de la Semaine- Sainte l'affluence des étrangers étant très grande, les prix augmentent du double et, en cas de séjour, il est bon de retenir son logement d'avance.

Cafés : — Suizo ; — Impérial, tous les deux sur le Zocodover.

Télégraphe : — calle de Alfonso XII.

Poste : — calle Nueva, près de Zocodover.

Histoire. — « Lorsque Dieu fit le soleil, dit une rieille tradition, il le plaça sur Tolède, dont Adam fut le premier roi. » — L'histoire se borne à dire que Ton ne saurait préciser la date de la fondation de Tolède, qui fut, sous le nom de Toletum, un municipe romain pendant les trois premiers siècles de notre ère : Dacien y institua un tribunal contre le christianisme, et, en 400, 19 évoques y tinrent lé premier concile de Tolède.

Lorsque les barbares du Nord fondirent sur l'Ibérie et en firent entre eux le partage, Tolède échut aux Alains. Les Goths survinrent en 418, et s'en emparèrent. Tolède devint le centre du nouvel empire réuni à la Gaule ISarbonnaise et reçut le titre de ville royale. Les conciles qui suivirent celui de 400 devinrent des assemblées gouvernantes composées d'évêques, de magnats, de hauts fonctionnaires du palais, formant une oligarchie de 73 personnes, qui se réunissait dans l'église de Sainte-Léocadie, et qui élisait les rois. Leuwigild, le 11° de la série des chefs de ce grand peuple, fut le premier qui installa à Tolède, en 579, le trône des Goths. Ses successeurs, parmi lesquels les plus renommés furent Gondemar, Svintila, Chindaswinth, Receswinth, Wamba, et Witiza qui fut le 27», représentèrent à Tolède la dynastie des Goths, pendant 130 ans, jusqu'en 709. C'est alors qu'à la suite de dissensions violentes, un parti politique dans lequel domina l'influence des successeurs des races romaines, éleva au trône de Tolède l'infant don Rodrigo, dont les désordres amenèrent, en 711, Tinvasion musulmane. Tarik, le vainqueur de la bataille du .Guadalete , marcha

llmSTOIRE.il [R. 25] - 281

tout aussitôt sur Tolède, et y installa un gouverneur avec une forte garnison.

Pendant 300 ans, Tolède, témoin des dissensions des chefs musulmans qui l'occupèrent successivement, ne fut qu'une dépendance du grand empire de Cordoue. En 1012, le gouverneur délégué par le calife était un magnat arabe de famille tolédane, Ismail-Dzi-el-Noun, qui se souleva contre Fautorité des Ommiades et se fit proclamer roi de Tolède. Le 25 mai 1085, Tolède retomba sous la domination chrétienne.

L'histoire des royaumes chrétiens de Galice, de Léon et de Castille rapporte qu'au partage de la succession du roi Ferdinand le Grand entre ses enfants, son fils don Sanche, devenu roi de Castille. s'empara de Léon, et qu'Alphonse VI se réfugia à Tolède où il reçut l'hospitalité du roi Yahyah, qui s'était aliéné une grande partie de ses sujets, les Tolédans ayant adopté, pour la plupart, le culte mixte mozarabe. — A la mort de don Sanche, assassiné sous les murs de Zamora (p. 222), Alphonse, averti par le Cid, réunit à son apanage de Léon et de la Galice la couronne de Castille. En 1031, les Mozarabes, unis aux juifs, appelèrent Alphonse qui prit, dans l'Alcazar de Tolède, le titre d'empereur.

Tolède devint ainsi le poste avancé des royaumes espagnols, en face des musulmans du Sud, comme il avait été, pendant 374 ans, le rempart de ceux-ci devant la chrétienté. A deux reprises (en 1197 et en 1295), des armées musulmanes vinrent l'assiéger sans succès; en 1212, les armées de Castille, d'Aragon et de Navarre en firent la grande place d'armes, d'où elles partirent pour aller livrer à Mohammed aboû-Abd-AUâh, dans la plaine de las Navas de Tolosa, cette mémorable bataille qui fut le premier acte de l'invasion des chrétiens, refoulant enfin Tinvasion sarrasine.

Au xiv« s., Tolède, engagée dans la lutte de don Pedro de Castille et de son frère don Henri de Trastamare, appartint tantôt à l'un, tantôt à l'autre, jusqu'au dénouement sanglant de cette lutte fratricide, au camp de Montiel.

En 1479, les Rois Catholiques Ferdinand et Isabelle étant venus à Tolède

f>our l'accomplissement d'un vœu (la fondation du couvent de San Juan de os Reyes), la reine y mit au monde l'infante Juana, qui fut Jeanne la Folle. Six ans après, l'Inquisition y dressa ses premiers bûchers et la ville, qui avait déjà perdu toute la partie musulmane de la population, se trouva en peu de temps dépeuplée de la riche et laborieuse colonie juive.

Au xvi« s., Tolède n'était plus la cité royale; elle devint, au commencement du règne de Charles-Quint, le chef-lieu de l'agitation des communeros^ défenseurs des privilèges de la commune. Le chef du mouvement, qui s'étendit un moment à presque tout le royaume, fut Juan de Padilla. Lorsqu'il eut succombé à Villalar, après un engagement contre les régents de Charles- Quint, Tolède résista longtemps encore, soutenue par l'héroïque exemple de Maria Pacheco, veuve de Padilla, jusqu'à la retraite de celle-ci en Portugal, après la reddition de la ville. — En 1560 Philippe II et, en 1710, l'archiduc d'Autriche, compétiteur de Philippe V, songèrent à faire de Tolède la capitale de l'Espagne.

Visite de la ville.

Emploi du temps. — Les touristes ne pouvant consacrer qu'un jour à Tolède devront visiter la cathédrale, gagner, par le Taller del Moro et Santo Tome, le quartier où se trouvent le Transite, Santa Maria la Blanca et San Juan de los Reyes, se rendre de là, au N. de la ville, à Santo-Cristo de la Luz et à la piierta del Sol, aller jeter un coup d'œil sur la porte Visagra et les anciens remparts et enfin remonter à la place de Zocodover pour voir tout près de là, à l'E., la curieuse cour do la maison de Cervantes et l'ancien hôpital de Santa Cruz.

Si l'on reste 2 jours, on visitera : le !«•■ jour, la cathédrale et la partie E* de la ville ; le 2® jour, les parties 0. et N.

De la gare à la ville. — La gare (omnibas et voitures) est à iO min. env. en voiture (20 min. à pied) de la place de Zocodover. Uien de plus pittoresque que ce trajet. Passant, par le paseo de Las Rosas, au pied (à g.) de la colline rocheuse (belle vue sur la ville) qui porte les ruines du château de San Servando ou San Cervantes (PI. 30), datant du xiv^ s., on franchit le Tage sur le beau '^pont d'Alcantara (en arabe, el kantara signifie « le pont »), bâti par les Romains, restauré par les Arabes, reconstruit en 1258. A TE. il est précédé d'un portique rococo de 1721. A son extrémité 0. se dresse une tour, belle tête de pont, de 1484 (dans une niche, du côté de la ville, statue de St lidefonse attribuée à Berruguete). La vue que l'on a du pont est saisissante : à g. (S.), la gorge du Tage, profondément encaissé entre des parois rocheuses; à dr. (N.), la campagne; en face, la ville avec son entassement de murs, de maisons, d^édifices, de tours.

Au delà de la porte du pont on laisse à g. la route de \a puerti de Doce Cantos, pour tourner à dr. et monter par une rampe (bellel vue, à dr., sur les faubourgs au N. de la ville) qui décrit un lacet en laissant à dr. la puerta del Sol (p. 293) et le faubourg de la Antequeruela et en passant au pied (à dr.) de la torrede Alarcon^. ancienne porte. On longe à g. la petite terrasse- promenade d Miradero (belle vue) et on atteint la place de Zocodover, près laquelle sont les hôtels.

Page 1