‹ Espagne et PortugalChapitre 118 sur 196 · R. 25] Il TOLÈDE · texte numérisé non relu

R. 25] Il TOLÈDE

d'un écusson aux armes impériales et terminée par deux tours à toits en pyramide recouverts de tuiles de couleur. Du côté N se voit un gigantesque écusson avec les aigles et les colonnes* de Charles-Quint entre deux énormes tours rondes et crénelées.

On a fait dériver ce nom de Visagra du latin via sacra; de plus sérieux étymologistes ont retrouvé l'origine de ce nom dans le bib shara des Arabes, qui signifie « porte des champs ».

L'ancienne porte de Visagra {puertavieja de Visagra; PI 35auj. murée), non loin de là à l'O., est la seule qui subsiste de l'enceinte arabe (commenc. du ix" s.; parties supérieures restaurées plus tard); on a dégagé les arcs et les colonnes qui les sudportent.

Apres avoir franchi la seconde porte de la porte Neuve, on voit à dr. les restes des anciennes murailles. On traverse, dans le sens de la longueur (S.-N.), la promenade dite paseo de Madrid pour se diriger vers l'hôpital de San Juan Bautista.

L'hôpital de San Juan Bautista ou de Afuera (PI. 29), fondé par le cardinal Tavera, est un vaste édifice quadrangulaire construit de 1541 à 1599 par Bastamante. On traverse la grande cour, entourée d'arcades, sous une galerie à double étage qui la divise en deux parties. En face s'élève le portail de l'église, de style dorique, exécuté en marbre de Carrare.

Intérieur (une relio^ieuse de l'ordre de St Vincent de Paul vient ouvriron laisse une offrande). — Au centre, sous la coupole, tombeau du cardinal Juan de Tavera (f 1545 ; statue couchée du cardinal, et, aux ano-les les Vertus cardinales], exécuté de 1554 à 1561, dernière œuvre de %r~ ^ rucjuete, mort à l'hôpital en 1561. — Maître-autel : grand retable composé et sculpté par le Greco. — A dr. du maître-autel, portrait du cardinal Tavera par le Greco. — Dans les transepts, sur les autels, toiles du Greco\ à dr., le Baptême du Christ; à g., la Y., VEnf. /., St Joseph et Ste Anne.

Au retour de Thôpital, à l'extrémité S. du paseo de Madrid et • avant de franchir la porte de Visagra, on peut prendre une route en ligne droite se dirigeant à l'O. A g., sur la colline, où s'élève la ville, deux grands édifices attirent les regards : ce sont d'abord le nouveau palais de la Députalion provinciale (PI. 21) et ensuite Vhôpital d'aliénés (1793), dit casa del Nuncio (PI. 24), fondation très ancienne.

En 10 min. env. on atteint la petite église du Christo de la Vega (PI. 2), moderne, sauf Tabside (au-dessus du portail, statue de Ste Léocadie, reproduction d'une statue antique de muse par Berrugaete).

Sur cet emplacement, un ermitage avait été élevé, au iv® s., à Ste Léocadie peu de temps après son martyre; au vii« s. il fut transformé en un temple somptueux dans lequel, en 660, la sainte apparut selon la légende à Stildefonse, au roi et à une nombreuse assemblée. — A Tint, de^l'église (s'adresser au gardien ; pourboire), au-dessus de l'autel, Christ en croix, en bois peint, avec des cheveux véritables et le bras droit pendant. î^a légende rapporte que ce Christ, imploré devant témoins par une jeune fille que son | fiancé reniait après une longue absence, aurait étendu son bras comme pour prêter serment que les jounes gens s'étaient engagés devant lui. Ce Christ a remplacé l'ancien qui fut brûlé.

Il ENVIRONS. Il [R. 26] - 295

De l'église du Gristo de la Vega on monte à la porte del Gambrôn pour rentrer dans la ville; on peut auparavant aller voir au bord du Tage les restes des soi-disant bains de ta Cava (PI. 34), à côté d'une vieille tour. C'est là, d'après la léiçeude, que se baignait Florinda, la fille du comte Julien, lorsqu'elle fut aperçue par le roi Rodrigue, qui en devint amoureux et la séduisit. En réalité ce sont probablement les restes de la tête d'un ancien pont du xi* s. avec des substructions romaines.

[Environs. — 1° Fabrique d'armes : A 15 min. N.-O. de la porte de Visagra (on traverse l'emplacement do l'ancien cirque romain), sur la rive dr. du lage et à l'extrémité O. d'une plaine appelée Vega baja, se trouve la fabrique cVarmes blanches (visible de 8 h. à midi et de 1 h. à 6 h.) construite par Charles III. A dr. de l'entrée est la salle de vente. On ne sait à quelle époque s'établit à Tolède cette industrie dont la renommée fut célèbre autrefois.

2° Palais de Galiana : Au N.-E. de la ville, non loin de la gare, et au bord du fleuve, dans le vallon dit Jiuerta del liey, se trouvent les ruines de rhabitation de plaisance de la princesse Galiana, el palacio de Galiana. Charlemagne, die la légende, y reçut l'hospitalité et conquit l'affection de Galiana, qui se fit chrétienne pour le suivre en France, où elle partagea son trône.

8® Le toup des Cigarrales : Les touristes qui auront le temps pourront faire, en 2 h. env., le tour des hauteurs, couvertes de vergers, des Cigarrales qui bordent au S. de la ville la rive g. du Tage, depuis le pont d'Alcantara jusqu'au pont de Saint-Martin. Deux de ces hauteurs sont couronnées par des chapelles : la ermita del Valle, dominée par la Pena del Moro, et la ermita de la Yirgen de la Cabeza. De là on découvre le panorama entier de Tolède.

4° Château de Guadamur (10 k. env. S.-O., sur la route de Nevahermosa). — Ce château a été bâti de 1444 à 1464 par don Pedro Lopez de Ayala; à côté est le donjon, dont le couronnement à tourelles crénelées correspond à celui du château. C'est près du Guadamur, à Guarrazar, que l'on découvrit, en 1858 et 1860, les couronnes votives du temps des Visigoths qui se trouvent à l'Armeria de Madrid et au musée de Cluny, à Paris.]

Route 26. — DE MADRID A CACERES

^^ 348 k. ; en 8 h. 40 par le rapide de luxe partant les mardi, jeudi et dimanche de la gare d'Atocha; en 11 h. 25 par le train correo (gare de Las Delicias; 1", 2« et 3« classes); 48 p. 05, 33 p. 30, 23 p. 05.

Auto '•cyclisme : — ^ 304 k. ; bonne route ondulée. — On sort de Madrid par la porte de Ségovie et la route d'Estre madure. — 19 k. Môstoles; montée 5 à 7 0/0. — 32 k. 7. Novalcarnero. — 44 k. 8. Valmojado. — 61 k. 2. Sta Cruz del Retamar. — 74 k. 7. Maqucda. — 82 k. Santa Olalla. — 117 k. 8. Talaoera de la Reina (sortie par la calle de la Corrodera et la puorta de Cuartos). — 148 k. TorraLba de Oropesa. — 182 k. 3. Navalmoral de la Mata. — 197 k. 7. Almaraz; la rouie devient sinueuse, avec des montées et des descentes assez prononcées. — 228 k. 4. Jaraicejo. — 255 k. 5. Trujillo (sortie par les calles de la Merced et de la Encarnaciôn); la route continue à être sinueuse jusqu'à (304 k.) Càceres.

La voie franchit le Manzanares. — 7 k. Villaverde, X '*^ S-* ''o"Ç

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de Tolède (R. 25, A) et Ciudad Real (R. 27). — 14 k. Leganes (asile d'aliénés). ~ 24 k. Hamanes, au point culminant de la ligne (687 m.).

39 k. Illescas (église avec tour mauresque du xiv* s. ; deux tableaux du Greco\ Vierge en marbre du xiv® s.; calle Mayor, maison qu'habita François P' après sa captivité à Madrid). — 63 k. Bargas. — Pont (5 travées, 178 m.) sur le Guadarrama. — 72 k. Villamial (de ces deux dernières stations, autobus pour Tolède, p. 279, en 1 h., 2 p. 25). — 86 k. Torrijos, — A dr., sierra de Gredos. — 98 k. Sania Olalla-Carmena; plantations d'oliviers. — 119 k. Monte Aragon, — La voie franchit l'Alberche et rejoint le Tage.

135 k. Talavera de la Reina @ (hôt. : del Comercio; Espahola)^ l'antique Talabriga, ville de 9,665 hab., à 1 k. N.-E., dans une petite plaine fertilisée par le Tage (vieux pont de 35 arches). Les 27 et 28 juillet 1809, Wellington y battit les Français commandés par Jourdan et Victor. — Eglise collégiale de Santa Maria la Mayor, du style gothique; anciens couvents de Sanlo Domingo, avec 3 tombeaux de la Renaissance, de San Jerônimo, de 1389 (auj. fabrique), de San Francisco avec tour de style mudejar. — Ancienne porte romaine dans TArco de San Pedro. — Torres AlbarranaSy tours mauresques de 937.

La voie s'éloigne du Tage. — 170 k. Oropesa (restes d'un château fort). — A dr., grande vallée, limitée au N. par la sierra de Gredos, qui culmine par 2,661 m. à la Plaza de Almanzor, — On entre en Estremadure.

L'Estremadure, qui comprend les deux provinces de Câqeres et do Badajoz, est un plateau arrosé par le Tage et le Guadiana. Des troupeaux transhumants de mérinos qui descendent des hauts plateaux des Asturies occupent l'hiver les vagues pâtures (dehasas) de la haute Estremadure. La basse Estremadure est un pays plus agricole où poussent la vigne, l'olivier et l'amandier.

201 k. Navalmoral de la Mata (g), petite ville de 4,500 hab., entourée de plantations d'oliviers et de figuiers.

[Yuste (38 k. N. ; chemin de mulets). — Le chemin, qui passe par Talayuela, traverse, du S. au N., la pittoresque vallée de la Vera, parcourue du N.-E. au S.-O. par le Tietar, couverte de plantations et parsemée de villages avec une population d'env. 18,000 hab. Charles-Quint venant habiter Yuste, j s'écria en découvrant la Yera : « C'est ici le printemps éternel {ver ibi perpetuum). » On passe à Jarandilla puis, en obliquant au S.-O., à Aldeanueva de la Yera et à Cuacos où habite le gardien du monastère.

L'ancien monastère de San Jerônimo de Yuste fut fondé en 1402. Charles- Quint, abdiquant la couronne en favev^r de Philippe II, s'y retira en 1556 et y mourut en 1558. On voit encore, dans cette retraite auj. délaissée, les appartements que l'empereur s'était fait construire sur l'un des côtés de l'église; on visite la terrasse (vue étendue), la chambre mortuaire, le pont qui descend de la galerie dans le jardin, le pavillon de Belén. Le couvent, saccagé pendant la guerre de l'Indépendance, incomplètement réédifié sous Ferdinand VII, appartient auj. au marquis de Mirabel, qui Ta fait à l peu près rétablir sur son ancien plan.]

212 k. Casatejada (donjon ruiné de Belvès). — 232 k. La Bazagona, — Pont de 75 m. sur le Tietar. — 246 k. Malpartida de Pla-

Il YUSTE. — PLASENGIA. || [R. 26] — 297

sencia, sur une colline dominant une plaine ondulée et à peu près déserte. i

254 k. Plasencia-Empalme, X au N. sur Plasencia et Saiamanque.

DE PLASENCIA-EMPALME A SALAMANQUE (^ 163 k. en 6 h. par le correo, 24 p. 45, 16 p. 30, 12 p. 25).

17 k. Plasencia (gare de Plasencia Ciudad; fonda de Eusebio Serra)^ ville de 8,200 hab., située sur une hauteur de la rive dr. du Jerte, entourée d'une forte muraille de la fin du xii« s., avec 6 portes, 68 tours demi-rondes {cubos), régulièrement espacées.

La cathédrale, malheureusement inachevée (l'architecte Juan de Alava acheva, en 1494, la Capilla Mayor et la façade), est du style Renaissance, sur une ossature gothique. Le grand portail, à quatre ordres superposés de colonnes et d'une grande finesse d'ornementation, est d'un très bel effet. A Tint., on est surtout frappé par l'aspect colossal des colonnes. Au coro, magnifique grille (1604), par J.-B. Celma; stalles, chef-d'œuvre de Rodrigo Alemàn (1520). La Capilla Mayor a été décorée par Juan de Alava, Diego de Siloe et Alonso de Covarrubias -, beau retable (Assomption), par Greg. Hernandez (1626).

Dans Yéglise San Nicolas, tombeau de Tévêque Pedro de Carvajal; dans Véglise San lldefonso, tombeau de Cristobal de Villalba. — Sur la plazuela de San Nicolas, casa de las Bovedas de 1550 (joli patio, quelques antiques).

— Aqueduc de 53 arches d'une construction remarquable. Au pied de la ville, le Jerte forme une île très fréquentée.

63 k. Bànos de Bejar (sources sulfurées sodiques, à 42* C). — La voie franchit le col ou puerto de Banos (980 m.).

76 k. Béjar (hôt. Espana), petite ville industrielle (fabriques de draps) de 9,857 hab., à 960 m.

139 k. Alba de Tormes, sur une hauteur de la rive g. du Termes, que franchit un pont rappelant celui de Tolède : vieux château de la famille Alvarez de Toledo; église des Carmelitas descalzas avec le tombeau d6 Ste Thérèse et quelques autres tombeaux.

153 k. Los Arapiles, où, le 22 juillet 1812, Wellington remporta sur Marmont une victoire qui commença la ruine de la puissance napoléonienne en Espagne.

163 k. Salamanque (R. 23).

268 k. Mirahel (ruines d'un château fort du xii" s.). — A dr., sierra de Gaat. — La voie s'engage, à Tait, de 492 m., dans les sinuosités du Zapatero. — 2 petits tunnels; remhlais. — 286 k. Cahaveral, à 500 m. (vieille tour mauresque). — La voie franchit le Tage (pont en fer de 366 m.); à g., ruines du pont romain d'Alconetar détruit par les Maures en 1232.

301 k. Garrobillas de Alconetar, 5,257 hab. (fabriques de draps).

— La voie s'élève par deux grandes boucles pour racheter une différence de niveau de 115 m., traverse 2 viaducs et 4 petits tunnels.

313 k. Casar de Cnceres^ localité industrielle. 331 k. Arroyo de Malpartida (Ç), X, où l'embranchement sur Câceres et Merida se détache de la ligne de Madrid-Lisbonne.

[Alcantara («^ 42 k. N.-O.; serv, public t. 1. j.), la. Norba Cesarea des Romains, petite ville de 3,250 hab., située à 113 m., près de la rive g. du Tage, sur une grande roche qui domine le fleuve, et encore entourée d'une muraille haute de 6 m. — Ruines magnifiques du couvent de San Benito (xvi« s.; commencé au temps de Charles-Quint par les chevaliers-frères de l'ordre d'Alcantara ; ♦pont romain (en arabe, « al Kantara »), long de 188 m., con-

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