‹ Espagne et PortugalChapitre 123 sur 196 · R. 30] V ItSEVlLLÊ. li I · texte numérisé non relu

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l'émir Mohammed ab où- Abd- Allah menaçait de reconquérir l'Espagne chré^ tienne et qui fut dispersée à las Navas de Tolosa (16 juillet 1212). — Enfin, le 19 novembre 1248, le roi Ferdinand III entra dans Sévillo ; on raconte que la population presque entière dut chercher un refuge dans la Berbérie et dans les provinces d'Espagne encore musulmanes. Ferdinand III y installa une population chrétienne qui en fit promptement une ville puissante et dont l'importance, au point de vue commercial, grandit pendant les règnes suivants. Vers la fin du xiii« s., Séville fut la capitale d Alphonse le Sage. Au milieu du xiv« s., elle vit le règne agité et sanglant de don Pedro le Cruel (1350-1369). Sa plus brillante époque fut après la découverte de l'Amérique et au temps de Philippe II, de 1560 à 1600. Sous le règne désastreux de Philippe IV (1621-1665) commença la décadence de Séville; cet état de choses dura jusqu'au commenc. du xix« s.

En 1808, Séville se leva contre l'invasion française, mais elle fut occupée par le maréchal Soult jusqu'en août 1812. — En 1823, les Sévillans prirent part au mouvement constitutionnel qui suivit le rétablissement de Ferdinand VII : ils virent s'établir dans leur ville les Certes repoussées de Madrid par le mouvement absolutiste, et que l'approche de l'armée du duc d'Angoulême força d'aller s'installer à Cadix. — Lorsque survinrent les événements de 1834, la mort de Ferdinand VII, l'avènement de la reine Isabelle et la protestation de don Carlos, Séville, se prononçant contre le statut royal, proclama la constitution de 1812. — En 1843, Séville, comme d'autres villes, se prononça contre le gouvernement du régent Espartero. Elle soutint le siège contre Van Halem et Espartero, qui la bombardèrent en vain pendant deux jours. Le retour de la reine Marie-Christine à Madrid et son nouvel avènement à la régence mirent fin à ce siège et Espartero se réfugia en Angleterre.

Séville a vu naître les peintres Murillo (f 1682), Vélâsquez (f 1660), les deux Herrera (f 1656 et 1688), Fr. Pachero (f 1654) et les poètes Fernand' de Herrera (1534-1597), surnommé le « divin », et Francisco de Roja (f 1659).

L'Andalousie, la Bétique des Anciens, dont Séville est la principale ville, comprend les provinces de Cordoue, Jaén, Séville, Cadix, Huelva, Mâlaga., Almeria et Grenade. C'est une région naturelle parfaitement distincte du reste de l'Espagne et présentant un caractère tout spécial par son relief et son climat. « Toute déserte que soit l'Andalousie, — dit Elisée Reclus, — en comparaison de ce qu'elle pourrait être si les ressources en étaient convenablement utilisées, elle est pourtant comme une autre Italie pour la gloire et la beauté de ses villes. Les noms de Grenade, de Cordoue, de Séville, de Cadix, sont parmi ceux que la poésie a le plus célébrés et qui réveillent dans l'esprit les idées les plus riantes. Les souvenirs de l'histoire, plus encore que la splendeur des monuments, ont fait de ces vieilles cités mau- ; resques la propriété commune, non seulement des Espagnols, mais aussi de tous ceux qui s'intéressent à la vie de l'humanité, au développement des sciences et des arts. »

Les Andalous sont très sympathiques et très accueillants, éloquents de geste et de langage, souples d'esprit, mais orgueilleux. Les caractères et les mœurs ont encore quelques traits qui s'expliquent par le mélange avec les Arabes. — Certaines Andalouses modernes n'ont point dégénéré de celles qui, du temps des Romains, étaient célèbres par leurs charmes; il y a de: jeunes types ravissants par leur grâce et leur beauté; mais ils sont, à part ; des circonstances et des cérémonies spéciales, peu visibles au touriste.

Le dialecte andalou, plus encore que le castillan, est fortement arabisé par l'accent, non moins que par les mots; les noms des liôux d'origine sémi- ; tique sont beaucoup plus nombreux que les noms ibères et latins. ,

Particularités. — Une des particularités de la physionomie de Séville, c'est sa devise qui apparaît sur tous les monuments, dans les bas-reliefs de la pierre, dans les dessins des grilles de fer, sur les marteaux des portes.

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! Lorsque Alphonse le Sage était en guerre avec son fils don Sancho, qu'il maudit en mourant, toutes ses villes lui échappèrent une à une ; Séville lui resta fidèle. Il lui donna pour titres : Muy noble, muy leal, muy heroica é invencible, et y ajouta, dit-on, pour devise le monogramme ci-dessous.

Ce signe est l'image d'un écheveau, que les Espagnols nomment madeja, et la devise se traduit : no madeja do, élision de no me ha de j ado : « Elle ne m'a point abandonné ».

Les deux grandes attractions de Séville sont les processions de la Semaine Sainte et la fameuse foire {feria) qui a lieu les 18, 19 et 20 avril, sauf si ces jours coïncident avec la Semaine Sainte, auquel cas la foire est y. .P*^? nr» reportée à la semaine suivante. A cette époque de Tan- "^ ^' V^J ^^ née, Séville est envahie par des milliers de touristes. 11 en résulte que les hôtels sont bondés et les prix doublés; il est prudent de retenir sa chambre d'avance.

Les fêtes de la Semaine Sainte sont loin d'avoir, du moins au dehors, le caractère de recueillement et de piété que Ton serait porté à leur attribuer. Elles ressemblent plutôt à des réjouissances populaires et l'étranger est surtout frappé par la joie ardente de la foule, par le débordement prodigieux d'humanité et de vie qui emplit les rues. Seules, les cérémonies célébrées à l'intérieur des églises donnent une réelle et profonde impression de foi et de ferveur. Il n'est peut-être pas inutile de faire remarquer d'ailleurs que, malgré les costumes qu'ils revêtent pour les processions, les membres des confréries sont de simples laïcs, sans aucun caractère religieux.

CÉRÉMONIES A LA CATHEDRALE : Is dimanche des Rameaux, vers 9 h. du matin, bénédiction des rameaux, palmes et branches d'olivier, par le cardinal-archevêque ; procession ; sermon ; grand'messe ; l'après-midi, exposition de la bannière sacrée ; — le mardi saint au matin, messe et passion; — le mercredi saint, vers 10 h. du matin, messe et passion; on déchire le voile blanc (le rideau du temple) au retentissement de coups de tonnerre ; l'après-midi, dernière exposition de la bannière sacrée, et à 9 h. soir, chant du miserere d'Eslava et translation du Saint-Sacrement à la chapelle du Sagrario ; — le jeudi saint, vers 7 h. du matin, bénédiction des saintes huiles, en présence du Chapitre, du Conseil municipal, de l'Université, etc. ; procession avec le Saint-Sacrement, que l'on porte au Monumento ; à 3 h. de l'après-midi, lavement des pieds, puis chant des compiles et des ténèbres jusque vers 10 h. du s. où l'on chante le miserere d'Eslava; — le vendredi saint, le matin à 6 h., sermon de la Passion au Monumento ; à 7 h., heures et offices; après-midi, ténèbres, en présence des corps constitués; — le samedi saint, à 7 h. du matin, bénédiction du cierge pascal (haut, d'env. 7 m.), chant des litanies majeures, messe ; à 10 h., on découvrç l'autel en déchirant le voile noir, au chant du Gloria, au retentissement de coups de tonnerre et au son des cloches : devant le chœur est allumé le Tenebrario.

Les célèbres * processions (pasos) des confréries ont lieu le dimanche des Rameaux, le mercredi saint, surtout le jeudi saint et le vendredi saint (le matin, 6 confréries; l'après-midi, 8 confréries). Ces processions viennent des églises où siègent les confréries à la Campana, parcourent les Sierpes, la pi. de la Constituciôn et la calle de Canovas (naguère de Genova) pour atteindre la cathédrale, puis rentrent par des voies différentes. Chaque confrérie, dont les membres sont vêtus de beaux costumes de pénitents spéciaux à chacune, accompagne ordinairement deux groupes sculpturaux {pasos) : le 1*' représentant uno scène de la Passion, le 2« une Vierge de douleurs : ces groupes sont entourés d'argenteries et dressés sur des espèces d'estrades portées par une trentaine d'hommes de peine; les personnages en bois sculpté sont revêtus de vêtements richement brodés d'or surtout les Vierges, dont les manteaux (manto) sont d'une valeur inestimable. Ces processions circulent fort lentement et avec de nombreux

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arrêts, le jeudi jusqu'à 10 ou 11 h. du soir, le vendredi toute la nuit. On peu aller à leur rencontre aux environs de la Campana avant leur arrivée à \i calle de las Sierpes ou les attendre sur la place do la Constitution où ellei défilent devant les autorités au milieu .d'une foule considérable. Des tri bunes sont érigées sur la place de la Constitution, devant TAyuntamiento on paie pour une place, et pour les 4 j., 10 p.

La nuit du samedi au dimanche de Pâques,* les cloches de la Giralda caril lonnent à 2 h., puis à 3 ou 4 h. du matin. 1

Pour la Fête-Dieu [fiesta del Santisimo Corpus) les cérémonies de h cathédrale ont aussi une grande solennité : le matin, danse des seises, sij (en réalité de 8 à 10) jeunes garçons en costumes Louis XIII, qui dansen* enchantant et en s'accompagnant de castagnettes; puis, vers 10 h., procession très curieuse sur les plazas de la Constituciôn et del Salvador. ^

La ♦ Feria (foire) est l'occasion d une fête merveilleuse qui dure trois jours,"; C'est sur le vaste emplacement du Prado de San Sébastian (PI. F, 4; au'S.-E. de la ville) que se tient la foire, très animée, de bêtes d'élevage de toute espèce. — Un grand nombre de familles ou de cercles ont l'habitude de louer, pour la durée de la fête, l'une de ces loges en bois et toile (casetas) que faiv élever la ville de chaque côté de l'avenue qui prolonge la calle San Fernando au delà de la Passerelle (PI. F, 4); là, dans ce salon improvisé et ouvert aux regards du public sur l'avenue, on se réunit, on reçoit, et on danse aux accord des guitares ou d'un piano : la danse (surtout le soir ou de nuit) est à peu près exclusivement la sévillane (ou séguedille) avec accompagnement de castagnettes. Les Casinos possèdent de véritables halls, près de la Passerelle, où se réunit la société la plus distinguée.

Le jour de Pâques et pendant la Feria ont lieu de grandçs courses de taureaux. A ces courses de taureaux et surtout aux défilés de voitures qui ont lieu ensuite sur les promenades qui se croisent sous la Passerelle (pendant la Feria) on voit de nombreuses mantilles et ces châles richement brodés aux couleurs écarlates appelés « manions ».

Les touristes peuvent aller voir à Séville un café de danses ou un salon de danses, établissements tout à fait populaires, dont la couleur locale est très accentuée, mais dont le public n'est pas des plus choisis! — On verra avec beaucoup plus de charme l'école de danses du maître Otero qui pendant les fêtes du printemps donne de fréquentes séances au Salon de Oriente, 14, rue Trajano, au N. de la plaza del Duque (PI. C, 3; s'adresser aux interprètes des hôtels; billet, 5 p.).

Yîsih de la ville.

Emploi du temps. — Deux jours sont à la rigueur suffisants pour visiter les principales curiosités de Séville ; leur emploi concorde exactement avec notre division en partie S. (la plus intéressante) et partie N.

Séville compte de nombreux édifices religieux, paroisses, chapelles ou couvents. La généralité des touristes se borne à visiter la cathédrale, l'Alcazar et le musée. Mais on verrait avec intérêt un grand nombre de ' temples qui ont un cachet particulier et renferment maints souvenirs ou œuvres d'art : la Caridad, l'Université, les couvents de Santa Paula, Santa i Clara, San Clémente, les églises San Lorenzo, Omnium Sanctorum, Santa Marina, San Esteban, Santa Ana (Triana), etc. Les petites églises ne sont guère ouvertes que jusqu'à 9 h., mais on peut se les faire ouvrir en d'autres i temps par le sacristain.

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